Patrimoine phoenicicole : Il n’y a pas que Deglet Nour. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Patrimoine phoenicicole : Il n’y a pas que Deglet Nour.

1/12/2009

Patrimoine phoenicicole : Il n’y a pas que Deglet Nour.

Dès à présent, des mesures doivent être prises par les pouvoirs publics pour encourager les agriculteurs à développer toutes les variétés de dattes sans exception.

En pareille saison, les Biskris les plus âgés se rappellent qu’ils pouvaient trouver une multitude de variétés de dattes sur les étals de Souk Lahchich ou sur ceux du marché central. Les agriculteurs de tout le Sud algérien y venaient, bien achalandés, vendre leur produit. Deglet Nour, la datte « noble », El Ghers, Mechdegla, Itima, Bouzerrou, Ghazi, Kseba, Halwa, Tantboucht, Arechti, Safraya, Balbali, Thouri, Dogmessi, Zorgaï, Khadhraï sont autant d’appellations vernaculaires, créées par les oasiens, dénotant de la richesse du patrimoine phoenicicole national, « qui est en passe de ce placer parmi les plus importants au monde », selon des spécialistes se basant sur le fait que les potentialités en terme de production de dattes et d’industrialisation des processus d’obtention des produits dérivés de celles-ci, dans la wilaya de Biskra, comme dans tout le Sud de l’Algérie, sont encore loin d’être épuisées. En effet, chacune de ces baies, en fonction de ses propriétés et de ses caractéristiques, peut être directement consommées ou transformée en farine, jus, miel, sucre, pâte, vinaigre, alcool et même en éthanol.

C’est dire le futur florissant attendant le pays pourvu que dès à présent des mesures soient prises pour encourager les agriculteurs à développer toutes les variétés de dattes sans exception. C’est la mission, entre autres, de l’Institut technique de développement de l’agriculture saharienne (ITDAS) dont la direction générale est située à Aïn Bennaoui, à 7 km de Biskra, sur la route de Tolga, et qui dispose d’antennes à El Oued, Ouargla, Bechar et Adrar, de s’affirmer comme un instrument essentiel en mesure de contrecarrer l’appauvrissement variétal du patrimoine phoenicicole national. Ayache Nasredine, chef du service Cultures pérennes à l’ITDAS, explique à ce propos : « La Deglet Nour est la plus demandée sur le marché local et au niveau mondial. Cependant, chaque producteur de dattes ayant bénéficié du PNDRA est tenu de planter au moins 20 % de palmiers dattiers produisant d’autres variétés que celle-ci.

Dans le souci de favoriser la préservation de la biodiversité de la région et la richesse variétale de la datte des Ziban, notre institut, qui n’encourage pas les producteurs de dattes à s’investir dans la monoculture, désastre aux incommensurables conséquences sur toute le secteur de la phoeniciculture, s’est doté, après une opération de caractérisation morphologique des différents fruits, d’une appréciable collection de 80 variétés de dattes dûment répertoriées que nous mettons à la disposition de tous les producteurs qui souhaitent diversifier leurs palmeraies. » Fruits du palmier dattier, cet arbre qui n’est pas un arbre, mais le roi des monocotylédones, la datte, notamment la sublime Deglet Nour, n’a pas fini de faire parler d’elle.

Le mal de la palmeraie

Le palmier dattier est, toutefois, la cible privilégiée des parasites et des maladies, et il est complètement tributaire du climat dont les moindres modifications intempestives ou brutales ont des répercussions immédiates sur la qualité des dattes produites. Il a un coût d’entretien et de soins exorbitant par rapport aux autres variétés qui « sauvent souvent la récolte », selon les vieux fellahs de Tolga. « Les dattes deviendront de plus en plus un enjeu économique et même politique. La concurrence fait rage entre les pays producteurs pour labelliser leurs variétés de dattes. Actuellement nous planifions une autre opération appelée Identification géographique labellisée (IGL), laquelle permettra aux dattes algériennes de ne plus souffrir de la concurrence déloyale et des pratiques souterraines de certains pays », ajoute notre interlocuteur. Il existe dans le Sud algérien plus de 900 variétés de dattes, et beaucoup d’entre elles sont connues et cultivées à Biskra, terroir de la Deglet Nour.

Croyant certainement bien faire, les pouvoirs publics et les départements agricoles, les fellahs et les exportateurs, les commerçants et les consommateurs, dont les plus jeunes n’ont jamais goûté que deux ou trois variétés de dattes de toute leur vie, focalisent toute leur attention et leurs efforts sur la Deglet Nour, qui s’est imposée dictatorialement sur toutes les autres variétés. Certes, cette variété de dattes, dont l’excellence n’est plus à prouver, mérite tous les égards au vu de ses qualités gustatives et nutritionnelles et des sommes importantes qu’elle rapporte, mais quand une catastrophe climatiques survient, extrêmement sensible, celle-ci est la première à être gâtée et perdue, au moment où d’autres variétés font montre de bien plus de résistance. Mais ces dernières ont été progressivement marginalisées. Elles ont disparu des étals et même de la mémoire de certains cultivateurs de dattes.

Cette année, ceux-ci estiment que plus de 40% de la production de Deglet Nour sont irrémédiablement perdus à cause des intempéries qui ont ravagé les palmeraies de la région des Ziban aux mois de juillet et août. « Le reste, de piètre qualité, sera vendu aux plus offrant comme écart de traie », disent des producteurs de dattes, anéantissant les efforts de toute une année, voire de toute une vie, de beaucoup de ces exploitants, qui font grise mine. Ils ne peuvent même pas, en l’absence d’une filière de transformation des dattes de type semi-industriel, revendre leurs dattes, si ce n’est comme aliment de bétail. Mais sauront-ils tirer les leçons de cette année ? Ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier ! Ce que les anciens ne faisaient jamais.

Par H. Moussaoui

Source : http://www.elwatan.com

Avis des lecteurs...

Le 1er.12.2009 à 07h34

Les potentialités algériennes en agro-ressources sont tellement nombreuses non seulement pour le palmier dattier mais aussi pour l’olivier, le figuier, etc... Certaines variétés de blé dur cultivées par nos ancêtres tolérantes à la sécheresse et à la salinité ont disparu pour laisser le champ libre aux variétés hybrides importées (avec des devises)  avec de nouveaux parasites inconnus auparavant chez nous. C’est un patrimoine qui est en voie de régression. On importe de nouvelles variétés mais les variétés locales s’avèrent toujours les plus rustiques et les plus résistantes aux maladies. Où est le savoir faire des décideurs ? Où sont les consciences ?

 

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