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 Pomme de terre : La conservation des sols

13/8/2012

Pomme de terre : La conservation des sols

Le paillage et les labours zéro peuvent contribuer à réduire la dégradation des sols, l'érosion et la pollution par les nitrates qui sont souvent liées aux cultures de pommes de terre

Points clés

La préparation des sols, le désherbage et la récolte de pommes de terre comportent souvent des perturbations importantes du sol.

Les cultures de couverture semées avant les plantations et durant la croissance protègent le sol et facilitent la récolte.

La culture de pommes de terre sans labours aide à restaurer les sols, produit de bons rendements et réduit le recours aux engrais et aux carburants.

La culture de pommes de terre comporte généralement un travail intensif du sol durant toute la période culturale, ce qui entraîne souvent la dégradation et l'érosion des sols et le lessivage des nitrates. Durant la préparation des sols, toute la couche arable est retournée et – en particulier sur les sols lourds – pulvérisée en petits agrégats pour éviter la formation de mottes dans les lits de pommes de terre. Le désherbage mécanique et la récolte mécanisée impliquent également des mouvements intensifs du sol.

L'agriculture de conservation – un système de production visant à économiser les ressources – offre diverses techniques précieuses pour la conservation du sol dans la production de pommes de terre.

Cultures de pommes de terre sous litière

Dans les systèmes conventionnels de cultures de pomme de terre avec labours, le risque d'érosion du sol et de lessivage des nitrates peut être réduit à l'aide de la technique du paillage. Les lits de pommes de terre sont préparés bien avant les plantations – si les pommes de terre doivent être plantée au printemps, les lits doivent être préparés avant l'hiver – et ensemencés avec une culture d'engrais verts en guise de couverture. La pomme de terre est ensuite plantée dans les lits qui sont désormais recouverts de paillis mort.

Pour les plantations mécaniques, les planteurs sont équipés de disques spéciaux qui découpent le paillis et séparent les lits de pommes de terre. Le paillis protège le sol de l'érosion durant les premières semaines de croissance et s'intègre au fur et à mesure de la levée des plants. Une deuxième culture d'engrais verts peut être semée vers la fin de la culture de pomme de terre, lorsque les plants s'assèchent. La culture de couverture aide à assécher les lits, permettant ainsi d'obtenir des tubercules plus sains et de réduire le risque de dégâts durant la récolte. L'engrais vert est séparé de la pomme de terre par une arracheuse mécanique et est laissé sur le sol après la récolte pour le protéger de l'érosion.

Les avantages de l'agriculture de conservation

L'agriculture de conservation vise à renforcer les processus biologiques naturels aussi bien sous terre qu'en surface. Elle repose sur trois principes: perturbations mécaniques minimales du sol, couvert organique permanent, et rotations de cultures diversifiées pour les cultures annuelles et associations de plantes pour les cultures pérennes. En réduisant les perturbations du sol, l'agriculture de conservation crée une structure verticale macroporeuse dans le sol, qui facilite l'infiltration des eaux de pluie excédentaires dans le sous-sol, améliore l'aération des couches plus profondes, et facilite la pénétration des racines.

Le paillage est utilisé pour les cultures de pommes de terre dans certaines zones d'Allemagne et de Suisse, en particulier dans les bassins versants où les nitrates utilisés dans les méthodes culturales traditionnelles risqueraient de polluer les nappes phréatiques. Néanmoins, si le paillage des pommes de terre réduit les risques d'érosion et de lessivage des nitrates, elle comporte tout de même d'importants mouvements de sols.

La pomme de terre sans labours

La conservation du sol peut être améliorée à l'aide d'une technique de base de l'agriculture de conservation, le labour zéro. La pomme de terre est enfouie dans le sol et couverte d'une couche épaisse de paillage – de préférence de la paille qui est relativement stable et ne pourrit pas vite. (les pommes de terre doivent être conservées à l'abri de la lumière pour éviter la formation de chlorophylle, qui les rend vertes, amères et toxiques.)

Dans certains cas – par exemple, dans les zones arides d'irrigation au goutte-à-goutte – le paillage peut être constitué de films en plastique noir où l'on pratique des trous pour permettre la croissance du plant de pomme de terre. Les jeunes tubercules se forment sous le paillis mais au-dessus de la surface du sol. Pour la récolte, il suffit d'ôter le plastique et de ramasser les pommes de terre. À l'heure actuelle, la pomme de terre sans labours n'est cultivée que dans de petits champs utilisant le travail manuel – par exemple, au Pérou sous des bâches en plastique et en République populaire démocratique de Corée sous paille de riz.

Cultures sans labours en République populaire démocratique de Corée

En République populaire démocratique de Corée, les agriculteurs utilisent l'agriculture de conservation pour la production de riz et de pommes de terre afin de régénérer les sols dégradés et accroître les rendements de pommes de terre en réduisant le recours aux engrais et au carburant.

Le système de rotation pomme de terre-riz produit deux récoltes en une période de végétation relativement brève, ce qui permet d'augmenter la production vivrière. Le plant de pomme de terre est enfoui dans le sol sous un paillis formé de résidus de la culture précédente de riz. La récolte se fait trois mois après. Immédiatement après, le riz «sans labours» est repiqué comme principale culture d'été. Le système peut produire chaque été 25 tonnes de pommes de terre et 7,5 tonnes de riz.

Source : http://www.potato2008.org/fr/pommedeterre/sols.html

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