Sclérotiniose et botrytis de la laitue » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Sclérotiniose et botrytis de la laitue

21/1/2010

Sclérotiniose et botrytis de la laitue .

Quelques feuilles ramollies de voslaitues semblent ramollies, vos jeunes plants flétrissent ? La présence demycélium, parfois blanc et cotonneux, ou de sclérotes brunes, doit vousorienter vers ces champignons.

Symptômes

Redoutables bien que microscopiques,ces deux champignons s'en prennent fréquemment au collet et aux feuilles de labase des laitues. Les parties attaquées ramollissent, brunissent et se couvrentd'un mycélium blanc dans le cas de la sclérotiniose, ou d'un feutrage gris dansle cas du botrytis - plus connu sous le nom de pourriture grise. Les dégâts peuvent rester limités à quelques feuilles, ou s'étendre à l'ensemble du colleten provoquant le flétrissement des jeunes plants ou de belles salades pommées.Rageant !
En outre, lorsque les conditions sont favorables à leur développement -humidité, manque de lumière et d'aération - ces champignons s'étendent de proche en proche et forment au niveau du collet des organes de conservation appelés sclérotes. Ces petits amas mycéliens d'un millimètre à quelques centimètres de diamètre se couvrent d'une membrane dure, brune ou noire, qui leur permet de garder un potentiel de nuisance pendant plus de cinq ans.

Carte d'identité

La sclérotiniose est présente sousdeux formes différentes :
- s'attaque essentiellement aux laitues, son mycélium est assez discret et lessclérotes ne dépassent pas 2 millimètres de diamètre ;
- Sclerotinia sclerotiorum est plus fréquente sur les chicorées - etredoutée des producteurs d'endives. Mais on la trouve aussi sur haricots,tomates, courges ou carottes. Son mycélium est voyant et cotonneux, tandis queles sclérotes accrochés au collet sont beaucoup plus volumineux : de 3 millimètresà quelques centimètres (les producteurs d'endives parlent de grains de café).
Ces deux formes sont favorisées par des conditions humides et chaudes (optimumentre 18 et 25 °C), par des plantations trop denses et des fumures azotéesimportantes. Ne les confondez pas avec le mildiou de la laitue, ou Bremia,dont le mycélium visible sous les feuilles est lui aussi blanc poudreux, maisqui provoque assez rapidement des taches jaunâtres sur la face supérieure et neforme pas de sclérotes.

Botrytis cinerea, la pourriture grise, n'est que trop connue desjardiniers car on la retrouve sur de très nombreuses cultures : outre les salades, elle attaque sans distinction courges, haricots, fraises, groseilles,raisin et beaucoup de fleurs. La "porte d'entrée" est souvent une blessureoccasionnée par une autre maladie, le gel, la grêle, ou le jardinier lors des façons culturales. Le feutrage mycélien gris et poudreux qui caractérise lebotrytis se développe par temps humide et frais (optimum entre 15 et 20 °C).Des sclérotes noirs d'1 à 2 millimètres de diamètre peuvent également se formerpour préserver des rigueurs hivernales les capacités reproductives de cescharmants petits champignons...

Antoine Bosse-Platière

Moyens de lutte

Ils sont essentiellement préventifs.

Éliminez et brûlez les résidus deculture contaminés porteurs de sclérotes.

Ne faites pas revenir de laitues à cet endroit avant plusieurs années. Prévoyez plutôt des alliacées (ail, poireaux,oignons...) qui résistent à ces champignons.

Utilisez des variétés adaptées à lasaison sur un sol bien préparé, suffisamment drainant et fertilisé sans excès.

Favorisez une bonne circulation de l'air en espaçant largement vos plants (30 à 40 cm selon les variétés) et ensarclant les herbes indésirables.

Évitez l'arrosage par aspersion sil'humidité risque de s'attarder.

Sous abri, pensez à aérerrégulièrement.

Vous pouvez également saupoudrer unpeu de poudre de roche siliceuse dans les trous de plantation ou traiterpréventivement avec une décoction de prêle, elle aussi riche en silice, capablede renforcer les tissus végétaux.

Les capacités d'adaptation de ces champignons sont étonnantes. Ils ont développé avec une grande rapidité des souches résistantes aux multiples générations de fongicides que les maraîchers conventionnels se sont acharnés à utiliser.

Aujourd'hui, les sols infestés de sclérotes sont désinfectés par les professionnels à la vapeur - une tech­­nique très coûteuse en énergie - ou avec des fumigants extrêmement toxiques comme le bromure de méthyle qui laisse des résidus et détruit la couche d'ozone. Les maraîchers bio du Midi ont mis au point l'intéressante technique de désinfection par solarisation : le sol, bien préparé et humidifié, est recouvert d'un film polyéthylène transparent pendant un mois bien ensoleillé. De quoi cuire à petit feu les sclérotes les plus récalcitrants.
Mais pour le jardinier amateur, une bonne prévention et le respect des rotations sont généralement suffisants pour éviter les infestations.

Source : http://www.terrevivante.org

Tags : laitue
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