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 Le blé (Canada)

4/9/2009

Le blé (Canada)

 

Le blé est le nom commun des membres du genre Triticum de la famille des GRAMINÉES et des grains des CÉRÉALES produits par celles-ci. Le blé est la céréale la plus importante du monde : avec le riz et le maïs, il représente environ 73 p. 100 de la production céréalière mondiale. Le Canada est le sixième producteur en importance et un des plus grands exportateurs de blé au monde; sa production annuelle atteint en moyenne plus de 25 millions de tonnes et il exporte environ 19 millions de tonnes. Les formes cultivées sont d'abord le résultat de croisements naturels d'espèces sauvages, par la suite domestiqués et sélectionnés par les humains. Le blé, domestiqué en Asie du Sud-Ouest il y a plusieurs milliers d'années, se répand en Asie, en Afrique et en Europe. Il est introduit au Nouveau Monde à la fin du XVe siècle et au XVIe siècle. Les espèces (c'est-à-dire les variétés) modernes cultivées les plus importantes sont le blé tendre et le blé dur, qu'on appelle d'habitude les variétés T. aestivum et T. turgidum var. durum respectivement.

 

Historique

 

Au Canada, le blé est probablement d'abord cultivé à PORT-ROYAL vers 1605 et les premières exportations ont lieu en 1654. Bien que des employés de certains postes de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON font des expériences avec le blé et que les colons de la COLONIE DE LA RIVIÈRE ROUGE remportent quelques succès en 1815, les premières années de la culture de blé dans l'Ouest canadien sont précaires. On fait l'essai de nombreuses variétés européennes, dont les blés d'hiver, qui ne survivent pas aux hivers rigoureux canadiens, et les blés de printemps, qui mûrissent trop tard pour la courte saison de végétation.

La variété Red Fife, mise au point en Ontario, se répand en raison de son bon rendement et de ses excellentes qualités meunières et boulangères. Vers 1870, elle est déjà très répandue dans les Prairies, mais elle gèle les années de gel hâtif. Des recherches ultérieures ont révélé que le Red Fife est en réalité une variété originaire de Galicie en Europe centrale.

William SAUNDERS, le premier directeur des fermes expérimentales fédérales, s'intéresse à la sélection des plantes. En 1903, son fils, sir Charles SAUNDERS, reprend les travaux sur la sélection du blé et développe la variété marquis (voir BLÉ MARQUIS) à partir d'un croisement effectué quelques années auparavant, entre le Hard Red Calcutta et le Red Fife. La parcelle de blé marquis augmente légèrement en 1904 (12 plantes), mais il faut plusieurs années pour se rendre compte avec certitude qu'il mûrit plus tôt que le Red Fife, qu'il donne un excellent rendement et qu'il possède de très grandes qualités meunières et boulangères. Sa distribution commence au printemps 1909, et il devient vite en vogue dans tout le Canada. À cette époque, la production de blé dans l'Ouest augmente rapidement : 2 millions de tonnes en 1904; 3,7 millions de tonnes en 1906; 7,7 millions de tonnes en 1913. Le Red Fife et le Marquis rendent le Canada célèbre pour son blé de force roux de printemps, de haute qualité. Plus tard, le marquis devient la norme de qualité réglementaire pour cette catégorie de blé, et ce, jusqu'en 1987.

Protection

 

La rouille de la tige (Puccinia graminis tritici) est une maladie fongique (voir CHAMPIGNON) propagée par des spores que le vent peut transporter à des milliers de kilomètres. Au Canada, les épidémies de 1916, de 1927 et de 1935 causent des pertes d'environ 3,6; 3,3 et 3,2 millions de tonnes de grains respectivement. En 1925, on fonde à Winnipeg le laboratoire fédéral de recherche sur les rouilles pour faire des recherches sur la rouille de la tige et créer des variétés résistantes. La première variété à être mise au point, la variété Renown, est distribuée en 1936; elle est suivie de plusieurs autres variétés importantes (p. ex. Selkirk, Manitou et Neepawa). Cependant, la variété Thatcher, créée au Minnesota et autorisée au Canada en 1935, prédomine durant de nombreuses années. Une nouvelle souche physiologique de rouille de la tige (15B) se propage de façon épidémique de 1953 à 1955, causant des pertes d'au moins 8 millions de tonnes de grains. Depuis lors, la rouille de la tige a causé peu de pertes, contrairement à la rouille des feuilles (P. recondita) dont la virulence s'accroît rapidement. On trouve maintenant des variétés résistant à ces deux sortes de rouilles.

En Alberta et dans l'Ouest de la Saskatchewan, ce n'est pas tant la rouille qui pose problème, mais la sécheresse et le cèphe du blé (Cephus cinctus). Le cèphe, qui sévit surtout dans la région qui va de Swift Current, en Saskatchewan, à Lethbridge, en Alberta, coupe les tiges de sorte que les épis tombent sur le sol et ne peuvent être récoltés. Mais on met au point des variétés résistantes à tiges pleines, telles que le Rescue (autorisé en 1946). Depuis, les STATIONS DE RECHERCHE EN AGRICULTURE de la région ont développé un grand nombre de variétés résistantes de meilleur rendement et de meilleure qualité. Elles se sont aussi efforcées de développer des variétés résistantes à la sécheresse.

Production

 

La culture du blé est la culture arable la plus importante du Canada (plus de 11 millions d'hectares). Une seule catégorie de blé dur est semée, le blé ambré dur (de printemps); cependant, il existe plusieurs catégories de blé tendre, en fonction de la dureté et de la couleur des semences, et de la période des semis (automne ou printemps). Environ 5,3 p. 100 des 229 000 fermes canadiennes sont classées comme exploitations de blé. Le blé contribue pour environ 2,5 milliards de dollars (1 p. 100) au produit intérieur brut du Canada. Le blé tendre blanc d'hiver est cultivé sur une superficie d'environ 713 000 ha, principalement en Ontario. On en produit chaque année plus de 3,4 t, dont on exporte à peu près 60 p. 100. Sa teneur en protéines est habituellement de 9 à 10 p. 100, et c'est cette catégorie qu'on utilise pour les gâteaux, la farine à pâtisserie et les céréales du petit déjeuner. Sa farine, mélangée avec celle de blé dur, donne une farine tout usage.

La Saskatchewan produit environ 60 p. 100 du blé canadien. La production des PRAIRIES est d'environ le triple de la consommation intérieure; l'industrie est donc fortement exportatrice. Le blé tendre est cultivé sur une superficie d'environ 22 millions d'hectares, alors que le blé dur l'est sur environ 1,6 millions d'hectares. La teneur en protéines du blé des Prairies est habituellement de 12 à 15 p. 100. Le blé dur donne la semoule, utilisée dans la préparation des pâtes alimentaires, et le blé de force roux de printemps sert à la fabrication du pain. Le blé contient de la protéine du gluten, qui forme les minuscules cellules de gaz qui retiennent le gaz carbonique durant la fermentation, ce qui permet à la pâte de lever et de donner un pain léger. Les importateurs de blé canadien mélangent souvent celui-ci à des blés plus faibles avant de l'utiliser pour la boulangerie. Voilà pourquoi on s'efforce tant de préserver la force et les qualités de mélange du blé canadien. À cette fin, on contrôle la croissance des variétés et on applique un système de classement détaillé. Voir aussi INSPECTION ET CLASSEMENT DES PRODUITS AGRO-ALIMENTAIRES.

Auteur A.B. CAMPBELL

 

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