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 Le haricot filet

8/8/2009

haricot filet

Le haricot filet

Plante et importance de la culture au Maroc

Le haricot filet (Phaseolus vulgaris) est une plante annuelle, originaire de l'Amérique du Sud et appartenant à la famille botanique des légumineuse ou papillionacées. La partie consommée est le fruit (gousse) au stade non encore mûr. Le légume est riche en protéines, vitamine A et C et en sels minéraux Ca, Mg, P et K. Au Maroc, la culture est pratiquée dans le Gharb, Loukkos, Tadla et un peu partout dans le pays. C'est une bonne culture de diversification, permettant l'amélioration de la fertilité du sol et la valorisation des intrants.
Préférences pédo-climatiques

La plante est de saison chaude; l'optimum de croissance est de 17-25°C. L'optimum de fructification (nouaison) se situe vers 25°C. Les exigences en sol sont faibles, mais les sols légers et bien drainant sont toujours préférés par la culture. La plante présente une forte sensibilité à la salinité, une faible tolérance à l'excès de Bore mais une forte tolérance à une carence en Mg. La culture répond bien à un apport de Mn, Zn et de Mo. Le pH optimal du sol est de 5,5-6,8.

Variétés, travail du sol et semis

Les principales variétés utilisées au Maroc sont ou bien des variétés naines (plein champ ou tunnels nantais): Morgane; Belna; Vernandon ou des variétés à rames (adaptées aux serres): Cristal et Diamant. La propagation est sexuée. Le nombre de graines par gramme de semence est de 2 à 8. La pépinière n'est pas utilisée; le semis est toujours direct, en place définitive, en poquets de 2-4 graines (2 graines en sol sableux et 4 graines en sol à croûte de battance). Pour la culture de plein champ, le semis est effectué de Septembre à Mars pour les primeurs; d'Avril à Août pour la saison. Sous tunnels nantais (ou grands tunnels), le semis a lieu de Décembre à Février. La cueillette commence 2 mois après le semis et dure 2 à 4 mois selon les conditions du marché et de la culture (soins et entretien). La dose de semis est de 60 kg/ha en plein champ ou sous tunnels nantais; 20 kg/ha sous grands tunnels. Le sol doit être bien travaillé et nivelé. En plein champ, on confectionne des billons. Sous tunnels nantais, on confectionne des planches surélevées par rapport au sol de 10-20 cm, selon le risque d'asphyxie des racines (il faut favoriser le drainage par le modelé du sol). Sous serre, on sème en lignes (sans billonnage si l'irrigation est par goutte-à-goutte; sinon les billons sont nécessaires). Afin d'exploiter la symbiose Rhizobium-légumineuse, il est recommandé d'enrober les graines par un inoculum adapté (CIAT 57, par exemple), mélangé à la tourbe et à l'eau sucrée. Les laboratoires de microbiologie peuvent fournir l'inoculum approprié. L'inoculation peut aboutir à une économie de 40 kg N/ha/cycle cultural. L'arrangement des plantes sur le terrain est le suivant: en plein champ ou sous tunnel nantais, on laisse 1 m entre planches ou billons (contenant des jumelées) x 10 cm entre poquets de 2 graines (ou 15 cm entre poquets de 3 graines). Sous serre, on adopte l'arrangement de 1 m entre jumelées x 15 cm dans la jumelée x 5 cm entre graines ou 10 cm entre poquets de 2 graines. La densité de plantation est en préférence de 20 pieds/m2 sous serre (si les cueillettes s'échelonnent sur un à deux mois, sinon il est plus intéressant de doubler la densité de peuplement); 40 pieds/m2 en plein champ ou sous tunnels nantais. Pour une récolte destructive, il est préférable d'avoir 60 pieds/m2. Il y a une relation étroite entre la densité de peuplement et le rendement.

Irrigation

Le besoin en eau de la culture est de 400 mm en plein champ (avec le gravitaire); 250-300 mm sous serre (avec le goutte-à-goutte). L'utilisation du goutte-à-goutte commence à se généraliser même en plein champ. Elle est nécessaire sous tunnel nantais pour avoir de bons rendements. La culture ne doit pas subir de stress hydrique en période florale et post florale.

Fertilisation

On conseille d'inoculer les semences avec une souche Rhizobiale adaptée (à demander auprès des laboratoires de microbiologie). Il n'est pas conseillé d'apporter une fumure de fond (pas de fumier car il laisse le sol creux, pas d'engrais de fond car il retarde la germination des graines). On apporte 10-20 kg N/ha + 60-100 kg P2O5 + 200 kg K2O + 20 kg Mg/ha au stade 10 JAL (jours après levée); c'est la fumure starter qui favorise la fixation symbiotique. Il faut faire une pulvérisation d'engrais foliaire à base de Mo+Zn+Mn un à deux jours plus tard. On procède à 2-3 binages avant la floraison (il ne faut pas déranger les plantes à partir de la floraison). Aux stades 60 et 80 JAL, on apporte chaque fois 30 kg N + 30 kg K2O/ha. Si les cueillettes sont encore prolongées, on fait le même apport au stade 100 JAL.

Principaux ennemis de la culture et méthodes de lutte

Il y a toute une gamme d'ennemis de la culture: insectes (pucerons, mouche blanche, mineuse, araignée), nématodes, maladies (graisse, rouille, oïdium et différentes pourritures) et virus. La meilleure lutte est la lutte intégrée, utilisant à la fois des méthodes culturales (rotation, variétés tolérantes ou résistantes, destruction des mauvaises herbes...) et biologiques (prédateurs d'insectes). Parfois la lutte chimique s'impose; il est conseillé de se conformer aux doses prescrites par le fournisseur afin d'éviter l'utilisation abusive des produits phytosanitaires et de sauvegarder l'environnement.

Récolte, manipulation du produit et conditions de transport (ou d'entreposage)

Au moment des cueillettes, il faut faire attention pour ne pas arracher les plante en tirant la gousse; il faut d'abord la couper par l'ongle ou par un sécateur. La meilleure qualité (extra fin: 4-6 mm de diamètre de section de la gousse) demande des passages fréquents (parfois 2 fois/jour de cueillette). Le fin (6-8 mm de diamètre de section de la gousse) se vend à un prix plus faible. Le moyen (9-10 mm de diamètre) n'a pratiquement pas de succès sur le marché. Le rendement moyen national (extra-fin + fin + moyen) est de 7-10 T/ha en plein champ; 20 T/ha sous tunnels nantais et 25-30 T/ha sous serre ou grands tunnels. Le produit est périssable. Il est conseillé de l'acheminer le plus rapidement possible à sa destination. En cas d'exportation, il est recommandé de grouper les cueillettes du jour dans un local aéré, abrité et ombragé. Après triage, calibrage et emballage, le produit doit être transporté soit par avion (extra-fin) soit par camion frigorifique (à 4°C et 95 % HR). A des températures plus basses ou plus élevées ou s'il y a fluctuation de température, le produit subit un brunissement, d'abord sur les extrémités puis partout sur la gousse. Il n'est pas conseillé de transporter le haricot filet dans un même camion que la tomate ou autres produits qui n'ont pas les mêmes exigences de température et d'HR que le haricot vert. Lorsque les conditions de conservation sont très favorables, le haricot vert ne perd de sa qualité qu'après 4 à 5 jours.

Prof. Ahmed Skiredj, Prof. Hassan Elattir
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat
Et Prof. Abdellatif Elfadl
Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Agadir

 

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