Amélioration de la qualité du sol et des terres » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Amélioration de la qualité du sol et des terres

21/7/2009

Amélioration de la qualité du sol et des terres

RÉSUMÉ

Dix neuf cas ont été sélectionnés pour illustrer les types d'innovations techniques conduisant à une amélioration de la production alimentaire dans le cadre de l'ADRD.

Bénin: «Macuna» (Veltvetbean) comme culture de couverture

Cet exemple concerne l’introduction d’un seul composant renouvelable dans un système agricole, introduction combinée avec l’amélioration de la capacité des agriculteurs à adapter de nouvelles technologies. La diffusion de la «Macuna» (Macuna pruriens) pour supprimer la mauvaise herbe agressive «Imperata» (Imperata cylindrica) a été justifiée par le manque de terres, la baisse de la fertilité du sol, le manque de fertilisants et l’invasion des mauvaises herbes. Les sols des plateaux du Sud-Est du Bénin et du Togo sont presque épuisés. Chez la grande majorité des petits agriculteurs, l’utilisation d’engrais est faible. Mais, même si les engrais sont disponibles, le bénéfice dû à son utilisation est en baisse à cause de la dégradation de l’ensemble des sols. Une autre conséquence de la réduction des périodes de jachère est l’envahissement par l’Imperata, une mauvaise herbe agressive qu’il est difficile d’éliminer à la main. Grâce au projet «Recherche appliquée en milieu réel», les chercheurs, ont introduit la «Macuna» comme culture de couverture pour atténuer la contrainte d’un faible apport de nutriments pour le maïs, la nourriture de base. Les services de la vulgarisation agricole du gouvernement (Centre d’action régional pour le développement rural ou CARDER) se sont intéressés à cette réussite et ont commencé à tester le système. En 1990, le CARDER de la province de Mono a testé le système dans 12 villages de 180 agriculteurs. Il l’a étendu à d’autres provinces du Sud-Est en 1991 et le nombre des agriculteurs utilisant la «Macuna» a atteint près de 500. Un grand nombre d’organisations non gouvernementales se sont engagées et 14 000 agriculteurs cultivent maintenant la «Macuna» sur l’ensemble du Bénin.

Les agriculteurs qui ont adopté la «Macuna» comme culture de couverture ont bénéficié de hauts rendements en maïs et ont utilisé moins de main d’œuvre pour le désherbage. Le semis de maïs succédant à la «Macuna» a obtenu un rendement de 3 à 4 t/ha sans application de fertilisants azotés (rendement similaire à ceux obtenus avec les niveaux de fertilisation recommandés, soit 130 kg/ha). Par rapport aux rendements d’autres parcelles plantées auparavant avec du maïs et du lupin et qui n’étaient que de 1,3 kg/ha., la «Macuna» en tant que culture intercalaire ou en tant que monoculture apporte plus de 100 kg d’azote /ha à la culture de maïs suivante. L’analyse du rapport bénéfice/coût sur une période de 8 ans a donné un rapport de 1,24 lorsque la «Macuna» était présente dans le système et de 0,62 lorsque la «Macuna» était absente. Le rapport a atteint jusqu’à 3,56 lorsque les semences de «Macuna» ont été vendues. Néanmoins, l’analyse des variations annuelles du rapport bénéfice/coût a montré une tendance à la baisse pour tous les systèmes, laissant à penser que des apports extérieurs (probablement des fertilisants P et K) sont nécessaires pour atteindre une certaine durabilité. L’utilisation de «Macuna» sur l’ensemble de la province du Mono permettrait de faire des économies d’environ 6,5 millions de kg d’azote ou d’environ 1,85 millions de dollars EU par an.

Source: Robert Carsky, IITA, Bénin <r.carsky@cgiar.org>

Honduras, Guatemala et Nicaragua: Amélioration des versants

Environ 45 000 familles rurales du Honduras et du Guatemala ont bénéficié de l’adoption de l’agriculture durable, augmentant les rendements de leur culture pour passer de 400-600 kg/ha à 2 000-2 500 kg/ha. Les agriculteurs utilisent des engrais verts, des cultures de couverture, des bandes de graminées en courbes de niveau, le labour en sillons, les bourrelets/murettes de pierres et le fumier, toutes techniques qui, par le biais d’expérimentations, sont soigneusement adaptées aux conditions locales. Ces programmes ont revigoré les économies locales. Le prix des terres et la rémunération de la main d’œuvre sont plus élevés dans la zone d’influence du projet et les familles reviennent des grandes villes vers les zones rurales. Il y a également des retombées bénéfiques pour les forêts. Les agriculteurs affirment qu’ils n’ont plus besoin de couper les arbres de la forêt, car ils disposent de technologies pour cultiver en permanence la même parcelle de terre. A travers toute l’Amérique Centrale, différentes organisations non gouvernementales se sont engagées à promouvoir l’utilisation de légumineuses, particulièrement la «Macuna» (Macuna pruriens) comme engrais vert, une façon économique pour produire la matière organique du sol. En profitant de l’existence d’un réseau de vulgarisation «de paysan à paysan», comme le mouvement «campesino a campesino» au Nicaragua et dans d’autres pays, la diffusion de cette technologie simple s’est faite rapidement.

Source:

Roland Bunch, COSECHA, Honduras <rolando@cosecha.sdnhon.org.hn>

Juan Carlos Moreira, Centro Maya, Guatemala <centromaya@guate.net>

Kenya: Programme de recherche adaptative, Equipe d’action environnementale

L’équipe d’action environnementale (EAE) conduit un projet de recherche au niveau de l’exploitation agricole à Kitale, à l’Ouest du Kenya, en travaillant avec 130 agriculteurs sur une superficie de 80 ha. Dans cette région de Trans-Nzoia, l’insuffisance alimentaire est généralisée chez les petits agriculteurs. Les agriculteurs cultivent communément de 0,5 à 1 ha de maïs, habituellement avec des haricots comme culture intercalaire. Ils utilisent des hybrides de maïs tardif, lesquels restent sur le champ de 8 à 9 mois. Néanmoins, du fait de la faible fertilité du sol et parce que le manque de ressources des agriculteurs les empêche d’acheter des engrais, les rendements ne sont que de 650 à 1 750 kg/ha. Les rendements des haricots, la principale source de protéines des foyers, sont également très bas du fait de la destruction partielle de la récolte par les ravageurs et les maladies (principalement la pourriture des racines et la mouche des haricots) et à cause de la pauvreté du sol. Cela conduit à une malnutrition protéique chez les ménages les plus pauvres. EAE cherche à résoudre ce problème par le biais de la recherche et de la formation participatives. Les agriculteurs sont formés à maîtriser les principes et les pratiques de l’agriculture biologique, avec un intérêt particulier porté à l’état sanitaire du sol. De nouvelles technologies sont testées sur les exploitations des agriculteurs eux-mêmes, adaptées et ensuite diffusées par les agriculteurs si elles donnent de bons résultats. Le projet soutient la formation de groupes d’agriculteurs. Ce sont surtout des femmes qui viennent en premier, les hommes sont ensuite attirés par les changements spectaculaires de la productivité.

Un ensemble de technologies et de pratiques ont été adoptées pour améliorer la production alimentaire des ménages. Celles-ci comprennent: i) légumineuses et engrais verts, par exemple l’implantation de lablab intercalée au maïs 120 à 140 jours après son semis, afin que la légumineuse recouvre le sol pendant la saison sèche, puis les résidus de la légumineuse et du maïs sont incorporés au sol, après la récolte; ii) utilisation de compost et des ordures domestiques organiques, avec ou sans phosphates diazotés, Tithonia et Sesbania. Comme résultat de cette méthode, les rendements du maïs sont passés de 3 300 à 5 000 kg/ha, et les rendements des haricots ont été multipliés par 4 ou 8. Des recherches plus récentes concernent les avantages et les désavantages de la récolte de légumineuses de grain et /ou de feuilles comparées avec l’enfouissement des résidus comme engrais verts dans le sol. EAE essaie également de promouvoir la diversification des cultures en développant le millet africain, le soja, les pois chiches, le pois d’Angole et la pomme de terre irlandaise, ainsi que la formation des agriculteurs à la production biologique de légumes sur billons dans des jardins potagers familiaux.

Source: Beth Kirungu, Joseph Mureithi

Philippines: Culture en courbes de niveau sur des versants en pente à Claveria

Claveria est situé au Nord du Mindanao et se caractérise par des sols acides sur des versants en pente, avec une érosion sévère. Le Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF) et les agences de recherche et de vulgarisation locales travaillent sur le développement de diverses technologies de culture en courbes de niveau. Le projet a commencé avec des arbres et des légumineuses, mais du fait d’une réussite relativement modeste, il a développé des méthodes plus adaptées aux conditions locales sous la forme de bourrelets végétalisés avec labour en billons. Un grand nombre de plantes pérennes ont été testées par les 2 000 agriculteurs qui travaillent en 80 groupes locaux créés par le projet. Ces cultures comprennent des arbres fruitiers, des cocotiers et des espèces forestières à croissance rapide. En travaillant sur les exploitations des agriculteurs et en utilisant des pratiques d’amélioration du sol (sur une superficie d’environ 6 000 hectares), les rendements du maïs ont été améliorés de 15 à 25 pour cent et la valeur des terres de 35 à 50 pour cent.

Source: Dennis Garrity, ICRAF

Sénégal: Centre de recherche d’agriculture régénératrice de Rodale

Dans les pays de la Région du Sahel, les principaux facteurs limitants de la production alimentaire sont liés au déficit hydrique de sols dont la plupart sont sablonneux et pauvres en matière organique. Dans les zones où les sols sont plus lourds et de meilleure qualité, ils sont sujets à une utilisation intensive et de ce fait, ils sont exposés aux érosions hydrique et éolienne. Au Sénégal, l’érosion hydrique et la dégradation du sol menacent une forte proportion des terres agricoles. Depuis 1987, le Centre de recherche d’agriculture renouvelable de l’Institut de Rodale (RARC) a développé une collaboration avec des associations d’agriculteurs et avec des chercheurs du gouvernement afin d’améliorer la qualité du sol au Sénégal en utilisant des méthodes écologiques.

L’agriculture régénératrice pratiquée dans le périmètre de production de l’arachide a conduit à des bénéfices biophysiques, environnementaux, sociaux et économiques. La culture alternée millet-cacahuètes représente le principal système de production agricole de la région. Les champs sont nettoyés grâce au brûlis et celui-ci est suivi d’un labour superficiel utilisant la traction animale. Mais les jachères ont été fortement écourtées et l’utilisation d’engrais minéraux et de pesticides par les petits agriculteurs a beaucoup diminué du fait de prix trop élevés. Il s’est également avéré que les engrais minéraux ne donnent pas les résultats escomptés, à moins qu’il n’y ait, par ailleurs, un apport important de matières organiques. Les éléments nutritifs sont lessivés par les premières pluies ou sont absorbés par les micro-organismes du sol et les mauvaises herbes. Les sols pauvres en matière organique n’ont pas non plus une bonne capacité de rétention de l’eau.

Le RARC travaille avec environ 2 000 agriculteurs et 59 groupes en vue d’améliorer la qualité du sol, d’intégrer l’élevage intensif en stabulation au système agricole, d’incorporer des légumineuses et des engrais verts dans le système de culture, d’améliorer l’utilisation d’engrais et de phosphates, de mettre en œuvre des systèmes de collecte des eaux de surface et de développer des systèmes de compostage. Comme résultat, les rendements du millet ont été améliorés de 75 à 195 pour cent, passant de 330 à 600-1 000 kg/ha et les rendements de l’arachide sont passés de 340 à 600-900 kg/ha. Les rendements sont aussi moins variables d’une année à l’autre et la sécurité alimentaire des foyers s’est considérablement améliorée. Comme Amadou Diop l’a signalé: «Les rendements des cultures sont en fin de compte dissociés du montant des précipitations annuelles. Les sécheresses, malgré leur effet négatif sur les rendements, ne conduisent pas à un échec total de la culture.»

Source: Amadou Diop, Rodale Institute <adiop@rodaleinst.org>

Meilleure efficacité dans l’utilisation des eaux

Burkina Faso: Conservation des sols et des eaux

Les terres abandonnées et dégradées des zones arides du Burkina Faso ont été améliorées par l’adoption des «tassas» et des «zaïs», trous de 20 à 30 cm de profondeur creusés dans les sols recouverts d’une croûte de battance (mince couche de terre durcie par l’action du vent et de l’eau). Les trous sont remplis avec du fumier qui améliore la teneur en matière organique du sol, ils favorisent l’activité des termites et augmentent l’infiltration de l’eau. Quand il pleut, les trous se remplissent d’eau et les agriculteurs plantent le millet ou le sorgho. Les «tassas» sont habituellement associés à des bourrelets de pierres.

Au Burkina Faso, environ 100 000 hectares ont été réhabilités, chaque hectare produisant à présent 700 kg de céréales par an. Les rendements du millet sans «tassas», demi-lunes ou bourrelets de pierres en courbes de niveau ne sont que de l’ordre de 150 à 300 kg/ha; ils atteignent 400 kg avec du fumier lors d’une année de faible précipitation, et de 700 à 1 000 kg/ha lors d’une année de pluies abondantes. Reij (1966) indique qu’en utilisant ces technologies, la famille moyenne du Burkina Faso est passée d’un déficit annuel de céréales de 644 kg (soit 6,5 mois de disette) à un surplus de production de 153 kg par an. Les «tassas» sont particulièrement adaptés aux exploitations agricoles disposant d’une main d’œuvre familiale ou ayant la possibilité de recruter des salariés. Cette technique a suscité le développement d’un réseau de jeunes travailleurs journaliers qui la maîtrisent et qui, au lieu d’émigrer, vont de village en village pour satisfaire une demande croissante de main d’œuvre des agriculteurs.

Source: Reij (1996)

Chine: Techniques d’agriculture durable pour l’utilisation efficiente de l’eau de pluie dans la région de l’Est de Gansu

La région de l’Est de Gansu fait partie d’une zone sèche de 51 millions d’hectares dans le nord-ouest de la Chine. Ce projet d’agriculture durable a été lancé par l’Académie d’Agriculture de Gansu en 1991, comme composante du neuvième Plan national quinquennal de développement, avec pour objectif d’assurer la sécurité et l’autosuffisance alimentaires. Le projet préconise une utilisation plus efficiente de l’eau de pluie au moyen de techniques de collecte des eaux de ruissellement, de construction de réservoirs d’eau, de dispositifs de pompage et de distribution, d’actions de conservation de l’eau en micro-bassins couverts d’un paillage, de cultures diversifiées et de sous-produits pour alimenter le bétail. Le nombre de ménages pratiquant l’agriculture durable atteint 100 000 sur une superficie d’environ 70 000 hectares. Les rendements des céréales ont augmenté considérablement - le blé de 40 pour cent (passant de 3 à 4,2 t/ha) et le maïs hâtif de 38 pour cent (passant de 6 à 8,3 t/ha). La disponibilité de l’eau est améliorée à la fois pour l’irrigation, pour l’usage domestique et pour l’abreuvement des animaux. Les bénéfices secondaires comprennent une diminution de l’érosion du sol, une réduction de l’utilisation de pesticides et de fertilisants, une amélioration et une augmentation du capital social sous la forme du développement de groupes d’entraide des agriculteurs et d’une amélioration considérable des compétences des femmes, qui jouent à présent un rôle important dans la gestion de la production de fruits et de légumes ainsi que dans l’élevage du bétail.

Source: Fan Tinglu

Inde: La Société pour l’education populaire et pour le changement economique (SPEECH) au Tamil Nadu

La Société pour l’education populaire et pour le changement economique (SPEECH) est active depuis 1986 et a contribué à créer ou à renforcer des institutions et des groupes locaux dans 45 villages de la Région de Kamarajar, dans l’Etat de Tamil Nadu. Cette région est connue pour ses sécheresses extrêmes, ses moussons irrégulières, l’insuffisance des services publics et d’importants clivages culturels et socio-économiques. Des groupes de villageois appelés «sanghas» ont adopté divers thèmes de l’agriculture durable afin d’améliorer l’utilisation des leurs ressources naturelles. La technique de collecte de l’eau ou «water harvesting» a donné des résultats particulièrement intéressants dans la mesure où elle permet non seulement de mettre en culture des terres abandonnées, mais aussi de stocker suffisamment d’eau pour obtenir une récolte de riz supplémentaire sur les petites surfaces irriguées. Des vaches laitières ont été introduites, ce qui s’est avéré particulièrement bénéfique pour les femmes et pour les enfants. Les rendements du sorgho et du millet ont été doublés; des récoltes supplémentaires

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