Pomme de terre (Solanum tuberosum) » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Pomme de terre (Solanum tuberosum)

21/9/2009

Pomme de terre

 

POMME DE TERRE (Parmentière). — (Solanum tuberosum). — Famille des Solanées. Noms provençaux : Tartifle trufo. Originaire de l'Amérique méridionale. Introduite en France vers 1560.

Ce légume si utile pour l'alimentation, vient à peu près dans tous les terrains et prospère sous tous les climats excepté cependant sous ceux qui sont trop chauds. Une terre substantielle et saine lui convient de préférence. Pour avoir une récolte satisfaisante, il est nécessaire de préparer le terrain d'avance, de le fumer avant l'hiver et d'employer, surtout pour les terres maigres et argileuses, du fumier bien consommé.

On plante les tubercules à raison de 1.400 à 2.000 ce qui correspond à une mesure de 20 à 30 hectolitre à l'hectare.

On peut renouveler la culture tous les 2 ans sur le même terrain.

Culture de printemps.
    Plantation des tubercules — On plante les variétés hâtives et demi-hâtives vers le 20 février, mais de préférence en mars et avril. Les variétés tardives se plantent d'avril en mai. Les gros tubercules se coupent en deux dans le sens de la longueur, de façon à conserver au moins un germe à chaque partie, les petits se plantent plutôt entiers. On plante chaque tubercule ou partie de tubercule le germe en haut, à 40 cent. les uns des autres à 10 cent. de profondeur pour les terres argileuses et à 20 cent. pour les terres légères. On espace les rangs, de 65 à 70 cent. de distance pour faciliter le buttage. Lorsque les plants ont une hauteur de 10 à 15 cent on donne un premier binage, en choisissant un temps sec non prédisposé à la gelée, et en ayant soin de ne pas couper les tiges sous terre ; une quinzaine après on bine une deuxième fois et un peu plus tard, une troisième fois ; on butte quelques jours après, avant que les racines aient atteint un. trop grand développement, opération essentielle pour prévenir les maladies et rendre les racines plus fortes.

Observations sur la culture. — La plantation des petits tubercules entiers donne des résultats satisfaisants ; mais elle convient surtout pour la petite culture.

Dans la grande culture, les gros tubercules que l'on coupe en deux dans le sens de la longueur avant de les planter, donnent ordinairement un plus fort rendement que les petits tubercules plantés entiers.

Avant de planter on peut laisser reposer les tubercules coupés pendant 24 heures avant de les mettre en terre, afin d'éviter la pourriture. Les tiges commencent à sortir 15 à 25 jours après la plantation. On peut hâter en faisant germer avant la plantation sur clayettes.

Dans les terres bien préparées par un labour de 35 à 40 cent. et fumées d'avance, 250 kilos de tubercules peuvent produire 1800 à 2000 kilos en moyenne à l'hectare. L'hectolitre pèse environ 65 kilos.

Dans la grande culture, deux ou trois labours sont nécessaires avant la plantation ; on fume le terrain en donnant le premier labour. La pomme de terre demande surtout des engrais contenant de la potasse, de l'azote et du phosphate. C'est une des plantes qui profite le mieux des engrais qu'elle reçoit.

On peut parfaitement obtenir une récolte de pommes de terre en les plantant entre les vignes.

Les fumiers de ferme, d'écurie, de basse-cour lui conviennent très bien.

Lorsque le fumier est insuffisant ou bien lorsqu'on veut augmenter le rendement; on peut employer les engrais chimiques. Voici approximativement, pour terre légère, la formule à l'hectare:
    25 000 kilos fumier de ferme.
         400  —   superphosphate de chaux.
         200  —   chlorure de potassium.
         150  —   nitrate de soude.

Ce dernier engrais se répand, moitié avant la plantation et moitié après la floraison.

Ou bien, pour terre forte, à l'hectare :
    25 000 kilos fumier de ferme.
         300  —   superphosphate de chaux.
         100  —   sulfate de potasse.
         200  —   nitrate de soude.

On reconnaît la maturité de la pomme de terre lorsque les tiges et les feuilles sont sèches. La récolte se fait par un temps sec ; dans le Midi, de juillet en août et même jusqu'en septembre suivant les variétés ; mais il est de toute prudence de ne pas la retarder afin de n'être pas surpris par la saison des pluies.

On arrache avec la pioche à dents eu frappant en avant de la plante, en glissant l'outil assez profond sous la touffe pour ne pas couper les tubercules.

Au fur et à mesure de l'arrachage on laisse exposer, quelques heures à l'air par un temps sec, plutôt venté.

Lorsque l'on veut consommer des pommes de terre assez tôt, on peut ne pas attendre la dessiccation des plantes, il faut alors choisir les plus belles touffes quelque temps après leur floraison, mais ne procéder de cette façon que pour un usage personnel de petite consommation, les tubercules pouvant doubler de volume dans l'espace d'une quinzaine. On peut aussi fouiller les plantes et ne retirer que les plus gros tubercules pour laisser grossir les autres.

La récolte faite, les pommes de terre sont emmagasinées, bien étendues dans les celliers ou dans des greniers, à l'abri de la gelée, de l'humidité et du contact de l'air sans trop d'obscurité cependant, ceci afin de mieux assurer leur conservation.

S'il y a lieu, pour chasser l'humidité plus sûrement on les saupoudre légèrement avec de la chaux en poudre. On doit éviter, autant que possible, de consommer les pommes de terre germées ou devenues verdâtres en vieillissant ; elles peuvent provoquer de fortes indispositions.

La pomme de terre est sujette aux maladies, telles que la gale, la pourriture, la gangrène, la brunissure et le phytophtora infestans ; cette dernière maladie est assez semblable au mildiou qui attaque les vignes et les tomates : on la reconnaît aux tâches brunes ou noires qui s'étendent sur les feuilles et les tiges et on combat par les mêmes procédés, en employant les bouillies cupriques bordelaises ou bourguignonnes (2 kilos pour 100 litres d'eau), ou les Verdets (1 kilo pour l00 litres d'eau). Le traitement se fait avant la floraison.

En général, pour éviter à la plante l'atteinte de toutes les maladies, il faut avoir soin de ne planter que des tubercules parfaitement sains, de choisir autant que possible les variétés appropriées à la nature du terrain et au besoin les sulfater avec les bouillies bordelaises, le sulfate de cuivre ou le soufre cuprique 20 à 25 jours environ avant d'entreprendre la plantation. On les lave ensuite à l'eau pure, avant de les mettre en terre.

Lorsque le terrain a été Infecté par la maladie du phytophtora, il est prudent de l'assainir et d'éviter, avant l'espace de deux ans au moins, d'y faire de nouvelles plantations. (Voir pour les maladies et ennemis au chapitre spécial).

Les pommes de terre potagères comprennent un grand nombre de variétés. Voici celles qui sont le plus en usage dans le Midi :

Variétés hâtives: Pomme de terre Marjolin .jaune longue. — Pomme de terre Victor(recommandé) la plus hâtive. — Pomme de terre Belle de Fontenay. — Pomme de terre Belle de Juillet. — Pomme de terre Royal Kidney. — Pomme de terre Early-rose, à chair légère, hâtive et productive, très cultivée. — Pomme de terre abondance de Montvilliers, précocité moyenne. — Pomme de terre Prince de Galles.

Les pommes de terre hâtives plantées avant l'hiver, c'est-à-dire en août-septembre, se récoltent 3 mois après, à condition qu'elles soient essentiellement à l'abri du froid et dans une terre sèche et chaude, autant que possible.

Dans la culture forcée, on plante spécialement de décembre en janvier sur couches et sous châssis.

Les variétés demi-hâtives et tardives se plantent en pleine terre, à partir du 20 février ou en mars. Elles comprennent :

Pomme de terre Hollandaise, à chair jaune et ferme, de bonne conserve. — Pomme de terre Early-rose, très cultivée. — Pomme de terre Marseillaise, à chair blanche, légère. — Pomme de terre jaune ronde d'Orléans. — Pomme de terre jaune de Pertuis. — Pomme de terre Saucisse rouge. — Pomme de terre Flocon de neige. — Pomme de terre Vittelotte. —Pomme de terre Magnum Bonum. — Pomme de terre Fin de siècle. — Pomme de terre Princesse, etc.

Les variétés de grande culture, fourragères et industrielles, sont aussi en grand nombre. Citons :

Pomme de terre Institut de Beauvais, à chair blanche, très cultivée. — Pomme de terre Magnum Bonum, productive et alimentaire. — Pomme de terre Richter Imperator, féculente. — Pomme de terre Géante bleue, pour la distillerie. — Pomme de terre la Czarine, grosse productive. — Pomme de terre la Vosgienne, servant aussi pour la grosse alimentation. — Pomme de terre Chardon. — Pomme de terre Pluck ou Géante de St-Malo. — Pomme de terre Géante Reading, etc.

Semis. — On sème les graines de pommes de terre depuis mars jusqu'en mai, dans une terre sablonneuse et défoncée.

Cette culture demande du fumier bien consommé. On recouvre les graines de 2 cent. de bonne terre que l'on tasse et que l'on tient légèrement humide. On bine, lorsque la plante atteint 10 cent. de haut. On chausse et on éclaircit, afin que la plante puisse mieux se développer.

C'est par le semis que l'on peut parfois obtenir des variétés nouvelles, mais il faut au moins quatre années pour avoir un résultat satisfaisant.

En France, la culture de pommes de terre est très développée dans la Bretagne, l'Auvergne, la Lorraine, le Gâtinais, la Beauce, le Morvan, les bords de la Durance, etc.

 

Source : http://environnement.ecoles.free.fr

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