Le palmier dattier, principal pilier de l’équilibre de l’écosystème oasien est sérieusement menacé par les maladies. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Le palmier dattier, principal pilier de l’équilibre de l’écosystème oasien est sérieusement menacé par les maladies.

30/5/2009

Le palmier dattier, principal pilier de l’équilibre de l’écosystème oasien est sérieusement menacé par les maladies.

 

Termes de référence de l’étude ICRA 2002

 

1 – Thème de l’étude : étude technico-économique de l’évolution de la diversité génétique phoenicicole dans la palmeraie de Degache « secteur Aïn Erebah et Zaouit El Arab »

 

2 – La palmeraie de Degache

la palmeraie de Degache est une des principales palmeraies traditionnelles des oasis tunisiennes et de la région du Djerid , cette dernière, regroupant en plus de la palmeraie de Degache celle de Tozeur, de Nefta, de Hezoua et de Tamerza, couvre une superficie de

presque 8000 ha et compte aux environs de 1.450000 palmiers soit 34% de l’effectif total des oasis tunisiennes. Ces oasis, résultat d’un vrai contraste engendré d’une part par l’aridité du milieu saharien (80 mm de pluie par an) et son agressivité pour les êtres qui y vivent ( vents

de sable au printemps et sirocco en été ) et d’autre part par la présence de l’eau souterraine en quantité suffisante pour la fertilité et la prospérité de ces écosystèmes particuliers. Ce contraste de taille fait que le système oasien, avec toute sa diversité biologique et sa complexité est en équilibre très fragile et très instable, toute perturbation de cet équilibre risque de compromettre l’écosystème dans son ensemble.

L’ancienne palmeraie de Degache couvre une superficie de presque 1000 ha, elle est vieillissante, fortement morcelée et abrite une diversité génétique qualitativement assez importante.

 

3 – Lieu de l’étude

l’étude se déroulera au niveau de l’ancienne palmeraie de Degache sur un secteur groupant deux Groupements d’Intérêt Collectif (GIC) : Aïn Erebah et Zaouit El Arab. La superficie totale du secteur est de 130,5 ha. Le nombre de propriétaires est de 261. la superficie moyenne

de la propriété est de 0,5 ha. la superficie de la plus grande propriété est de 2,35 ha et celle de la plus petite propriété est de 0,01 ha.

Degache est une petite ville de 8.000 habitants à 10 km de la ville de Tozeur où siège le Commissariat Régional au Développement Agricole (CRDA) représentant le Ministère de l’agriculture et la Direction régionale du Groupement Interprofessionnel des Dattes (GID)

représentant la profession du secteur palmier dattier en Tunisie. La ville de Degache abrite le Centre de Recherches Phoenicicoles de l’INRAT, le Pole Régional de Recherche Développement (PRRD) du Sud ouest représentant l’Institution de la Recherche et de

l’Enseignement Supérieur Agricole (IRESA), le Centre Sectoriel de Formation et de Recyclage Phoenicicole et une cellule territoriale de vulgarisation agricole (CTV).

 

4 – Justification du thème

Le palmier dattier, principal pilier de l’équilibre de l’écosystème oasien est sérieusement menacé par les maladies, l’orientation sélective dictée par les forces des marchés et la gestion non raisonnée des principaux facteurs de production.

La fragilité de cet écosystème est de ce fait principalement accentuée par la disparition progressive de la diversité phytogénétique et l’instauration des systèmes de culture orientés de plus en plus, pour le palmier dattier, vers la culture de la variété Deglet Nour ayant une place de choix au niveau du marché international et même national et, pour les autres espèces, la négligence de l’étage arboricole et celui des cultures au sol (légumes et fourrages).

En outre des contraintes naturelles et socio-économiques font que l’écosystème oasien est de plus en plus menacé de perturbations diverses le plaçant dans des situations souvent assez critiques :

- les ressources en eau d’irrigation, d’origine souterraine, ne sont que très peu ou pratiquement pas renouvelables comparativement avec les quantités utilisées en particulier pour le cultivar Deglet nour dont les besoins sont très élevés,

- un morcellement très poussé de la propriété générant l’absentéisme, la négligence des pratiques culturales de base et de contrôle phytosanitaire et de ce fait une diminution des rendements,

- une raréfaction de la main d’ oeuvre spécialisée suite à la relative spécialisation des systèmes de culture (limite de la période du travail dans la palmeraie) et la concurrence d’autres secteurs (tourisme),

- une perte du savoir-faire traditionnel en matière de transformation de la datte au niveau de la famille et de l’artisanat des sous produits du dattier,

- une marginalisation du rôle de la femme au niveau de l’oasis .

Devant une telle situation, la préservation de l’écosystème oasien et en particulier la sauvegarde de ses potentialités phytogénétiques (en tant que base de sa stabilité et sa durabilité et dont l’importance est d’envergure tant sur le plan environnemental et écologique

que sur le plan socio-économique) s’imposent.

 

Le Centre de l’INRAT à Degache a réalisé une étude qualitative d’ordre général de la diversité génétique phoenicicole en Tunisie et un bon nombre de cultivars est mis en collection ex-situ au Centre.

L’analyse de cette diversité à une échelle quantitative et la sauvegarde in-situ chez l’agriculteur est une nécessité primordiale pour la stabilité de l’écosystème oasien. Le projet IPGRI sur la gestion participative des ressources génétiques palmier dattier au Maghreb, avec les INRA des trois pays du Maghreb interviennent dans ce cadre pour chercher les solutions adéquates pour faire face à cette érosion génétique tout en essayant d’améliorer la rentabilité globale des exploitations.

Dans ce cadre l’Institut National de la Recherche Agronomique de Tunisie (INRAT) et le projet IPGRI proposent au Centre International de la Recherche Agricole orientée vers le Développement (ICRA) de mener conjointement une étude quantitative sur la diversité

génétique phoenicicole au niveau de la palmeraie de Degache de manière à dégager les raisons de sa dégradation, les tendances actuelles des agriculteurs en la matière tenant compte de la conjoncture socio-économique vécue et les actions à entreprendre pour donner à la

diversité génétique la place qu’elle mérite pour un développement durable de l’agriculture oasienne et ce sur des bases raisonnées et raisonnables.

 

5 – Objectif général de l’étude

contribuer à une analyse approfondie de l’évolution de la diversité génétique phoenicicole tenant compte des contraintes naturelles, techniques et socio-économiques de la zone de l’étude et proposer des actions concrètes pour restaurer une diversité raisonnable au niveau de

la palmeraie chez l’agriculteur.

 

6 – Objectifs spécifiques de l’étude

moyennant une approche genre et participative, faisant intervenir les principaux acteurs du domaine et en particulier les agriculteurs concernés, l’équipe procèdera à une analyse approfondie de la situation de la diversité génétique phoenicicole et de son évolution dans le

temps et dans l’espace et ce pour :

- évaluer quantitativement cette diversité et sa répartition spatiale dans la zone,

- identifier les innovateurs (trices), les expérimentateurs (trices) et ceux et celles qui détiennent le savoir-faire local en matière de transformation, conservation…

- mise en évidence des principales raisons de sa dégradation,

- dégager les stratégies des agriculteurs en matière de réhabilitation de la diversité,

- identifier les besoins des agriculteurs en matière de plantation de nouveaux cultivars,

- faire état des traditions et des savoirs-faire artisanaux liés aux dattes et aux sous-produits du dattier tenant compte de la participation des jeunes et de la femme dans ce domaine,

- proposer des solutions pratiques pour valoriser les productions et les sous- produits de divers cultivars de cette diversité de manière à inciter les agriculteurs à les replanter dans leurs parcelles

- élaborer des termes de référence pour des éventuelles études (ICRA, étudiants, etc…) concernant de nouveaux problèmes mis en relief par la présente étude.

 

7 – résultats attendus

- une approche méthodologique participative de suivi de l’évolution de la

diversité génétique élaborée et testée,

- la diversité génétique phoenicicole au niveau de la zone de l’étude quantifiée et commentée,

- la distribution spatiale de cette diversité est mise en évidence

- model de meilleures pratiques de gestion des palmiers dattiers pour

promouvoir la conservation de la diversité in –situ élaboré

- le savoir local en matière de transformation de la datte, de la valorisation des sous produits du dattier est connu et traduit en actions de recherche développement .

 

 Encadrement

l’encadrement scientifique est assuré par l’ICRA, l’encadrement sur le terrain sera assuré par Mr Rhouma Abdelmajid (Coordonnateur national du projet IPGRI) et Mr Khoualdia Othman (Chef du Centre de l’INRAT à Degache)

 

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