|
|
|
|
|
|
MIEUX IRRIGUER AVEC LES TENSIOMÈTRES » maladies des plantes | Bloguez.com
3/7/2009 |
|
|
Lecture du tensiomètre (kPa) |
Interprétation |
|
Sol presque saturé |
0 - 10 |
Le
sol est presque saturé pendant le ou les deux jours qui suivent l’irrigation.
Il peut y avoir danger de mauvaise
aération du sol, d’une nappe d’eau haute ou de décharge du tensiomètre
si la lecture persiste. |
|
Capacité au champ |
11 – 20 - 30 |
Capacité
au champ. L’irrigation est interrompue à ces valeurs pour prévenir les pertes
par l’infiltration profonde et le lessivage des éléments nutritifs de la zone
des racines. Les sols sableux seront à capacité au champ vers 11 kPa et les
sols argileux vers 25 à 30 kPa. |
|
Irrigation |
30 à 40 50 60 |
Valeurs habituelles pour commencer l’irrigation.
Pas de problèmes d’aération du sol. En général, l’irrigation commence à des
lectures de 30 à 40 kPa dans les sols sableux (sable loameux et loam
sableux), de 40 à 50 kPa dans des sols loameux (loam sableux très fin, loam
limoneux) et de 50 à 60 kPa dans les sols argileux (loam limono-argileux et
argile limoneuse). En commençant l’irrigation à ces valeurs, on maintient la
réserve utile à un niveau normal. |
|
Sol sec |
70 80 |
Valeur du stress hydrique. Toutefois, la culture
n’est pas nécessairement endommagée ni le rendement compromis. Un peu d’eau
est encore facilement utilisable par la plante, mais la réserve facilement
utilisable devient dangereusement basse. Valeur
maximale qui peut être mesurée par un tensiomètre. Des lectures au-dessus de
80 kPa sont possibles, mais le tensiomètre se déchargera entre 80 et 90 kPa. |
2.2 Micro-irrigation
Avec la micro-irrigation, comme l’irrigation
goutte à goutte, le volume de sol humidifié lors des irrigations est restreint,
ce qui limite d’autant la réserve totale d’eau disponible pour la plante.
Ainsi, les apports seront plus fréquents et moins abondants qu’avec
l’aspersion. De plus, avec l’irrigation goutte à goutte, il est difficile de
réhumecter un sol qui s’est trop asséché, en particulier lorsqu’il est question
de sols légers sur butte. Compte tenu de ces facteurs, il est recommandé de
commencer l’irrigation lorsque la tension atteinte est inférieure à celle
recherchée en irrigation par aspersion.
Les valeurs auxquelles les irrigations devraient
débuter différent selon les différentes sources d’information consultées. De
façon générale, dans le cas de sols sableux et loameux, l’irrigation débute
lorsque la tension est de 15 à 25 cb et dans le cas des sols argileux, à une
tension de 30 à 60 cb (Hortau, 2005). Une bonne façon de caractériser le sol
est de vérifier la lecture observée à la capacité au champ. À cette valeur, il
faut ajouter 10 à 15 cb pour déterminer approximativement la valeur
correspondant au besoin d’irriguer (Hartz, 1999). Ces valeurs de référence
doivent être adaptées à la culture, au site et au type de sol. Par exemple, un
sol qui est classé loam sablo-argileux selon l’analyse granulométrique peut
parfois se comporter comme un sol sableux s’il y a présence importante de
particules rocheuses. Cette situation s’observe dans certains sols de l’île
d’Orléans où la présence de schiste modifie grandement la dynamique de l’eau
dans le sol. Aussi, certaines cultures ont plus de difficulté que d’autres à
puiser l’eau du sol.
Il faut également user de prudence et ne jamais
oublier de considérer l’ensemble du champ. Ainsi, même si une teneur en eau
près de la capacité au champ est maintenue dans la zone où sont situés les
tensiomètres, il existe toujours un risque d’excès et d’asphyxie racinaire dans
les parties plus basses. Les racines ont besoin d’eau, mais elles ont aussi
besoin d’air.
3. Préparation et installation du tensiomètre
Une préparation adéquate du tensiomètre est
essentielle. Un document explicatif présente en annexe les différentes étapes
de préparation.
3.1 Installation au champ
La profondeur d'installation et la distance
latérale par rapport à la ligne d'irrigation (dans le cas de l'irrigation
goutte à goutte) sont deux facteurs déterminants pour le bon fonctionnement du
tensiomètre. Pour définir la profondeur, il est essentiel de connaître
l'enracinement de la culture à irriguer. Il existe des références faisant état
de la profondeur d'enracinement de la plupart des cultures. Toutefois, j'ai pu
constater au fil des ans, à l'aide de tranchées, que chaque situation est
particulière et que des profondeurs fort différentes sont souvent observées.
Rien de mieux que de creuser pour constater, sur le site même et à des stades
de développement précis, l'état d'enracinement de la culture à irriguer. La
profondeur à considérer tiendra également compte de la zone où l’enracinement
et par conséquent l’absorption sont maximaux.
En présence de plusieurs cultures annuelles, cette
zone est souvent limitée aux 30 premiers centimètres. Deux tensiomètres sont
installés sur chaque site. Le premier est placé dans la zone d'activité
maximale des racines : c'est ce tensiomètre qui permettra de préciser le moment
d'irriguer. Le deuxième sera installé près du bas de la zone de racines, et sa
lecture permettra d'évaluer si la durée d'irrigation est optimale. Dans le cas
de la fraise par exemple, le premier tensiomètre est souvent installé à 15 cm
et le deuxième à 30 cm. Idéalement, deux à trois sites par champ sont
recommandés selon les variations de type de sol.
Quant à la distance latérale par rapport à la
ligne d’irrigation, la gestion est plus facile si les tensiomètres sont
installés dans la zone à l’intérieur de laquelle les fluctuations de teneur en
eau sont facilement observables. Dans le cas des cultures annuelles avec butte
et paillis de plastique, les tensiomètres sont habituellement installés entre
les plants sur le rang.
4. Fréquence d’observation des tensiomètres et des
apports d’eau
Les lectures devraient être faites quotidiennement
et à la même période de la journée, soit idéalement en avant-midi. En période
chaude lorsque les besoins en eau sont importants, une lecture additionnelle
s’avère nécessaire en après-midi. Avec la micro-irrigation, les apports en eau
sont à privilégier en avant-midi afin de s’assurer que le sol est suffisamment
humide pour combler les besoins qui augmentent avec l’intensification de la
luminosité et qui atteignent un point culminant le midi. Si les lectures en
après-midi indiquent qu’il y a également besoin d’irriguer, il faut le faire
avant la fin de la journée pour que l’eau soit disponible au bon moment.
5. Problèmes souvent rencontrés avec les
tensiomètres
Les tensiomètres nécessitent un minimum de suivi
pour être efficaces. Chaque semaine environ, il est important, après avoir noté
la lecture, de dévisser le bouchon pour faire sortir l’air qui pourrait se
trouver dans le tube et ainsi vérifier que celui-ci soit bien rempli d’eau et
que la lecture soit adéquate. Si le tensiomètre indique une valeur qui frôle le
zéro pendant une période prolongée, cela peut signifier que le sol est saturé
ou que le tensiomètre est déchargé. Il se peut aussi qu’il se vide par la base
qui n’est pas bien vissée (dans le cas des tensiomètres dont la base est
amovible). Lors de l’installation de ce type de tensiomètres, il faut être prudent
et ne pas tourner le tensiomètre dans le sens qui permettrait à la base de se
dévisser.
Il arrive parfois que les travailleurs au champ
déplacent par erreur ou par curiosité les tensiomètres. Si le contact entre le
sol et le tensiomètre n’est pas bon, les lectures ne seront pas adéquates. Il
faut toujours vérifier cet aspect et protéger adéquatement les tensiomètres.
Les tensiomètres nécessitent un minimum d’entretien. Ils doivent être protégés
du gel et être remisés en fin de saison après un bon nettoyage de la bougie
poreuse et de l’intérieur du tube. Les modèles dont la base se dévisse
permettent un entretien plus facile.
L'eau est une ressource vitale et limitée. En
faire une utilisation optimale permettra de rentabiliser davantage les
investissements et de protéger la ressource. Pour en obtenir une bonne gestion,
le tensiomètre s'avère un outil très valable, à condition de bien comprendre
son fonctionnement et de bien l’entretenir.
Daniel Bergeron, agronome
Conseiller en horticulture
Direction régionale de la Capitale-Nationale
1685, boulevard Hamel, bureau RC-22
Québec (Québec) G1N 3Y7
Téléphone : (418) 644-3116
Télécopieur : (418) 643-8262
Courriel
: daniel.bergeron@mapaq.gouv.qc.ca
|
Créer un blog | Liens : Fonds d'écran gratuits | Plain White T s | |