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 LE PRUNIER

23/9/2009

LE PRUNIER

Importance et aire de culture

La superficie occupée par la culture du prunier (Prunus domestica) s'élève actuellement à 69000 ha pour une production de 50000 T. Les régions de Chefchaouen (1450 ha), Khémisset (1200 ha), puis Meknès (900 ha) viennent en tête des zones de production. La région de Tétouan compte quelques 200 ha. C'est un secteur qui accuse une régression notable, particulièrement pour la prune de séchage Stanley.

Exigences agro-écologiques

Le prunier est une espèce qui tolère les températures froides hivernales autant que les pommes et les poires et nécessite de 800 à 1100 heures de température froide en dessous de 7,2°C. En cas d'insuffisance en froid, la floraison et la feuillaison sont étalées. Les variétés européennes sont légèrement plus exigeantes en froid que les variétés japonaises (700 à 1000 heures de froid). Le prunier craint les gelées printanières à cause de sa floraison précoce. Il préfère les printemps chauds et secs. Les fortes hygrométries sont favorables au développement du Monilia sur fleurs et fruits, Coryneum, Rouille. Il préfère des sols bien drainés, profonds, argilo-limoneux. Les pruniers européens se comportent mieux sur des sols argileux alors que les pruniers japonais s'accommodent sur des sols légers.

Les variétés

La grande majorité des prunes cultivées au Maroc sont de type japonais (Golden Japan, Formosa, Santa Rosa, Methley, Red Beauty). Elles sont aqueuses et supportent mal les manipulations et le transport. Une prune a double fin, fruit frais et séchage, la Stanley a été développée surtout dans la région de Khémisset et de Meknès. Des variétés de prunes locales comme Zerhouni, Fassi, Meless, Zuitni ont été implantée dans les ceintures urbaines et en zones Riffaines. Des variétés tardives pouvant supporter de longues périodes de conservation ont été récemment introduites au Maroc (Royal Diamond, Black Diamond). Les pruniers japonais fleurissent en Février-Mars et sont récoltés en Juin-Juillet. Stanley fleurit vers Mars-Avril et est récoltée en Août-Septembre. Les porte-greffe du prunier sont essentiellement le franc (Prunus domestica), le prunier GF 43, les prunier myrobolans (Prunus cerasifera), le prunier Mariana GF 81, les prunier Damas et St Julien et le pêcher x amandier GF 677.

Les techniques culturales

Les techniques culturales ressemblent à celles de l'abricotier, sauf pour la fertilisation: on préconise les apports suivants: Fumier = 10 T/ha, N= 100 U/ha dont 2/3 avant floraison et 1/3 après la récolte, P205= 80-100 U/ha à l'automne, et K20= 180-200 U/ha à l'automne. La taille de fructification doit être opérée en fonction de l'alternance. L'hiver qui suit une forte production, le nombre de bourgeons floraux est faible et constitué surtout de bouquets de Mai. Il faut pratiquer une taille sévère sur les rameaux mixtes (réduction du nombre de bourgeons à bois et rétablissement de l'équilibre bourgeons floraux-bourgeons à bois). L'hiver qui suit une production très faible, le nombre de bourgeons floraux sera très élevé. On supprimera un certain nombre de bouquets de Mai sans toucher aux rameaux mixtes.

Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire

Chez le prunier, il existe de nombreuses maladies dues soit à des bactéries (Pseudomonas syringae et P. morsprunorum, criblure de feuilles, galle du collet ou crown gall), soit à des cryptogames (moniliose, rouille, coryneum, tavelure, oïdium, cloque). Les ravageurs animaux présentent aussi un réel danger s'ils ne sont pas contrôlés. On peut citer le carpocapse, les acariens, les cochenilles, pucerons, tordeuse, cératite, capnode, zeuzère et cossus.

Récolte et conservation

Comme pour l'abricot ou la pêche, le fruit est fragile et son époque de cueillette reste un compromis entre les exigences de la qualité et les contraintes de manipulation et de transport. Les prunes japonaises sont très aqueuses et doivent être commercialisées rapidement. La Stanley et la Blue Diamond conservées entre 4 et 6°C et 85% d'hygrométrie, peuvent être vendables dans les dix jours après leur sortie de la chambre froide.

Prof. Walali Loudyi Dou El macane, Prof. Skiredj Ahmed
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat

 

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