Tristeza des agrumes » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Tristeza des agrumes

5/3/2010

Tristeza des agrumes

Famille/Ordre : Maladie provoquée par un virus

Dégats observés : feuille, branche/tronc, dépérissement entier

Espèces fruitières : Agrumes

Tristeza (Citrus Tristeza Virus )

Le symptôme le plus foudroyant de la Tristeza : le Quick Decline, mort brutale affectant orangers et mandariniers greffés sur bigaradier. Le Stem-Pitting est le symptôme cortical typique de la maladie. Le puceron brun ( Toxoptera citricida), est le meilleur vecteur de la Tristeza. Sur limettier, on peut observer des symptômes sur feuilles caractérisés par le jaunissement des nervures. C'est le Vein Clearing. Il existe un test de détection de la Tristeza basé sur la reconnaissance des antigènes viraux. Ci-dessus, une membrane révélée par Direct Tissu Blot Immuno-Assay.

Description de la maladie

Le Citrus Tristeza Virus (CTV) est le plus important virus pathogène des citrus. Des millions d’arbres greffés sur Bigaradier ont été décimés par le CTV, en Argentine, au Brésil, aux Etats-Unis, en Espagne ou au Vénézuela. Le CTV, apparemment originaire d’Asie, a été disséminé dans tous les grands bassins agrumicoles mondiaux par des échanges internationaux de matériel végétal contaminé. De plus, l’introduction de Toxoptera citricida Kirkaldy, le puceron brun des agrumes, excellent vecteur de la maladie, a facilité la propagation régionale du virus.

Symptômes

Les associations porte-greffe/greffon sensibles au CTV donnent des symptômes similaires à ceux causés par certaines maladies des racines et du collet, à savoir un jaunissement des feuilles, un arrêt de croissance, des feuilles qui chutent anormalement. Les arbres infectés produisent de petits fruits en raison de l’obturation des tissus conducteurs.
Les jeunes arbres atteint par le CTV fleurissent précocement et commencent à porter des fruits 1 à 2 ans avant leurs homologues sains. On peut noter quelques symptômes plus spécifiques de la maladie : Le plus foudroyant est le “ Quick Decline “ qui affecte les orangers, les mandariniers et les pomelos greffés sur Bigaradier. Le virus, présent dans la sève du greffon, cause rapidement une occlusion du phloème du porte-greffe au niveau du point de greffe. Le flux de sève est bloqué, causant un rapide déclin de l’arbre. Sur ces arbres, on peut détecter des symptômes corticaux, dénommés “ Inverse-stem-pitting “, au niveau de la face interne de l’écorce du porte-greffe: on remarque que l’écorce est criblée de trous provoqués par un dysfonctionnement du cambium. Sur les arbres atteints de “ Quick Decline ”, il est possible d’observer une décoloration jaune/brun au niveau du point de greffe. Un autre symptôme cortical typique est le “ Stem-pitting “, que l’on peut observer sur limettiers, pomelos et certaines variétés d’orangers. En soulevant l’écorce au niveau du point de greffe, on observe de fines et longues cavités qui sont le résultat de la destruction d'îlots de cambium (assise génératrice du bois). Pour des cas sévères de Stem-pitting, il apparaît des cannelures plus moins régulières et plus ou moins profondes correspondant à des dépressions du bois sous-jacent.
Sur limettier (en particulier la lime mexicaine), la Tristeza est caractérisée par des symptômes foliaires typiques, dénommés “ Vein clearing “. Ces symptômes consistent en l’éclaircissement en tiret des nervures foliaires, lorsqu’on observe les feuilles à contre-jour. Les symptômes cités ci-dessus apparaissent tardivement. Il est conseillé de faire appel à des tests de détection immuno-enzymatiques (ELISA, DTBIA) pour identifier précocement le virus.

Transmission et épidémiologie

La dissémination à longue distance se fait classiquement par greffe de bourgeons ou de scions contaminés. La transmission mécanique par taille est plus rare étant donné la grande dimension du virus. Les vecteurs naturels de la Tristeza sont des pucerons: l’espèce la plus efficace est Toxoptera citricida Kirkaldy, le puceron brun des agrumes, suivi de loin par Aphis gossypii et Aphis spiraecola. La transmission du virus se fait selon un mode semi-persistant: le CTV ne se multiplie pas dans les glandes salivaires du puceron; le pouvoir infectieux est donc perdu après chaque mue, et 24 heures après la piqûre d’un arbre malade .

Moyens de lutte et de prévention

S’agissant d’une maladie virale, il n’existe pas de technique curative. D’une part, il faut limiter l’extension de la maladie en choisissant des plants certifiés (norme CAC en cours qui garantiront la bonne association porte-greffe/variété). Il faut d’autre part minimiser les réservoirs d’inoculum en arrachant les arbres malades et en les remplaçant par des associations porte-greffe/greffon tolérantes.

Fiche réalisée en 1998 par F. Leblanc (Cirad), P. Fournier (Cirad) et J. Etienne (Inra).
Fiche actualisée en 2005 par F. Le Bellec (Cirad).

Source : http://caribfruits.cirad.fr

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