La culture des champignons de couche ou champignons de Paris
La culture du champignon de couche est d’origine française et
date d ' environ 1670. Grâce aux recherches poursuivies depuis plusieursdécennies la production c’est largement
améliorée.
Le substrat est à base de fumier de cheval ou de déchets organiques comme la
paille, on l’enrichit ou on le rééquilibre selon un cahier des charges très
précis.
Le compostage biologique est réalisé en deux phases:
Fermentation en tas avec retournement.
Fermentation contrôlée en chambre de pasteurisation.
Pour cette seconde phase le compost peut être traité en tas ou en caisses, il
doit être hautement nutritif et spécifique pour les champignons de couche.
L’inoculation s’effectue à partir de blanc produit dans des laboratoires, il se
trouve sous forme de plaquette. Le mélange est alors mis en sacs ou en caisses,
l’envahissement du mycélium s’effectue en chambre d’inoculation à 24 °c.
Lorsque le substrat est complètement envahi, on procède au recouvrement avec
une terre dite de gobetage, nécessaire à la fructification.
Les sacs sont ensuite amenés dans des caves ou dans d’anciennes carrières
aménagées, la température doit être de 16°c , sans lumière avec une humidité
saturée et une très bonne aération. La récolte dure de 8 à 12 semaines, le
substrat peut ensuite servir d’engrais en agriculture.
Le champignon de couche est très riche en protéines et pauvre en lipides, il
contient de nombreuses vitamines et oligo-éléments. C’est le champignon le plus
cultivé, la production mondiale dépasse les 1 400 000 tonnes dont 300 000
tonnes pour la France.
Local Pour
cultiver des champignons, il faut disposer d’un local sain qu’il bénéficie d’une
température constante comprise entre 10 et 16° (12° à 14° est idéal). Son aération
doit être facile à doser sans courants d’air. Les anciennes carrières, caves,
sous-sols sont le plus souvent utilisés.
Fumier Il faut choisir un fumier chaud. Celui de cheval est le meilleur mais ceux d’âne
ou de mulet peuvent être utilisés. On peut additionner 1/3 de fumier de mouton
à condition que le mélange soit bien homogène. Le fumier doit être bien
imprégné d’urine et de crotin, les autres fumiers sont à proscrire.
Préparation du fumier
C’est un point capital, pour obtenir une fermentation correcte, il faut traiter
au moins 1 m3 de fumier à la fois. Faire un tas d’un mètre de haut en couche successives,
en secouant énergiquement le fumier pour déliter les mottes et obtenir un
mélange parfait des parties sèches et humides. Battre chaque couche avec le dos
de la fourche pour tasser la couche. Après avoir terminé le tas tasser
énergiquement puis arroser copieusement.
Fermentation La fermentation fait rapidement monter la température, il faut la contrôler
avec un thermomètre spécial, après 4 ou 5 jours elle doit atteindre 70 °
environ. Lorsqu' elle commence à redescendre après 6 à 8 jours le fumier est
bon pour la première retourne.
Cette opération consiste à démolir le tas pour le reconstruire de la même façon
en plaçant sur les bords ce qui était au centre et réciproquement. Bien secouer
le fumier et arroser modérément les parties paraissant sèches. La fermentation
repart un peu moins fort en suivant la même courbe, montée en température puis
descente, un second retournement peut être nécessaire mais le plus souvent le
fumier est près après 6 à 8 jours.
Le fumier 'fait' se reconnait à :
- Il n’a plus l’odeur d’ammoniaque mais une odeur de champignon.
- Sa paille présente un aspect huileux, elle se brise facilement.
A ce stade le fumier est prêt, il faut l’employer sans délai.
Confection des
meules Les
meules sont formées en dos d’âne de 50cm de base et de hauteur ou accotées
contre un mur. Il faut monter les meules en petites couches successives en
tassant fortement, puis peigner la meule avec la fourche pour rendre la meule
bien régulière. Une autre solution est de mettre le fumier dans des caisses d’une
vingtaine de centimètre de haut. Ces caisses peuvent avoir des pieds et être
empilables pour gagner de la place.
Laisser ensuite au repos en contrôlant la température interne, si elle dépasse
30 ° il faut faire quelques trous avec un bâton pour évacuer la chaleur. Quand
la température se stabilise entre 20 et 25 °, le fumier est prêt à être
ensemencé.
Ensemencement Cette opération appelée aussi 'lardage' consiste à insérer sous la meule le
blanc de champignon. Diviser les plaquettes de blanc en tablettes de 4x4 cm
(les 'mises') et placer parallèlement à la surface de la meule en les
enfouissant de 3 à 4 cm.
Chaque ligne espacée des autres de 20 cm sont montées en quinconce, en caisse
on peut rapprocher les lignes à 15 cm.
Dix jours après l’ensemencement les 'mises' doivent commencer à émettre des
filaments blancs dans le fumier, remplacer celles qui ne manifesteraient pas de
signes de reprise.
Après 8 à 10 jours le blanc doit avoir envahi toute la meule. Retirez alors les
mises et les jeter, elles ne sont plus utiles. Retasser la meule à la main en
lissant les flans.
Gobetage Cette opération consiste à recouvrir d’une couche uniforme de 2cm la meule d’un
mélange terreux spécial. Les champignonnistes emploient la la pierre de
carrière broyée, mais on peut utiliser une terre argilo-sableuse ou du sable
argileux additionné de 10% de plâtras broyés. On peut aussi incorporer 10% de
tourbe horticole.
Ces matériaux tamisés sont humidifiés sans excès. Une excellente précaution
consiste à les débarrasser d’éventuels germes de maladies en additionnant l’eau
de 2 l d’extrait d’eau de javel à 50° Baumé par mètre cube de terre. Le mélange
est utilisable quelques jours après la désinfection.
La réalisation du gobetage demande un petit tour de main, il faut projeter la
terre sur les flans de la meule puis immédiatement tasser sans excès. On
commencera par le bas en remontant vers le sommet. Le plus souvent on utilise
une pelle en bois ou une truelle pour faire cette opération mais on peut aussi
utiliser une planche pour tirer la terre vers le sommet de la meule. Le
gobetage est beaucoup plus simple pour la culture en caisse où il suffit d’étaler
le mélange.
Lorsque la terre semble sèche, arroser légèrement en utilisant un arrosoir avec
une pomme fine pour éviter les risques de ruissellement.
Récolte Le délai avant récolte est variable en fonction de la saison, la
température, les champignons commencent à apparaitre un mois après le gobetage.
Cueillir régulièrement, dès que le bord du chapeau commence à se décoller du
pied. Opérer délicatement en appliquant un mouvement de rotation pour détacher
le champignon de sa base. Reboucher les trous avec de la terre à gobetage, la
récolte peut durer 3 mois.