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 Ennemis des Cultures de pomme de terre.

15/10/2009

Ennemis des Cultures de pomme de terre :

Un des problèmes auquel les agriculteurs de pommes de terre sur l’Ile-du-Prince-Édouard doivent faire face, est la maîtrise et le contrôle saisonnier de l’environnement dans lequel vont pousser les pommes de terre afin d’assurer un rendement optimal. Il est important de garder le contrôle sur les insectes nuisibles et les maladies qui ont la capacité de détruire la récolte ou de la rendre non commercialisable. Heureusement, les conditions hivernales froides et sèches de l’Ile-du-Prince-Édouard favorisent la prophylaxie des maladies et la régulation des insectes nuisibles.

Les agriculteurs de pommes de terre ont à lutter, chaque saison, contre les nombreuses maladies et plus encore contre les insectes. En effet, il existe plus de cent différents agents tels que bactéries, champignons, virus, insectes ou autres mauvaises herbes, qui peuvent attaquer la pomme de terre. Historiquement, les agents les plus destructeurs de l’industrie, furent les maladies causées par des champignons.

Le champignon s’attache au plant de pomme de terre et se nourrit de celui-ci. Sans traitement un plant peut être détruit en quelques jours. La maladie cryptogamique qui, au cours de l’histoire, a causé les plus grands ravages dans l’industrie de la pomme de terre est appelée « Late Blight » ou brunissure. Ce sont trois années consécutives de maladies dues à la brunissure qui ont causé la célèbre famine de 1845 en Irlande. Cette maladie se répand rapidement en allant d’un plant à l’autre par voie aérienne de feuille à feuille, et également par le sol en attaquant les tubercules de surface. Les biologistes estiment que les spores d’un plan contaminé par la brunissure peuvent potentiellement infecter tous les plans situés dans un rayon d’un quart de mile (400m).

Cette maladie est, à ce jour, totalement sous contrôle. On la retrouve dans tous les pays producteurs de pommes de terre. Elle est facilement combattue par l’application d’un fongicide sur la semence pour tuer toute brunissure qui aurait résisté à l’hiver. Le fongicide est régulièrement pulvérisé sur les champs pendant les périodes sensibles de la saison.

La dernière épidémie ayant affecté l’industrie de la pomme de terre sur l’Ile-du-Prince-Edouard a également été causée par un champignon. En 2000, on a découvert sur une parcelle située à l’Ouest de la province, une maladie appelée « Potato Wart » ou verrue de la pomme de terre. Cette maladie affecte le tubercule, causant d’importantes excroissances au niveau des yeux de la pomme de terre. Malgré la résistance de nombreuses variétés de pomme de terre à cette maladie, le champignon continue à développer des souches susceptibles de les attaquer. Le champignon peut rester actif dans le sol pendant près de 40 ans. La longévité et la résistance de cette maladie rendent les pommes de terre non-commercialisables. La plantation de plants de semence certifiés dans des champs sains, ainsi que l’utilisation d’outils agricoles stériles sont les meilleurs moyens de prévention contre cette maladie grave de la pomme de terre.

Les maladies causées par des bactéries peuvent également dévaster les récoltes. L’un de ces maladies s’appelle « bacterial ring rot » ou pourriture bactérienne circulaire. Sur la coupe d’une pomme de terre infectée, on peut voir apparaître un anneau sombre en dessous de la surface de la peau. Cet anneau de pourriture va consommer l’intérieur du tubercule pour ne laisser que la peau comme une coquille vide.

Depuis que l’on sait que la maladie hiberne dans le tubercule et ne survit pas dans le sol, il est aisé d’en venir à bout en ne plantant que des plants de semence certifiés et en suivant des procédures sanitaires strictes.

La troisième sorte de maladie de la pomme de terre est répandue par les virus. En 1989, une telle maladie a été découverte sur l’Ile-du-Prince-Edouard causant des dommages catastrophiques et entraînant la fermeture du marché américain. Cette maladie s’appelle « PVYn » ou plus communément « potato mosaik ». Le virus de la mosaïque se présente sous différentes formes. Le moins virulent de ces virus est connu sous le nom de virus X et qui, sans symptômes visibles, peut réduire le volume de la récolte de pomme de terre de 15%. Parmi les virus de la mosaïque, le plus grave est connu sous le nom de virus Y. Les symptômes de ce virus se reconnaissent au jaunissement des feuilles qui se recroquevillent causant un ralentissement de la croissance du plant. Le dessous des feuilles est souvent couvert de rayures noires.

Ce virus s’est répandu très vite et a recouvert l’Ile-du-Prince-Edouard en une saison. Les premiers vecteurs des virus A et Y sont les tubercules contaminés et les insectes tels que les pucerons qui sondent la plante pour se nourrir. Bien que le virus ne puisse survivre dans l’insecte que quelques minutes, les plants sont infectés dès que celui-ci se nourrit. Pour garder le contrôle sur le virus Y, il est essentiel de garder le contrôle sur les insectes nuisibles tel que le puceron ainsi que d’user de pratiques agricoles sanitaires stériles visant à réduire l’incidence des autres virus mosaïques. La grande peur de ces virus provient du potentiel dévastateur qu’ils peuvent avoir sur le rendement.

Les insectes peuvent, également, être à l’origine de la dévastation d’une récolte. Certains insectes détruisent les plants, affectant ainsi la taille et le nombre de pomme de terre récoltés en automne. D’autres s’attaquent au tubercule lui-même en le dévorant ou en le faisant pourrir. D’autres encore sont bien connus pour propager des maladies dangereuses de plant en plant, lorsqu’ils sondent les feuilles pour se nourrir.

Le « Colorado Potato Beetle » ou scarabée du Colorado, est l’un des insectes les plus communs qui, lorsqu’il est en grand nombre, cause d’énormes dommages aux récoltes. Les adultes mesurent environ ½ pouce (1,26cm), sont de couleur jaune avec des rayures noires sur les élytres. Les adultes et leurs larves orange causent d’énormes dégâts au feuillage des plants affectant ainsi leur capacité à former des tubercules ce qui entraîne de faibles rendements.

Puisque les insectes sont devenus résistants à la plupart des insecticides, les pulvérisations répétées sont nécessaires pour les tuer aux différents stades de leur développement (de l’œuf à l’adulte). Les scarabées peuvent causer de grands dégâts en très peu de temps, de sorte qu’aux premières manifestations de leur présence, il paraît judicieux de remédier au problème avant qu’il ne prenne de l’ampleur.

Un exemple d’insecte qui s’attaque à la pomme de terre elle-même, plutôt qu’à son feuillage est le « wireworm » ou ver-fil. Ces vers sont les larves des élatères ou taupins. Ces scarabées adultes sont brun-clairs ou noirs et mesurent entre ¼ pouce et ½ pouce (0,63cm et 1,26cm) et ne font aucun tort aux pommes de terre. C’est ces vers-fil restant à l’état larvaire pendant 4 ans qui causent les dégâts. Les vers s’enfouissent d’un pouce (2,54cm) environ dans le tubercule, y creusent des trous pour se nourrir, endommagent les jeunes tiges et les nouvelles racines ce qui entraîne de faibles rendements. Le moment idéal pour traiter le problème des vers-fil est juste avant la plantation. Ces insectes nuisibles sont relativement faciles à gérer mais peuvent causer d’énormes dommages si l’on ne contrôle pas régulièrement les plants.

Les insectes les plus dangereux pour les pommes de terre sont probablement ceux qui se servent d’une sonde pour pomper leur nourriture dans le feuillage. Ces insectes sont responsables de la dissémination de nombreuses maladies de la pomme de terre. Le puceron en est l’exemple parfait. Les deux types de puceron les plus communs trouvés sur les pommes de terre sont les pucerons dit vert-pêche et pomme de terre. De ces deux sortes, le vert-pêche est le plus commun. La colonie agglutinée se nourrit sur la plante mais cause rarement des dommages. Le danger provient de ce que ces minuscules insectes transportent avec eux. Ils sont d’excellents vecteurs des maladies de la pomme de terre. Ils transportent un grand nombre de maladies de plant en plant lorsqu’ils se nourrissent, comme par exemple le virus des feuilles enroulées et certains virus de la mosaïque tel que le virus Y.

La régulation de ces insectes s’obtient de différentes manières. Les traitements par pulvérisation sont très efficaces et l’introduction des prédateurs de ces insectes permet de détruire leur population. Des insectes comme les coccinelles et d’autres larves qui mangent les pucerons sont un exemple de prédateurs utilisés dans les champs de pommes de terre. Il existe également un champignon parasite qui va réduire la population de puceron hibernant dans les mauvaises herbes.

Les mauvaises herbes sont un autre ennemi des agriculteurs. La camomille et les chardons envahissent les champs de pomme de terre, ce qui peut avoir de graves conséquences pour les récoltes. Les mauvaises herbes peuvent réduire considérablement le rendement, nuire au ramassage de la récolte et sont un terrain de rêve pour les insectes et les maladies. Une surveillance des champs, un épandage judicieux d’herbicide sont les mesures les plus adaptées pour gérer ce problème.

L’industrie de la pomme de terre prend très au sérieux les maladies et insectes nuisibles. Si un problème venait à surgir, les frontières seraient fermées et des marchés importants pourraient être perdus ce qui aurait des conséquences désastreuses. Agriculture Canada procède chaque saison à des séries d’inspections de routine sur des champs choisis au hasard afin d’être toujours au courant de ce qu’il advient des récoltes. Si un problème apparaît le propriétaire terrien et les autorités de tutelle sont informés et des mesures correctives sont prises. Comme on l’a vu par le passé, un début d’épidémie peut avoir des conséquences désastreuses. Les pommes de terre de l’Ile-du-Prince-Edouard sont parmis les plus suivies au monde afin d’éviter l’apparition d’épidémie et la propagation des maladies et des insectes nuisibles qui pourraient faire du tort aux récoltes et à une industrie plus fragile que jamais.

Source : http://www.virtualmuseum.ca

 

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