Les pratiques culturales du colza – Une culture compétitive qui dynamise les rotations. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Les pratiques culturales du colza – Une culture compétitive qui dynamise les rotations.

18/10/2009

Les pratiques culturales du colza – Une culture compétitive qui dynamise les rotations.

La culture du colza présente l'avantage d'être un facteur de diversification des rotations, ce qui se traduit par des rendements améliorés des céréales qui suivent quand on le compare à un blé de blé.

On observe également une diminution globale des problèmes sanitaires et donc des coûts. Le calendrier de culture du colza et notamment la date de semis s'intercale bien avec celui des autres cultures de l'assolement.

Le colza stimule le rendement du blé qui suit.

Un blé de colza produit environ 10 % de rendement en plus qu'un blé de blé. Les différences de productivité peuvent aller jusqu'à 30 %.

Le blé de colza est moins cher à produire qu'un blé de blé
Les coûts de désherbage d'un blé sont plus faibles après un colza. Les coûts de protection fongicide peuvent être réduits. Les besoins en fertilisation azotée (-20 à -50 unités) et phosphatée sont moindres.

Le colza valorise les effluents d'élevage
Le colza a de fortes capacités à valoriser des apports organiques de fin d'été. Il peut absorber plus de 100 kg d'azote, s'il est implanté suffisamment tôt.

Le colza permet de rompre le cycle des maladies des céréales
Le piétin verse, les fusarioses et le piétin échaudage sont largement favorisés par les rotations céréalières courtes. Les effets bénéfiques du colza dans les rotations céréalières s'expliquent par le seul effet de « coupure ». De plus, la décomposition des résidus de culture du colza, riches en glucosinolates, entraîne la production de composés toxiques pouvant inhiber des champignons conservés dans le sol.

L'alternance des cultures facilite le désherba

L'alternance des cultures permet de mieux lutter contre les mauvaises herbes en associant différents moyens de contrôle. La pratique d'une seule culture favorise les adventices dont le cycle coïncide avec le sien et qui appartient à la même classe.

Le colza freine ainsi la reproduction des mauvaises herbes dont le cycle est hivernal ou printanier. En occupant le sol de septembre à juin, il limite le développement des adventices annuelles sur une période de dix mois, dès lors que le désherbage d'automne est satisfaisant.

Semis

Semis en août / septembre
Protection éventuelle contre les insectes d'automne
Pas d'engrais azoté à l'automne
Fertilisation azotée précoce en février/mars
Protection éventuelle contre les insectes de printemps

Floraison

Protection éventuelle contre les maladies (sclérotinia…) en début de floraison en avril

Récolte fin juin / début juillet

La diminution des coûts de production

Avancement de la date de semis
La date de semis a été avancée d'une semaine depuis 1993. Cette pratique permet une meilleure absorption de l'azote du sol et est favorable au contrôle des adventices et des limaces.

Progression du travail sans labour
Le travail du sol sans labour concerne plus de 35 % des surfaces en colza.

Amélioration du raisonnement de la fertilisation azotée
La quasi totalité des parcelles ne reçoit pas d'azote minéral en été ou à l'automne. La quantité d'azote présent dans le sol pendant l'hiver est ainsi limitée et les pertes de nitrates par lessivage évitées. L'état du colza en sortie d'hiver est de plus en plus pris en compte dans le calcul de la fertilisation de printemps.

Une surfertilisation peut faire perdre des points d'huile.
La fertilisation est fractionnée en 2 ou 3 apports :
40 %, 40 %, 20 %

Diminution du nombre de traitements à l'hectare
Hors l'anti-limace, le nombre moyen de traitements appliqué est de 5,2 en 2003 : c'est le plus faible chiffre enregistré depuis 1996 avec près de 1 produit phytosanitaire à l'hectare en moins.

La qualité des colzas est mesurée en fonction de différents paramètres qui sont :

• les impuretés et la teneur en eau : la norme est de 2 % pour les impuretés et de 9 % pour l'humidité,

• la teneur en huile : la norme est de 40 %,

• la teneur en protéines,

• les teneurs en glucosinolates : la norme maximale est de 25 µmoles/g à 9 % d'humidité.

Des enquêtes sont menées chaque année afin de suivre l'évolution de la qualité des colzas.

Différentes possibilités sont envisagées afin de diminuer le coût de production :

• développer des outils d'aide à la décision (Réglette azote colza), qui permettront de raisonner les pratiques et diminuer les intrants (produits de traitement, fertilisation) ;

• développer des plantes transgéniques de type « résistance aux herbicides » qui permettraient de réduire le coût des intrants phytosanitaires (mais aujourd'hui aucun colza transgénique n'est autorisé en France) ;

• simplifier le travail du sol : moins de passages, un matériel mieux amorti et la possibilité de travailler plus de surface avec les mêmes moyens humains.

L'amélioration de la production

La contribution de la sélection a été primordiale pour améliorer et sécuriser le rendement du colza et maintenir son attrait pour les agriculteurs

Le potentiel de rendement a progressé de 2,5 % par an en dix ans.
Or, la sélection de cette espèce est relativement récente et sa diversité génétique laisse entrevoir des gains encore importants.
Une des voies est l'obtention de variétés hybrides. Le premier hybride a été inscrit en France en 1999. Plusieurs systèmes de stérilité mâle (Polima, NPZ, Ogu-INRA, PGS), permettant de contrôler parfaitement la fécondation pendant la réalisation de variétés ont été mis au point. Le système Ogu-INRA est certainement celui qui est le plus utilisé en France et dans le monde. Il est à l'origine de la création de nombreuses variétés de type association variétale (Synergy) ou hybride restauré (Lutin).

Le travail d'amélioration des lignées pures continue en parallèle, sur des critères agronomiques comme la résistance aux parasites et aux stress.

La longueur du cycle du colza expose cette culture aux stress climatiques, aux maladies et ravageurs.

Des variétés résistantes à la nécrose du collet ont été obtenues par sélection généalogique dès 1971. Actuellement, la maladie du pied noir des crucifères, causée par le champignon Phoma lingam, est un grave problème. La sélection de variétés présentant une résistance durable à cet agresseur est une priorité.

La transgenèse pourrait ouvrir de nouvelles pistes dans la lutte contre les altises, les charançons et d'autres coléoptères ou diptères ravageurs.

Les sélectionneurs travaillent également sur l'architecture de la plante. Le colza atteint couramment 1,60 m à la floraison. Par croisement avec des variétés naines de 80 cm, l'INRA a obtenu des colzas ne mesurant que 1,20 m, plus faciles à récolter et moins sensibles à la verse.

La contribution de la sélection a été primordiale pour améliorer et sécuriser le rendement du colza et maintenir son attrait pour les agriculteurs. La sélection du colza se caractérise également par un effort important d'amélioration de la qualité de la graine, teneur en différents acides gras et qualité des protéines pour le tourteau, ainsi que des nouveaux objectifs de sélection, comme l'adaptation des variétés de colza à des milieux plus contraignants, ceci afin de pouvoir faire face à l'extension prévisible des surfaces cultivés en Europe.

Source : http://www.gnis-pedagogie.org

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