Forêt de l’Akfadou : Massacre à la tronçonneuse » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Forêt de l’Akfadou : Massacre à la tronçonneuse

21/12/2009

Forêt de l'Akfadou: Massacre à la tronçonneuse.

Des quantités faramineusesde bois de chauffage et de « pieds droits », ces jeunes arbres d’àpeine 10 à 20 cm de diamètre, sont abattues dans l’impunité la plus totale.

C’est un véritable SOS qu’il faudralancer à l’endroit des pouvoirs publics pour mettre un terme au massacre dumassif forestier de l’Akfadou. Les citoyens ne comprennent pas comment desquantités faramineuses de bois de chauffage et de « pieds droits »,ces jeunes arbres d’à peine 10 à 20 cm de diamètre, peuvent être emportées avecune telle facilité. Il faut se rendre dans ces périmètres boisés pour constaterl’ampleur du massacre. La délivrance d’un bon de payement par les servicesforestiers ne constitue, en fait, qu’une couverture pour s’adonner, ensuite, àun massacre ininterrompu. Munis de scies à chaînes (tronçonneuses), lesnouveaux bûcherons abattent sans distinction plusieurs arbres. Ils ramènentquelques chargements, mais abandonnent les autres arbres jusqu’à ce qu’ilssèchent un peu, un argument crédible, qui leur permettra d’acheminer ensuitetout le bois en toute impunité.

La forêt de l’Akfadou est enclavéeentre les communes de Bouzeguène, Ath Ghobri, Yakourene et la wilaya de Bejaïa.Ces désastres s’opéraient de part et d’autres. Si des saisies, que l’on peutcompter sur les doigts d’une seule main, ont été opérées dans le passé par lesservices des forêts mais aussi et surtout par les gendarmes, elles témoignenten tout cas de l’existence d’un trafic beaucoup plus important, constituant lapartie invisible de l’iceberg et le fléau n’en reste pas moins éradiqué. Lacoupe illicite, en effet, a atteint des proportions inquiétantes au niveau dela forêt de l’Akfadou. Certains trabendistes se sont même accaparés certainsespaces en les délimitant par des repères. Ils deviennent, ainsi, despropriétés privées. « C’est un scandale au vu et au su de tout lemonde », s’est exprimé un vieil homme, qui paraissait dépité par cesinterminables ballets de tracteurs chargés de troncs d’arbres et admirablementinstallés sur la benne (8 000 à 10 000 dinars le prix d’une benne de bois).

Un marché juteux, sans taxe, sansimpôts et avec, en prime, un désastre écologique ! Pourtant, la loi estbien claire. Des amendes et des peines de prison sont prévues en application del’article 75 de la loi 84/12 portant régime général des forêts.Malheureusement, cette loi, même appliquée ne compensait pas les pertesinestimables de cet important patrimoine. Cette loi, bien sûr, s’applique àcertaines catégories d’arbres protégés comme le cèdre, protégé par la loi 83/03du 5 février 1983. Au regard du désastre, les peines à encourir sontinsuffisantes pour ces crimes commis aux dépens de l’environnement.

En Algérie, les forêts ne sont plus àl’abri. En plus du feu, de la désertification, de l’érosion hydrique etéolienne, le déboisement a accéléré la disparition progressive de cepatrimoine. A noter que la forêt d’Akfadou, qui chevauche entre les deuxwilayas de Béjaïa et de Tizi Ouzou, représente l’un des espaces forestiers lesplus riches du pays. Au demeurant, sa promotion en parc national protégédevrait-être envisagée par les autorités. Il semblerait qu’un dossier portantla proposition avait été déposé auprès du ministère de l’environnement.

 

Par LiesAdli

Source : http://www.elwatan.com

Tags : deboisement
Category : ENVIRONNEMENT / BIODIVERSITE / ECOLOGIE - 1 | Write a comment | Print

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