Algérie : agriculture et sécurité alimentaire. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Algérie : agriculture et sécurité alimentaire.

2/9/2009

champ de bléLes journaux « horizons » et « l’expression » se sont penchés sur les problèmes de l’agriculture et de la sécurité alimentaire du pays :

« Un besoin de 40 milliards de dollars pour le développement de l’agriculture ».

Conférence animée par le Pr Khalfi Ali, de l’université d’Alger, en présence du SG du FLN, Abdelaziz Belkhadem, et Rachid Benaïssa, ministre de l’Agriculture et du Développement rural.
Un tableau peu reluisant relatif aux réalisations du secteur de l’agriculture depuis l’indépendance, a été dressé par le professeur Khalfi, spécialiste dans le domaine. D’emblée, le conférencier, qui retrace les différentes politiques suivies jusqu’ici en termes de développement du secteur, constate que l’«ensemble de ces politiques n’ont pas réalisé leurs objectifs escomptés». Il cite pour expliquer son constat l’absence actuelle de la sécurité alimentaire au pays, manque de stratégie «à long terme» et, d’une manière générale, dit-il, absence de géographie économique.
A cela s’ajoute, poursuit le professeur, le manque d’espaces agricoles et la non exploitation «rationnelle» des espaces existants. Pour lui, la wilaya d’Alger, «compte tenu des constructions anarchiques», perd chaque année environ 2 hectares. «L’augmentation de la population en Algérie n’est pas accompagnée d’augmentation de production, ce qui laisse croire que la problématique de la sécurité alimentaire se posera avec acuité chez-nous dans les années à venir», estime-t-il. Dans le même chapitre de production, il fera observer qu’à l’exception de quelques produits, la production locale n’a pas atteint l’autosatisfaction, citant, à titre d’exemple, les produits du blé et du riz, importés en grandes quantités chaque année.
«Il est nécessaire de prendre pour références les expériences des autres pays ayant connu les mêmes problèmes que nous. Des pays asiatiques ont encouragé, par exemple, la production du riz et empêché son importation», indique l’orateur ajoutant que «la production de blé en Algérie reste instable d’où le recours à son importation des petits pays telle la Syrie».
En ce sens, il fera savoir que parmi les 7,5 milliards de dollars déboursés chaque année pour l’importation des produits agricoles, 3,5 milliards de dollars sont réservés à l’importation du seul produit du blé. Et de dire : «Nous devons mieux comprendre notre réalité pour démarrer sur de bonnes bases». En somme, pour les besoins d’une politique adéquate et un développement durable de l’agriculture, ce spécialiste indique que cela nécessite un investissement de 40 milliards de dollars. Il cite dans la foulée l’expérience des pays de l’Europe de l’Est ayant investi 16 milliards dans l’agriculture et «les fruits sont bien là». Intervenant au débat de cette rencontre, le SG du FLN indique que la priorité doit être donnée à la «gestion» pour mettre l’agriculture sur les rails. Contrairement à l’exposé
noir» du professeur, M. Belkhadem estime que la situation du secteur n’est pas aussi dramatique, soulignant que la production locale de blé est évaluée, cette année, à 52 millions quintaux et que le même produit pourrait atteindre, ajoute-t-il, 60 millions. «On doit valoriser ce qui a été réalisé et réviser ce qui est à réviser».
Au sujet de la dépendance alimentaire, M.
Belkhadem, qui insiste sur la promotion de la production agricole locale, indique que celle-ci permettra de réduire la facture de l’importation. Pour sa part, le ministre de l’Agriculture a soutenu que la sécurité alimentaire fait appel nécessairement à une prise de conscience «collective» et «objective». Parlant de son secteur, il dira qu’il est en plein essor et enregistre des taux de croissance constants : 2,5% en 1980, 6% en 2006 et 8,3% en 2008. Cependant, le ministre indique que le développement de l’agriculture est tributaire du développement rural. 

02-09-2009

Source : http://www.horizons-dz.com/economie/1420.html

 

SELON LE PROFESSEUR KHALFI, EXPERT : «Nos terres peuvent nourrir 100 millions de personnes»
02 Septembre 2009

Au siège du FLN, des spécialistes se sont penchés sur la problématique de l’agriculture. Compte rendu.

Prenant la parole lors de la conférence portant sur la problématique de l’agriculture, thème choisi et débattu avant-hier par le FLN, le professeur Khalfi a affirmé que «toutes les politiques agricoles expérimentées jusque-là ont échoué. Pire, elles n’ont pas atteint les objectifs assignés. La situation est aujourd’hui catastrophique», dira-t-il d’emblée. Selon lui, l’Algérie «peine» à atteindre l’autosuffisance alimentaire malgré les énormes potentialités qu’elle recèle qui, selon lui, «peuvent nourrir 100 millions de personnes». Se basant sur des études prospectives, le conférencier mettra à nu «l’absence d’une géographie agricole», le manque de surface agricole, l’absence d’une politique d’irrigation (seuls 2,2 millions d’hectares sont irrigués) et le morcellement des terres. «Où se trouve la faille?» ne cesse-t-il de répéter. A titre d’exemple, il citera le blé comme étant un produit stratégique pour le pays: «Est-ce que l’Algérie a réussi à mettre toutes les conditions afin de promouvoir la récolte du blé qui est devenu aujourd’hui une arme pour certains pays développés?» La facture alimentaire ne cesse de grimper. «Chaque année l’Algérie dépense 7,25 milliards de dollars dont 3,9 milliards de dollars pour les céréales», avance-t-il. Toutes les études montrent que pour les deux décennies à venir, l’Algérie devrait mobiliser 40 milliards de dollars d’investissements dans l’agriculture. Le secrétaire général du FLN prendra ensuite la parole pour répondre au conférencier. Il dira que l’objectif de la commission nationale chargée de préparer le 9e congrès est de travailler sur une plate-forme qui elle-même sera discutée et enrichie par les militants pour qu’elle soit finalement présentée devant les congressistes: «Nous ne nions pas que tout ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui a été réalisé sous la bannière du FLN. Maintenant, il s’agit de sauvegarder ce qui est nécessaire et dire ce qui sera réformé. Si nous devons revoir notre approche il ne faut pas non plus oublier nos erreurs. Est-ce qu’on doit privilégier l’industrie au détriment de l’agriculture ou vice versa ou les deux à la fois. Il y a aussi le problème de l’eau. Doit-on aller ou non vers une agriculture saharienne et utiliser l’eau de l’albien pour irriguer 300.000 ha pour les céréales?» Sur la même longueur d’onde, le Dr Rachid Benaissa, ministre de l’Agriculture, a soulevé les mêmes questionnements et exprimé les mêmes inquiétudes. Pour cela, il a trouvé une nouvelle formule: «Le réveil collectif objectif», pour dire toute son inquiétude quant au danger qui guette le pays en matière de sécurité alimentaire: «Le problème de l’eau est aujourd’hui devenu une réalité. Il faut savoir où on va et quoi faire. Nos besoins en eau seront de l’ordre de 19 à 20 milliards de m3 en 2025. Le débat reste ouvert. Il existe un cloisonnement terrible. L’industrie ou l’agriculture. Comment s’en sortir? Si le problème du foncier est résolu il reste à résoudre celui de l’eau et des terres.» Le professeur Bedrani, un des éminents experts algériens, dira, quant à lui, que si des progrès ont été réalisés ils restent cependant insuffisants: «Notre agriculture est un tout. Elle doit aller de pair avec l’industrie et la recherche scientifique.
On a exposé le problème de l’eau. L’Algérie produit bien de l’eau de mer pour 1 dollar le m3. Nous avons construit sur les périmètres de la Mitidja et de Bab Ezzouar et nous voulons aller aujourd’hui vers les Hauts-Plateaux qui demandent beaucoup d’argent.
» Pour le professeur Mourad Boukella, le problème de l’Algérie réside dans l’absence d’accumulation du savoir: «Ce qui nous manque le plus c’est cette capacité à accumuler les connaissances acquises depuis plus de 30 ans. Il y a aussi cette absence manifeste d’une articulation entre l’agriculture et l’industrie. En 1992, il y a eu une immense consultation autour du secteur. Tous les problèmes ont été sériés. En 1995, lors de la journée sur le foncier agricole, des recommandations ont été faites. Depuis, rien! La relève sur la réflexion sur l’agriculture n’est pas assurée. Nous avons perdu notre dignité parce qu’on ne produit pas notre aliment de base.» Le dernier expert à intervenir, le professeur Zoubeïri, a indiqué que sur les 7 pays industrialisés, 5 ont réussi leur développement grâce à l’agriculture. Le président de l’Union nationale des paysans (Unpa), Alioui, lance un appel au ministre pour qu’à l’avenir «les fellahs soient consultés» à chaque fois que la tutelle décide de se lancer dans une nouvelle politique: «Les fellahs sont prêts à reprendre le travail de la terre pourvu qu’on les associe à chaque occasion.» Le dernier intervenant fut l’ancien ministre de l’Agriculture Boulahouadjeb qui dira qu’en 2009 la surface utilisée n’excède pas les 2,2 millions d’hectares pour 35 millions d’Algériens: «L’Algérie est le dernier pays qui finance l’agriculture. Elle consacre 8,5% de son budget total pour ce secteur.»

Hocine ADRYEN

Source : http://lexpressiondz.com/

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