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 Bien choisir un terreau

7/4/2010

 

Bien choisir un terreau

En pleine période de jardinage, difficile d'échapper au terreau. A tort ou à raison (marketing, quand tu nous tiens...), la plupart des jardiniers y ont recours. Mais voilà : tous les terreaux ne se valent pas. Quelques conseils pour y voir plus clair.

Qu'est-ce qu'un terreau ?

Le terreau trouve de multiples utilisations en jardinage, que ce soit pour les cultures en pot ou pour les cultures en pleine terre.

Le terreau est un support de culture naturel, formé d'un mélange de matières premières (terre végétale et produits de décomposition) adapté à chaque type de plante, dans des proportions bien précises.

Sous cette appellation se cachent donc un grand nombre de produits, très différents les uns des autres. Il vaut mieux l'avoir en tête pour faire le bon achat et... réussir ses cultures !

Le terreau permettra notamment...

un bon ancrage des racines, favorable à la reprise des plantes,

une bonne aération, évitant l'asphyxie des racines,

une bonne capacité de rétention d'eau, assurant à la fois l'alimentation en eau de la plante et le transport des solutions nutritives.

A noter qu'en France, tous les terreaux doivent respecter la norme NF U 44-551, qui définit strictement leur dénomination.

Composition

Un coup d'oeil sur la composition du produit (mention obligatoire) vous renseignera sur les constituants du produit acheté.

Tourbe blonde : retient l'air, l'eau et les éléments nutritifs. Hydrate et nourrit la plante. Elle provient de plantes marécageuses (sphaigne) décomposées et fossilées. L'écologie devrait conduite à limiter son utilisation (par respect des biotopes que l'on sur-exploite); reste que ce composant améliore de façon très significative la qualité du terreau...

Tourbe brune : retient l'eau et les éléments nutritifs. Hydrate et nourrit la plante. Moins intéressante que la blonde en raison de l'absence d'éléments fibreux.

Compost d'écorces de résineux : aère le terreau ; empêche l'étouffement des racines.

Fibre de bois : lanières fines donnant du moelleux au terreau. Plutôt pauvre : surveiller leur proportion qui ne doit pas excéder 20%

Fumier : matière organique ; augmente durablement le rendement des cultures. Pas si fréquent...

Engrais retard : ces engrais à libération lente stimulent la croissance des racines. Ils prennent la forme de petites billes jaunes (comme on en voit parfois en sortant des plantes de leur pot).Attention à modérer vos apports par la suite !

Argile : régule les besoins en eau des plantes

Perlite et vermiculite : légères; favorisent l'aération et allège les mélanges. La première provient d'une roche volcanique chauffée à 120°C; la seconde est obtenue à partir d'argile chauffée à 300°C. Pas très écologique tout ça... Généralement présentes dans le terreau pour semis

Sable : améliore le drainage. Présent dans les terreaux cactées et plantes grasses.

Terreau universel, horticole ou à semis... Comment s'y retrouver ? Voici un inventaire des principaux types de terreau, avec leurs avantages, leurs inconvénients et leurs conditions d'emploi.

Différents types de terreau

Un tour en jardinerie, ou dans le rayon "jardin" d'une grande surface de bricolage laissera bien des jardiniers perplexes : la gamme des terreaux est très large !

Outre des critères qualitatifs qu'on verra un peu plus loin, le choix du produit dépend essentiellement du type de culture envisagé et de la nature de votre sol.

Terreau universel

Attention, danger !

Universel ne signifie pas "convient pour toutes les plantes". Lisez les lignes ci-dessous !

Universel signifie plutôt "standard", "usage courant".

Enfin, universel signifie souvent (c'est un constat) : "basique". Autrement dit, méfiez-vous de ces terreaux qui sont souvent vendus en « prix d'appel ». C'est à dire "pas cher"; mais vous risquez d'en avoir pour votre argent.

A vous de voir si votre besoin est bien réel :

en pot, il vaudra souvent mieux investir quelques euros de plus dans un terreau horticole un peu plus qualitatif

au jardin, observer la nature du sol et déterminer si un peu de travail ou quelques amendements (naturels) ne suffiraient pas à améliorer la qualité de la terre

Terreau de feuilles

Issu de la décomposition de feuilles mortes, c'est un terreau... universel ! Riche en matière organique, il enrichit et allège les sols. Convient bien aux plantes acidophiles (voir plus bas : terre de bruyère).

Terreau horticole

Ce terme désigne un susbtrat polyvalent, utilisable dedans comme dehors, même si on le présente comme particulièrement adapté aux potagers et cultures fruitières. Composé de tourbes et d'écorces, enrichi par du fumier ou des algues, il allège les sols argileux ou donne de la consistance aux terres sableuses.

Terreau pour semis et rempotage

Pour réussir correctement semis et rempotage, il faut un substrat sain et léger. Sain, cela oblige à considérer avec circonspection la terre de jardin qui a déjà été exposée aux cultures, parasites, maladies... Léger, cela oblige à doser le mélange de sable. Pour ces raisons, ce terreau rendra de fiers services aux jardiniers amateurs. Contenant de la perlite, il conviendra pour les semences, bouturage ou repiquage, sur plaques ou en godets.

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Terreau "rhododendrons", terre "dite" de bruyère

Rhododendrons, azalées, camélias, hortensias, magnolias ou encore myrtilles apprécient les terres acides. La terre de bruyère, avec son pH faible, est faite pour eux.
La véritable terre de bruyère (issue de la décomposition des feuilles, tiges ou racines des bruyères) se trouve aujourd'hui plutôt difficilement et coûte cher. On trouve en revanche des terres « dites de bruyère » (en réalité : un mélange de tourbes acides et fibreuses, d'écorces de pin et autres éléments). Elles s'utilisent pour les plantations en pots, ou pour acidifier les sols trop calcaires.
Le terreau "rhododendrons" est un terreau dont l'acidité a été contrôlé... Préférez un bon terreau de feuilles... Et surtout : plantez ces sujets si votre terrain s'y prête : vous gagnerez du temps, et de l'argent !

Terreaux spécifiques

Certaines plantes ont réellement des besoins particuliers. Il n'est pas envisageable des les faire pousser dans un terreau « classique », polyvalent ou de mauvaise qualité.

les orchidées, dont la plupart poussent dans les arbres (épiphytes) à l'état naturel ont besoin d'un terreau très aéré (des écorces conviennent bien...)

les cactus vivent dans des sols secs et pauvres : un terreau « spécial cactus » est riche en sable et en pierres volcaniques

les plantes aquatiques, qui ont souvent dans les bassins un très petit volume de terre, apprécieront un terreau fortement minéralisé

les bonsaïs seront cultivés dans un terreau pauvre, bien équilibré, qui limitera leur croissance

La liste s'arrête ici. Elle n'est pas forcément exhaustive, mais tordons au moins le cou à 2 ou 3 idées reçues...

le terreau géranium n'est en rien indispensable pour réussir des balconnières fleuries. C'est un terreau standard, adapté à la culture des plantes en pot (bégonias, fuchsias...). Une bonne terre de jardin enrichie de compost peut souvent faire l'affaire...

le terreau "spécial rosiers"... comment dire... Le rosier est une plante des plus robustes, qui pousse absolument dans tous les sols. Autant dire que cette plante n'a en aucune façon besoin d'un terreau particulier !

Les terreaux "agrumes" doivent être considérés avec circonspection. Ils sont souvent très (trop) riches en argile. Risque d'étouffement des racines si vous plantez seulement dans ce substrat.

Comment différencier un bon terreau d'un mauvais ? Choisir un terreau, ça n'est pas facile. Voici quelques critères essentiels à retenir qui vous permettront de faire votre choix au moment de l'achat en jardinerie.

Critères pour l'achat

Un terreau adapté au besoin

Granulométrie trop importante : terreau médiocre

On l'a vu précédemment, il existe de nombreux types de terreaux.

Le première critère, ce sera donc l'adaptation du produit à l'usage auquel vous le destinez. Seul vous avez la réponse; réfléchissez avant de partir faire vos achats, cela vaut mieux...

Surveillez la composition

Tous les éléments entrant dans la composition d'un terreau n'ont pas le même intérêt. Lisez les étiquettes, et comparez, même si ce n'est pas simple. Un terreau très riche en écorces et fibre de bois, au détriment de matières organiques comme le fumier, n'enrichira pas votre sol, et ne sera pas satisfaisant pour des cultures en pot.

La marque ?

A quelques exceptions près, vous aurez du mal à vous raccrocher aux marques. Le marché ne les pérénise pas beaucoup; il est souvent difficile de retrouver un même terreau d'une année à l'autre dans un même magasin.

En outre, certaines jardineries commercialisent des produits "locaux", d'emballage banal, qui peuvent s'avèrer de grande qualité.

Attentif au prix

Des écarts très importants

Le pouvoir d'achat, c'est important. Pas une raison suffisante pour vous précipiter sur les sacs à 1€. A ce prix là, impossible que le terreau soit de bonne qualité. Non pas que la matière première soit chère. Mais il y a l'extraction, la fabrication (mélange), l'emballage, le stockage, le transport, la manutention, le coût d'entreprosage et de mise en vente... et les marges de tous les acteurs !

Inversement, attention à l'arnaque ! Les conditionnements sont multiples, et entre le petit sac "de 5L" et le gros "de 70L" que vous aurez du mal à manipuler, les prix sont souvent... très différents ! Le premier, souvent vendu en Vente Par Correspondance, se trouve parfois à 7€ (avril 2008, soit 1,40€/L), contre... 14€ en jardinerie pour le 2ème (soit 0,20€/L). Un facteur 7 (!) qui peut faire mal au porte-monnaie...

Conditionnement

Evidemment, se faire livrer un petit sac à l'étage, quand on habite en ville et qu'on a quelques pots sur un balcon, c'est parfois bien commode.

A surveiller sur les étiquettes : certains magasins vendent "au litre", d'autre "au kg", selon qu'ils considèrent la contenance du sac, ou le poids du produit (qui dépend de la quantité de matière sèche, certes, mais également... d'eau). Soyez vigilants !

Juger de la qualité après achat

Un terreau fin et noir : bon produit

A l'ouverture du sac, vous pourrez également juger en première approche de la qualité du produit sur la base de quelques critères.

Couleur

Un terreau de bonne qualité est de couleur sombre, presque noir.

Consistance

En dehors de quelques terreaux spécialisés, sa consistance (on parle de granulométrie) doit être fine. Il ne doit pas contenir d’éléments grossiers, qui révèlerait un compostage hâtif et de mauvaise qualité. Des copeaux de bois, ça n'est pas du terreau !

Souplesse

Pressez une poignée de terreau dans votre main, et réouvrez-là. Un bon terreau doit se détendre aussitôt, et non rester sous la forme d'une boule compacte. Ce phénomène est lié à la teneur en tourbe blonde, riche en fibres, qui apporte cette souplesse.

A l'emploi

Pas besoin d'être grand expert : vous jugerez sur pièce !

à l'usage, un bon terreau doit se réhydrater rapidement et facilement. Si l'arrosage du moindre pot prend 5 min., il y a un problème !

et bien sûr, seul compte le résultat : croissance des plants, fleurissement, rendement des récoltes, aspect général...

source : http://www.gerbeaud.com

Tags : jardin terreau
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