Les rouilles : Symptômes et incidence des conditions du milieu » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Les rouilles : Symptômes et incidence des conditions du milieu

13/9/2009

Les rouilles : Symptômes et incidence des conditions du milieu

1° Symptômes

- Sur plantes florales, arbustes et feuillus
Les symptômes les plus spectaculaires sont ceux de la 3ème phase de développement d’une rouille : sporée rousse, brun orangé ou plus ou moins foncé, poudreuse.

Les symptômes de la 4ème phase peuvent être poudreux et généralement d’un ton plus foncé que les urédospores. Chez de nombreuses rouilles, ils sont recouverts par la cuticule et non déhiscents.

Les symptômes de la 2ème phase sont de morphologies diverses, certaines limitées par une membrane blanche qui finit toujours par se déchirer et libérer une abondante masse de spores jaune orangé.

- Dégâts

L’incidence d’une rouille est variable selon le couple espèce végétale - espèce de champignon.

Elle peut se manifester par un effet essentiellement inesthétique (rouille du millepertuis), une diminution de la vitalité plus ou moins associée à un jaunissement suivi d’une chute du feuillage (rouille de l’œillet des poètes, rouille du Fuchsia, rouille du rosier), un dessèchement du feuillage (rouille du glaïeul). Sur d’autres cultures, les céréales par exemple la rouille noire a entraîné des pertes d’une importance telle, que ceci a justifié la création et l’utilisation obligatoire de variétés résistantes à cette maladie.

 Attention faux-ami

La rouille blanche des crucifères est due à un champignon voisin des espèces responsables des mildious (et qui n’est pas sensible aux molécules utilisées pour lutter contre les rouilles).

-Sur résineux

Les rouilles des résineux sont toutes des rouilles hétéroxènes (2 hôtes). Ce sont des maladies d’espèces forestières ou d’espaces naturels, dont certaines ou leurs formes horticoles sont plantées dans les jardins.

Rouille courbeuse des rameaux de pin à 2 feuilles (hôte primaire)

Courbure en S des rameaux, présentant sur la courbure de grandes lésions corticales libérant des spores jaunes (2ème phase) (hôte secondaire : peuplier).

Rouille vésiculeuse des écorces de pins à 2 feuilles et des pins à 5 feuilles (hôte primaire)

Boursouflure chancreuse de l’écorce des branches et du tronc, présentant de grosses vésicules blanches libérant des spores jaunes (2ème phase).

Hôte secondaires pour rouilles des pins à 2 feuilles : pivoine, dompte-venin.

Hôte secondaire pour rouille des pins à 5 feuilles : le groseillier

-Sur genévrier (hôte secondaire de la rouille du poirier et du genévrier) Déformations fusiformes des rameaux laissant apparaître des cornicules oranges (4ème phase) (quand desséchés sortes de gros poils raides)

2° incidence des conditions du milieu

Les rouilles sont des maladies bien adaptées aux climats tempérés. Elles nécessitent en général des températures douces et une hygrométrie élevée. Les températures optimales de germination des spores se situent en effet entre 11°C et 23°C. Celle-ci s’effectue dans un film d’eau ou dans une atmosphère proche de la saturation.

Exception : la rouille du Mahonia évolue entre 0°C et 20°C avec un optimum à 8°C. Cette rouille débute tôt au printemps et termine son cycle au cours de l’automne et de l’hiver suivant.

Les rouilles : Stratégie de lutte

Le risque encouru par le développement d’une rouille est diversement apprécié selon l’espèce attaquée, la période de l’année, l’emplacement de la plante au jardin (arbre ou arbuste isolé, culture sous-abri, gazon...).

Éliminer les sources de maladie

- Ramasser ou enfouir les feuilles tombées (support de la forme hivernante)

- Éviter la proximité des hôtes alternants

- Désherber (certaines mauvaises herbes sont des hôtes alternants)

- Gazon : tontes courtes à intervalles rapprochés en stimulant la croissance par apport d’engrais et arrosages si nécessaire.

Lutte chimique

Quand elle est jugée indispensable ou seulement nécessaire, la lutte chimique doit être préventive et mise en œuvre dès l’apparition des premières pustules ou mieux auparavant si la maladie a été observée dans un environnement proche des plantes concernées.

Les traitements seront à poursuivre pendant toute la durée de la période à risque, en tenant compte de la durée d’efficacité des molécules utilisées. Les molécules présentes actuellement sur le marché sont :

- le mancozébe

- le myclobutanyl

- le fenbuconazo

 - le propiconazole.

Conférence de Maryvonne Decharme

 

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