Biocarburant : tout savoir sur le biocarburant » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Biocarburant : tout savoir sur le biocarburant

28/9/2009

Biocarburant : tout savoir sur le biocarburant

Le biocarburant va-t-il rendre le secteur des transports moins polluant ? Longtemps considéré comme une solution miracle, le biocarburant est aujourd'hui très décrié par les écologistes. Moins émetteur de CO2 que le carburant fossile, le biocarburant produit à partir de céréales ou de plantes encourage la déforestation et prive certaines populations de ressources alimentaires précieuses. GEO.fr fait le point sur la question sensible du biocarburant.

Un biocarburant est un substitut énergétique issu de l’agriculture, visant à remplacer à long terme les ressources fossiles qui servent de carburant comme le pétrole. Le terme "biocarburant" ( formé du grec bios –vie, vivant- et du latin carbo –carbone, charbon- ) se décompose en différentes branches : biocarburant liquide, biocarburant gazeux et biocarburant solide. Aujourd’hui, le recours industriel au biocarburant reste marginal, même s’il est présenté, parfois à tort, comme une alternative énergétique durable.

Biocarburant ou agrocarburant ?

Le terme agrocarburant renvoie à l’origine agricole du biocarburant qui, comme son nom pourrait pourtant le laisser supposer, n’est en rien un produit "bio". Au sens premier, le biocarburant est un combustible issu d’huiles végétales comme l'huile de palme, de tournesol, de colza ou encore de karanj. Les huiles usagées rejetées par les systèmes de consommation humains peuvent également être utilisées comme biocarburant.

Pour ou contre le biocarburant ?

- Avantages : outre la possibilité d’évacuer l'hégémonie pétrolière du secteur énergétique, le développement de la filière du biocarburant est créateur d’emplois.
- Inconvénients : d’une part, le recours au biocarburant est moins écologique qu’il n’y paraît : culture, engrais, transports sont autant d’atteintes environnementales liées à la production de biocarburant. Pour répondre à des besoins , les sols doivent fournir toujours plus, entraînant
déforestation et érosion des sols. D’un point de vue social, consacrer une partie grandissante des terres à la production de biocarburant risque de menacer la sécurité alimentaire de régions pauvres du monde. Le développement de la filière du biocarburant est néanmoins pourvoyeur d’emplois.

Du biocarburant d’avenir

L’utilisation du biocarburant est encore au stade embryonnaire à l’échelle mondiale. Deux options s’offrent aux industriels : utiliser un dérivé chimique du biocarburant (c’est le biodiesel) dans des moteurs hybrides, ou créer de nouveaux moteurs fonctionnant au biocarburant naturel. On parle aujourd’hui de biocarburant de « deuxième génération », né de la transformation de la lignine et de la cellulose (du bois, de la paille) en alcool ou en gaz. L’actualité du biocarburant se focalise particulièrement sur la culture de microalgues. Elle permettrait de produire un biocarburant de masse peu cher et peu polluant, déjà qualifié de biocarburant de « troisième génération ».

Le biocarburant en un chiffre

A l’hectare, les microalgues seraient 30 à 100 fois plus productives en énergie qu’un biocarburant oléagineux. La recherche tend à faire des microalgues un vrai biocarburant de masse.

L'éthanol, qu'est-ce que c'est ?

L’éthanol est un alcool présent dans les boissons alcoolisées et qui est utilisé dans l’industrie comme solvant ou désinfectant. Concentré et hydraté, l’éthanol devient le bioéthanol, biocarburant qu’on mélange à l’essence ou au diesel pour la consommation des moteurs. Ce biocarburant est produit à partir de plantes contenant du sucre (betterave, maïs et canne à sucre) ou de matières pouvant être converties en sucre comme l’amidon de blé. L’éthanol est un « agrocarburant » car il est produit à partir de matières premières agricoles. L’utilisation d’éthanol dans les transports reste faible à travers le monde. Aux Etats-Unis, l’éthanol ne représente que 2% de la consommation intérieure de carburant contre 30% au Brésil.

L’éthanol dans le monde

L’utilisation de l’éthanol en tant que biocarburant n’est pas nouvelle. Sa consommation a été importante en France entre les années 1920 et 1950 jusqu’à ce que le pétrole, alors abondant et bon marché, ne l’éclipse dans les années 1960.
A la suite du choc pétrolier de 1973, la production d’éthanol a été relancée par le Brésil et les Etats-Unis à travers divers programmes de recherche visant à le mélanger avec l’essence.
Les Etats-Unis sont actuellement le premier pays producteur d’éthanol (48%), devant le Brésil (31)%. Elaborée à bas prix à partir de la canne à sucre, l’essence à la pompe peut comporter jusqu'à 20 % d'éthanol au Brésil et dans les pays d’Amérique du Sud.
Les Etats-Unis se sont fixé pour objectif d’utiliser 138 milliards de litres de carburants renouvelables par an d’ici 2022.
L’Union européenne propose que 10 % des carburants utilisés dans le secteur des transports soient d’origine végétale d’ici à 2020, contre 2% en 2005.
De son côté, le gouvernement français a autorisé depuis le 1er janvier 2007 la vente de Superéthanol E85 et depuis le 1er avril 2009 celle de l’
E10, composé à 90% d’essence « sans plomb 95 » et de 10% d’éthanol.
L'utilisation de l'éthanol en tant que carburant s’est récemment étendue à d’autres pays (l’Australie, la Thaïlande, l’Inde, la Chine…).

L’éthanol en un chiffre

22,3 : C’est le nombre de milliards de litres d’éthanol produits au Brésil en 2008, contre 18 milliards de litres en 2007.

Pour ou contre l’éthanol ?

Avantages :
- L’éthanol est produit à partir de la
biomasse, une source d’énergie qui émet peu de gaz à effet de serre.
- La production d’éthanol coûte moins cher que celle d’essence ou de diesel. A la pompe, le litre d’E10 coûte entre 1 et 3 centimes de moins que celui de SP 95, qui vaut aujourd’hui en moyenne 1,16 euro.
- L’exploitation de l’éthanol permet de restreindre la dépendance énergétique en pétrole des Etats et de promouvoir
les énergies renouvelables.
- De nouveaux marchés vecteurs d’emplois sont actuellement créés grâce au développement de l’éthanol notamment dans les pays émergents comme le Brésil, l’Indonésie et la Malaisie.
Inconvénients :
- La production d’éthanol contribue à la
déforestation et nécessite l’utilisation massive d’eau, de pesticides, d’herbicides et de fertilisants.
- L’éthanol est produit à partir de matières premières, jusque-là destinées à la consommation alimentaire. La production de biocarburants a contribué à la hausse du cours des denrées alimentaires, qui a entraîné depuis 2007 des
"émeutes de la faim" en Afrique et en Asie.
- La production de l’éthanol implique un travail physique éprouvant dans les champs de canne à sucre, dénoncé par Amnesty International.

Commentaires :

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Commentaires

YAO KEBEHI Armand

le 15 / 8 / 2009 à 16:12

Le texte dans son ensemble est juste mon intervention se situe dans la partie pour ou contre C'est parce qu'il est produit a partir de la biomasse ou des produits alimentaire qui ne ne sont pas des plantes vinicoles qu'il produit encore de gaz à effet de serre. les calories tirees des aliments tels le ble le maïs la betterave etc n'est autre que de l'ethanol dont la transformtion se fait entierement dans notre organisme. L'ethnol est un elixir de par le fait qu'il entre dans plusieurs domaine.Industrie alimentation medcine cosmetique etc. Apres la vigne il existe maintenant une seule plante qui va permettre la production de l'ethanol naturel et pur, minimisant completement les desagrement tel la déforestation et l’utilisation massive d’eau, de pesticides, d’herbicides et de fertilisants. Ne pouvant pas permettre des émeutes de la faim en Afrique et en Asie AZIADI Le dinausaure

bricomax95

le 15 / 8 / 2009 à 10:20

les emeute de la faim ne sont pas dues aux agro carburants mais à plusieurs facteurs plus pernicieux. Aux produits financiers qui ont spéculé sur l'incertitude possible des ressources alimentaires . dues au fait que ces pays qui avaient des cultures vivrieres de fruits, contraintes dans les annes 75/ 80 de produire pour nous autres européen des cultures maraicheres qui ont remplacé leurs cultures vivrieres locales. l avantage en trompe l oeil etait de produire des haricot par exemple revendus à lexport ( europe) en echange les accords prevoyaient queles pays pourraient s aaprovisioonner sur les marches aux cours internationaux bas à l'epoque. conjonction de la speculation et du fait que les personnes ont perdu leur savoir faire et leurs semences..ont cree cet effet de manque de ressources dans ces pays. coment expliquez vous si E85 est la cause des soucis que 2009 produise plus d e85 et que les cours des matieres alimentaires aient baissé selons les matieres de 40 à 60 % ?

 Des biocarburants pas si bio

L’enjeu

Ces dernières années, l’investissement dans la recherche sur les biocarburants a explosé. Objectif ? Se libérer de la dépendance pétrolière. Ressources non renouvelables, prix du baril à la hausse, émission de gaz à effet de serre : la recherche de solutions alternatives au pétrole est une nécessité.

Le contexte

Selon la FAO, entre 2000 et 2007, la production mondiale de biocarburants a triplé, notamment au Brésil et aux Etats-Unis. Un investissement massif qui a eu des effets pervers…

… sur les prix alimentaires. La plupart des biocarburants sont aujourd’hui fabriqués à partir de céréales (maïs), de plantes (canne à sucre), ou d’oléagineux (huile de palme). Résultat : une part croissante des matières premières sont détournées de leur usage alimentaire. Un exemple. En Afrique, un tiers de la production de maïs est aujourd’hui transformé en carburant. Au détriment des populations locales. L’équation est simple : quand la part des matières premières consacrée à l’alimentation diminue, le prix des denrées augmente. Une flambée qui a contribué depuis deux ans à la grave crise alimentaire qui sévit au Mexique, en Haïti ou en Afrique.

… sur l’environnement. L’impact environnemental des biocarburants varie selon la nature des produits utilisés pour leur fabrication. La canne à sucre ou l’huile de palme sont simples à transformer et apportent un vrai bonus écologique. Ce n’est pas le cas du maïs ou du colza. Ils entraînent l’émission de gaz à effet de serre dans des proportions similaires aux carburants fossiles.

 

Le débat

La FAO appelle à une révision des politiques en cours sur les biocarburants. L’agence estime que leur production peut être une opportunité pour les pays pauvres. Mais seulement si le régime de subventions est modifié en leur faveur.

La solution se trouve peut-être du côté des biocarburants de deuxième génération. Des plantes comme les algues ou la paille, qui ne feraient pas concurrence à la production alimentaire.

En tout cas, l’heure est à la prudence. L’Union Européenne a renoncé à l’objectif ambitieux de 10% de biocarburants dans les transports en Europe d’ici 2020. Du côté des constructeurs automobiles, les biocarburants ne sont plus considérés comme la solution miracle. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ils privilégient des modèles hybrides ou 100% électriques, comme ceux présentés au Mondial de l’Automobile de Paris.

 Microalgues : le biocarburant du futur ?

L’actu : des recherches sont en cours dans une centaine de laboratoires scientifiques à travers le monde pour produire des biocarburants à partir d’extraits de microalgues. Les premiers travaux démontrent que l’exploitation de la biomasse marine a un rendement bien supérieur aux carburants fabriqués à partir de matières premières agricoles.

Le contexte

- Les premiers travaux sur la production de « carburant algal » sont l’œuvre de chercheurs américains du National Renewable Energy Laboratory. Ils datent du milieu des années 1970, dans la foulée du premier choc pétrolier.

- Dans un rapport publié en octobre 2008, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) estime que la production d’agrocarburants a contribué à aggraver la crise alimentaire mondiale et appelle au développement de solutions alternatives.

- A ce jour, les biologistes ont répertorié environ 200 000 espèces de micro-algues dans le monde, dont certaines, comme les diatomées, ont des rendements très encourageants. Ces minuscules organismes peuvent mesurer jusqu’à 100 microns. Ils poussent dans les lacs, les rivières ou les océans et se développent grâce à la photosynthèse.

L’enjeu

L’investissement mondial dans la recherche sur la biomasse marine dépasse aujourd’hui le milliard de dollars. Les pays les plus en pointe dans ce domaine sont les Etats-Unis, l’Australie et surtout Israël. En Europe, une quinzaine de programmes scientifiques ont été lancés ces derniers mois, dont trois en France.

Plusieurs facteurs expliquent l’enthousiasme des chercheurs pour ces micro-organismes, qui peuvent être composés à 80% de lipides :

- un excellent rendement : les microalgues retiennent mieux le CO2 que les plantes terrestres. Surtout, elles peuvent produire jusqu’à 30 fois plus de litres d’huile par hectare que des oléagineux, comme le colza ou le palmier à huile. Deux éléments expliquent un tel écart, selon Jean-Paul Cadoret, de l’Institut de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer) : « La biomasse marine n’a pas besoin de racines ou de feuilles : elle baigne dans son milieu nutritif et est capable d’aller chercher l’énergie à travers la couche d’eau ». Les algues rouges peuvent ainsi capter les photons nécessaires à son développement à plus de 200 mètres de profondeur.

- une économie d’eau : les microalgues poussent en milieu marin ou lacustre et ne nécessitent donc aucune consommation d’eau supplémentaire pour leur culture.

- pas d’impact sur les terres arables : contrairement aux biocarburants de première génération (maïs, blé, betterave, canne à sucre, colza, soja, tournesol), les microalgues ne sont pas cultivées sur des surfaces agricoles destinées à la consommation alimentaire.

Malgré leur enthousiasme, les chercheurs ont identifié plusieurs obstacles au développement de la culture des microalgues à grande échelle :

- les surfaces : « La France, par exemple, a un vrai problème d’espaces de culture. Il n’est pas possible de faire pousser des microalgues dans des marais protégés… Et la culture en haute mer entraînerait une dépense en énergie encore trop importante » estime Jean-Paul Cadoret.

- le coût : avec les techniques de transformation actuelles (centrifugation et séchage), un litre de biodiesel fabriqué à partir de microalgues coûterait 10 euros. A terme, le prix du carburant « algal » dépendra du mode de culture choisi (aquarium fermé ou bassin en plein air) et surtout de la possibilité de valoriser la biomasse marine sous d’autres formes, une fois l’huile extraite.

- l’impact écologique : difficile pour les scientifiques d’anticiper les effets potentiels sur les écosystèmes de la culture de microalgues sur des milliers d’hectares : « C’est la grande inconnue » assure Jean-Paul Cadoret. « Mais la recherche va bénéficier de l’expérience de pays qui se lancent sans états d’âme comme la Chine ou les Etats-Unis, et les ajustements se feront sur le tas ».

Les avis divergent sur une éventuelle date de commercialisation. Nadia Boukhetaia, consultante pour la société de conseil en biotechnologies Alcimed, prévoit une mise en place des premiers pilotes industriels d'ici 3 à 5 ans. De leur côté, les scientifiques tablent sur une production à grande échelle d’ici une dizaine d’années. « La surprise pourrait bien venir du montant des investissements » espère Jean-Paul Cadoret. « Regardez l’Ecosse. Ils viennent de mettre sur la table 5 millions de livres pour la recherche sur les microalgues... »

 Produire des biocarburants au détriment des écosystèmes : pour ou contre ?

En Asie du Sud Est, la forêt tropicale disparaît au profit du palmier à huile : cet arbre, qui sert pour la production du biocarburant, a été planté sur 13 millions d’hectares de terres jusqu’alors recouverts par la forêt primaire. Le but des gouvernements indonésien et malais est ambitieux : produire du biocarburant tout en conservant de la végétation pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais cette forme de "reforestation" a des conséquences sur la biodiversité : selon une étude parue dans la prestigieuse revue Conservation Biology, parmi les espèces animales des forêts tropicales, seule une sur six survivrait dans les plantations de palmier à huile. A mesure que ces plantations gagnent du terrain, l’habitat naturel d’espèces comme les orang-outangs et les gorilles de Sumatra, en Indonésie, se réduit.

 

Source : http://www.geo.fr

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