À quand l'émergence d'un marché agricole mondial équitable et durable ? » maladies des plantes , agriculture et écologie

 À quand l'émergence d'un marché agricole mondial équitable et durable ?

7/2/2010

À quand l'émergence d'un marché agricole mondial équitable et durable ?

Après l'entrée en vigueur de l'Accord sur l'agriculture, conclu il y a quelques années dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), on mesure les dégâts et aberrations des libéralisations au Sud comme au Nord. Cette situation a amené la Communauté de travail à élaborer une nouvelle position, plus nuancée et soucieuse de la complexité des problèmes. Avec cependant toujours le même but: l'émergence d'un marché agricole mondial équitable et durable. La recette libérale en matière agricole, axée sur le libre-échange et la promotion des exportations, imposée par les gouvernements occidentaux et relayée par les institutions économiques internationales - dont en particulier l'OMC - a abouti a un échec. Cela tient au fait que de nombreux aspects structurels propres aux marchés agricoles nationaux et internationaux n'ont pas été pris en considération. Tant sous nos latitudes que dans les pays en développement, l'agriculture n'est pas juste un secteur économique parmi d'autres. Dans les régions pauvres, il est celui qui détermine le plus la vie de la population, son revenu, son niveau d'emploi, sa capacité à subvenir a ses besoins alimentaires, il y occupe jusqu'à 80% de la main-d'œuvre.Dans les pays riches, au-delà de sa fonction primaire de production de nourriture et de matières premières, l'agriculture remplit des fonctions essentielles comme la préservation de l'environnement et du paysage, le maintien d'une production domestique et la sécurité alimentaire. Chaque pays, voire région, bénéficie de conditions-cadre spécifiques qui influencent fortement le mode et les coûts de production. Le contraste est évident entre les agricultures fortement subventionnées et productives des pays occidentaux, et celles bien moins dotées et extensives des pays en développement. On peut donc douter de l'efficacité d'un système commercial qui impose un prix international unifié pour des biens produits à des coûts différents selon les régions. On assiste aujourd'hui à une situation aberrante où les prix agricoles, fixés par le marché international, ne reflètent plus les coûts de production. Une aberration d'autant plus grande que seuls 10% de la production agricole mondiale sont aujourd'hui échangés sur le marché international or, ce sont ces 10% qui fixent les prix sur les marchés nationaux. De plus, c'est toujours le prix à l'exportation le plus compétitif qui devient le prix mondial, même s'il relève du dumping. Le prix mondial du blé est, par exemple, celui des Etats-Unis, dont la part à la production mondiale se limite à 5,1%. Assurer la sécurité alimentaire et garantir la production domestique comme moteur du développement rural dans les pays pauvres, permettre la survie d'une agriculture " multifonctionnelle " dans les pays développés implique que l'on recherche de nouvelles solutions. La Communauté de travail qui, comme de nombreuses ONG de développement, s'est longtemps alignée sur les revendications des gouvernements du Sud en matière d'accès aux marchés agricoles du Nord, a aujourd'hui revu sa copie. La complexité de la problématique nécessite de prendre en compte quatre axes fondamentaux et complémentaires une mise en question des politiques de libéralisation commerciale, le développement des marchés intérieurs dans les pays pauvres, une réforme des politiques agricoles des pays industrialisés et finalement une meilleure régulation du marché mondial.

07-02-2010
Lemaghreb

Source : http://www.lemaghrebdz.com/lire.php?id=23688

Category : AGRICULTURE ET MONDIALISATION | Write a comment | Print

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