L’arbre et l’oiseau, unis pour la forêt d’Afrique » maladies des plantes , agriculture et écologie

 L’arbre et l’oiseau, unis pour la forêt d’Afrique

14/10/2009

L’arbre et l’oiseau, unis pour la forêt d’Afrique

Par Denis Delbecq.

C’est un joli et triste conte que nous offre la revue Science ce vendredi (1). Trois chercheurs de Vancouver nous racontent l’étroite collaboration entre l’arbre et l’oiseau dans le Serengeti, en Tanzanie.

Dans cette région, parsemée de poches forestières installées près des cours d’eau, plus de 70% de la végétation a disparu depuis 1950. Cette perte a aussi conduit à la diminution du nombre d’oiseaux. En étudiant cette relation à l’aide d’observations conduites sur le terrain depuis 1966, les trois scientifiques montrent combien le destin des oiseaux et des arbres sont liés.

Dans les grandes forêts tropicales, les animaux jouent un rôle essentiel dans la vie des arbres. En se nourrissant de baies ou de fruits, ils rejettent ensuite les graines pré-digérées dans leurs excréments. Ces dernières, trop “dures” pour germer seules, peuvent alors donner naissance à d’autres arbres. C’est ainsi que les éléphants de la forêt du Bassin du Congo entretiennent leur cadre de vie. Et c’est ainsi que les oiseaux des forêts du Serengeti coopèrent avec leurs hôtes. Et comme pour bon nombre d’animaux, plus la forêt est dense, et plus le nombre d’espèces d’oiseaux est élevé.

Leur rôle prend toute son importance face aux coléoptères qui vivent là. S’ils semblent incapables de se nourrir des graines avant qu’elles soient tombées à terre, ces insectes sont par contre très gourmands de ce qu’ils trouvent sur le sol. Ils percent les graines au point de les empêcher de germer. Sont-ils dégoûtés par le traitement que certaines ont subi? En tous cas, les graines avalées par les oiseaux et rejetées dans leurs fientes n’attirent guère notre coléoptère. Et donc l’oiseau, qui profite de l’arbre pour vivre et se nourrir, lui renvoie l’ascenseur en protégeant sa reproduction.

Pourtant, cette symbiose est fragile: plus une forêt est endommagée, après un incendie par exemple, et moins elle héberge d’arbres. Et les trois chercheurs ont constaté que la proportion de graines «nues» sur les sols s’élève, favorisant le développement des coléoptères. Les arbres peinent donc à se reproduire, la forêt à se reconstituer et les oiseaux ne reviennent pas.

(1) Edition du 3 juillet 2009

http://mondedurable.science-et-vie.com

Tags : oiseaux
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