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 Un continent dépendant des importations - Afrique : l'urgence agricole

11/3/2010

Un continent dépendant des importations - Afrique : l'urgence agricole

Le continent africain dépend en partie des importations pour son alimentation. Avec la volatilité des prix, les tensions s'exacerbent. Le développement de l'agriculture devient une priorité mais la question des financements se pose. Eradiquer la faim dans le monde…
Régulièrement ce sujet fait l'objet de belles déclarations des dirigeants du monde dans le quel nous vivons. Mais joindre aux paroles les actes, ce n'est pas toujours le cas. Selon l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 1,2 milliard de personnes souffraient de la faim en 2009. Un chiffre qui pourrait augmenter si rien n'est fait rapidement. L'Asie et l'Afrique subsaharienne rassemblent à elles seules près de 90 % des personnes malnutries dans le monde, l'Afrique subsaharienne en compte plus de 200 millions. Dans cette région, la production de blé et de riz ne répond respectivement qu'à 25 % et 52 % des besoins de la population.
Vingt-sept pays africains connaissent des problèmes de pénurie d'aliments, et ce chiffre risque d'augmenter dans les décennies à venir. Le changement climatique, les sécheresses, les inondations ne font qu'accentuer le problème. Pourtant, cette situation n'est pas irrémédiable. Une réorganisation des systèmes agricoles et une volonté affirmée pourraient permettre au continent africain de parvenir à la sécurité alimentaire.
L'intensification des systèmes de production, une meilleure gestion des stocks ainsi qu'un changement des politiques d'approvisionnement (en partie fondée aujourd'hui sur les importations) sont nécessaires pour y parvenir. Et il y a urgence ! Les émeutes de la faim de 2008 ont révélé ce que de nombreux observateurs prédisaient. Les tensions s'exacerbent et risquent de s'aggraver dans les années à venir. Et malgré la crise alimentaire, très peu d'Etats ont fait le choix d'investir dans l'agriculture. Pour nourrir les villes, avec la récente chute des prix, ils ont préféré importer plutôt que produire eux-mêmes.
Les investissements publics sont pourtant nécessaires. Les agriculteurs eux-mêmes ne peuvent pas supporter les coûts de la transition: 'les taux d'investissements sont dissuasifs pour l'agriculture vivrière.
Ils dépassent souvent 10 % et vont jusqu'à 20-25 % alors que les taux de rentabilité dépassent rarement 4 %, selon les analystes. Des expériences prouvent la capacité de l'Afrique à développer son agriculture et à tendre vers l'autosuffisance : 'l'opération riz menée en 2008 par le gouvernement malien a permis d'obtenir une production nationale de riz suffisante. L'agriculture africaine a besoin de soutien et les budgets nationaux ne suffiront pas.
La FAO a estimé à 44 milliards par an l'aide mondiale nécessaire pour lutter contre la faim dans le monde. Pourtant, si le changement climatique risque d'aggraver la situation, ''l'enjeu agricole est encore peu audible dans les négociations sur le climat'', analyse Emmanuel Guérin, directeur programme climat de l'Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). La question de l'adaptation des systèmes agricoles est pourtant majeure : le monde qui va se dessiner dans les 40 - 50 prochaines années va dépendre de deux enjeux : le système énergétique et la gestion des ressources agricoles, alimentaires et forestières. Autre élément , comme les négociations sur le climat l'ont révélé, les jeux d'influence à l'échelle planétaire évoluent. La coopération Sud-Sud se développe, y compris dans le domaine de l'agriculture. Les coopérations de l'Afrique avec la Chine et les pays arabes s'accentuent et c'est tant mieux pour le continent noir.


10-03-2010
Source :Lemaghreb.com

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