LES MALADIES DE L’HARICOT (2) » maladies des plantes , agriculture et écologie

 LES MALADIES DE L’HARICOT (2)

8/4/2010

LES MALADIES DE L’HARICOT (2)

Botrytis ou Pourriture grise :

Le botrytis est l’une des principales maladies du haricot. Elle n’apparaît qu’en fin de cycle, à partir de la floraison. Le champignon responsable, Botrytis cinerea, est présent dans le sol à l’état endémique. Il provoque des taches concentriques, molles et grises, sur les tiges et les gousses, qui débutent souvent à partir des pétales desséchés. L’extension de la maladie aux parties saines de la plante en contact avec les tissus malades est très rapide.
Les conséquences peuvent être lourdes : chutes de rendement par avortement et pourriture de gousses, refus de parcelle en haricot vert pour cause de gousses tachées.
Une forte hygrométrie est nécessaire pour que la contamination des plantes ait lieu, avec des températures moyennes (optimum de 20°C). Les cultures denses, mal aérées ou versées sont un terrain de prédilection pour la maladie.

Moyens de lutte :

-Eviter les excès de végétation en maîtrisant l'irrigation et la fertilisation azotée

-Eviter les semis trop denses et les semis à écartement réduit .

-Protection fongicide préventive dès la floraison en alternant les matières actives pour éviter l'apparition de souches résistantes.

Graisse bactérienne :

Trois types de graisses se rencontrent sur haricot. Elles sont provoquées par des attaques de bactéries, transmises par les semences :

Graisse à Pseudomonas  :

Elle affectionne les températures douces à fraîches (16- 20°C).
Symptômes sur feuilles : petites taches nécrotiques de 2 à 3 mm rapidement entourées d'un grand halo vert clair.
Symptômes sur gousses : taches d'aspect huileux prenant tardivement une teinte brunâtre. Sécrétion d'un exsudat de couleur crème sur les lésions.

Graisse à Xanthomonas  :

Elle apparaît lorsque les températures sont élevées (supérieures à 25°C).
Symptômes sur feuilles : taches nécrotiques de taille et de forme variables, entourées d'un petit halo jaune-orangé.
Symptômes sur gousses : taches d'aspect huileux, le plus souvent sur les sutures, prenant tardivement une coloration brun-orangé. Sécrétion d'un exsudat sur les lésions.

Graisse bactérienne ou Brown spot  :

Contrairement aux autres, cette graisse ne provoque pas de taches huileuses sur les gousses. Elle est aussi plus rare.
Symptômes sur feuilles : petites lésions entourées d'une zone marron-jaune .
Symptômes sur gousses : petites lésions brunes entraînant des malformations.
Ces symptômes peuvent se confondre avec des taches d’alternaria sur gousses, ou encore d’Ascochyta.

Les attaques de graisse affectent directement la qualité des gousses et constituent donc une     cause de refus de parcelle en haricot vert. La dissémination se fait par contact : pluie, irrigation, vent, insectes, passages d'outils, d'hommes, de gibier... Les risques sont accrus en cas d’une seconde culture de haricot la même année.

Moyens de lutte :

-Utiliser des semences testées indemnes de graisse.

-Appliquer du cuivre en végétation (action limitée) dès les premiers symptômes.

-Enfouir profondément les débris de culture infestés.

Mosaïque commune ou BCMV (Virus I du haricot) :

La mosaïque commune du haricot est due à un virus, transmis par les semences et les pucerons. Elle se traduit par un gaufrage vert foncé des feuilles, offrant un aspect de mosaïque. La taille des plantes est réduite, la floraison perturbée et les gousses se tordent, ce qui empêche tout commercialisation de la production.
En cas de fortes températures, les variétés résistantes par hypersensibilité peuvent se nécroser entièrement (black root) afin de stopper la progression du virus. Les feuilles prennent alors un aspect de cuir et les gousses brunissent.

Moyens de lutte :

-Utiliser des variétés résistantes.

-Lutter contre les pucerons.

-Désherber correctement.

Mosaïque jaune ou BYMV (Virus II du haricot) :

La mosaïque jaune du haricot est due à un virus transmis par les pucerons. Elle apparaît sous forme de petites taches jaunes et diffuses sur les feuilles, qui s’élargissent. Sur les feuilles âgées, l’alternance de zones jaunes et vertes donne un aspect de mosaïque. Les feuilles jaunissent et s’enroulent tandis que les gousses se déforment, ce qui conduit alors au refus de la récolte. Le voisinage de légumineuses sauvages ou cultivées, ou d’iridacées (glaïeuls), est un facteur de risque.

Moyens de lutte :

-Lutter contre les pucerons.

-Désherber correctement.

-Eviter les cultures de haricot à proximité immédiate de parcelles de luzerne, de trèfle, d'iris...

Sclérotiniose :

La sclérotiniose est une maladie grave, qui touche principalement les bassins de production du nord de la France (Beauce, Bretagne, Nord-Picardie). Elle est la cause fréquente de refus de parcelles en flageolet (présence de sclérotes = organes de conservation de la maladie), mais aussi de fortes chutes de rendement par pourriture des gousses et/ou dessèchement des plantes en haricot vert. Au cours des dix dernières années, la pression exercée par cette maladie n’a cessé de croître. Elle est due à un champignon, Sclerotinia sclerotiorum, qui se développe sur de très nombreuses cultures : carottes, céleris, haricots, choux... ainsi que toutes les légumineuses et crucifères. Seules les plantes monocotylédones ne sont pas touchées.
Sur haricot, la sclérotiniose apparaît généralement à partir de la floraison, parfois plus tôt, sous forme de taches humides et irrégulières sur les tiges et les gousses, qui évoluent en mycélium blanc et cotonneux . L’extension rapide du mycélium entraîne la mort de toute ou partie de la plante. A l'intérieur du mycélium, apparaissent ensuite des sclérotes bruns puis noirs. Ils permettent au champignon de se conserver dans le soldurant 8 à 10 ans. Leur taille est très voisine de celle d’un grain de flageolet.
Deux modes de contamination existent : au niveau du sol par mycélium, et par voie aérienne grâce à l’émission de spores. Dans les deux cas, des températures comprises entre 15 et 25°C et une forte hygrométrie sont nécessaires au développement de la maladie.
Les cultures à végétation abondante et/ou versée sont particulièrement exposées, de même que les rotations incluant des cultures sensibles : oléoprotéagineux, trèfle, luzerne, cultures légumières…

Moyens de lutte :

-Inclure des céréales dans la rotation, éviter les précédents colza et tournesol. Laisser le sol se dessécher en surface entre deux irrigations .

-Eviter les excès de végétation en raisonnant l'irrigation et la fertilisation azotée.

-Préférer les variétés à port léger et dressé.

-Favoriser l'aération du feuillage (semis à écartements larges) .

-Protection fongicide préventive et performante à partir de la floraison, voire plus tôt si nécessaire.

-Lutte biologique dans la rotation avec un champignon parasite.

-Attention au choix des cultures intermédiaires pièges à nitrates (crucifères, légumineuses).

Source : http://www.unilet.fr/uni_info.php

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