Luttez contre les herbes et les bêtes indésirables sans polluer. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Luttez contre les herbes et les bêtes indésirables sans polluer.

11/4/2009

coccinelle

Luttez contre les herbes et les bêtes indésirables sans polluer.

 La lutte contre les indésirables peut passer par des insecticides ou des désherbants naturels, voire par des insectes et des animaux auxiliaires. Voici quelques stratégies non chimiques faciles à mettre en œuvre.

 Les jardiniers amateurs utilisent en moyenne 2 fois plus de substances chimiques au mètre carré qu’un agriculteur ! Ils participent ainsi activement à la pollution des nappes phréatiques, et certains produits de leurs potagers se retrouvent très chargés en résidus de pesticides. Apprenez à mener la lutte contre les herbes et les bêtes indésirables en accord avec l’écosystème. Et votre jardin reprendra vie !

Les animaux auxiliaires

Sans insecticides chimiques, vous n’êtes pas pour autant désarmé. Vos nouveaux alliés sont des animaux et des micro-organismes dits auxiliaires. Ils se nourrissent de ceux qui détruisent votre jardin. Ainsi, une coccinelle mange chaque jour une centaine de pucerons ; une musaraigne avale quotidiennement son poids en insectes, larves, limaces ; les punaises nettoient un verger de ses acariens ; un perce-oreille dévore les vers de la pomme ; une mésange se régale de chenilles… Mais ces animaux utiles ont peut-être déserté votre jardin, tués ou repoussés par les pesticides. Comment les faire revenir ? « En prévoyant un espace d’une dizaine de mètres carrés au moins où vous laissez pousser des plantes sauvages. Les animaux auxiliaires viendront le coloniser », explique Joëlle Pinto, spécialiste en produits de jardinage biologique. Pensez également à planter des fleurs riches en pollen et en nectar, et une haie diversifiée, qui leur servira de source de nourriture et d’abri. Vous pouvez aussi acheter en jardinerie des larves de coccinelle ou encore une préparation à base de bactéries (Bacillus thuringiensis), active contre les chenilles. Et même si vous en introduisez trop, il y a peu de risque de prolifération : les auxiliaires périssent s’ils n’ont plus à manger.

 Les insecticides naturels

Pensez à pratiquer l’association de plantes pour repousser les indésirables (fiche 24). Par exemple, les racines d’œillet d’Inde sécrètent une substance toxique pour les nématodes, responsables du dépérissement des tomates. Pour éliminer les limaces, vous pouvez disposer des planches de bois sur le sol et ramasser au matin les animaux venus s’y abriter. Également efficaces, les soucoupes remplies de bière : attirées par l’odeur, les limaces s’y noient. Tout aussi performants que leurs homologues chimiques contre les doryphores ou les pucerons, les insecticides à base d’extraits de végétaux comme la roténone et le pyrèthre sont non polluants. Il existe de nombreuses “recettes nature” pour fabriquer de très bons insecticides. Comme les purins d’ortie contre les pucerons du rosier, ou encore le marc de café autour des plants de carotte pour les protéger contre les mousses. Allez à la rencontre des agriculteurs ou des pépiniéristes qui cultivent bio dans votre région, ils partagent volontiers leurs recettes.

Les fongicides non chimiques

  Pour prévenir les maladies dues aux champignons, tel le mildiou, utilisez une bouillie comme la “bordelaise”, à base de cuivre. La fréquence de son application dépend du végétal à traiter (tous les 15 jours sur des pommes de terre, seulement fin janvier sur un pêcher). Quant au soufre, il s’utilise contre la tavelure du pommier, reconnaissable aux taches brunes, ou contre l’oïdium (taches blanches sur les feuilles), qui attaque vigne, rosier, bégonia, clématite… Ces produits naturels ont l’avantage d’être peu toxiques pour la faune environnante.

Les désherbants naturels

La technique la plus efficace pour désherber sans chimie est de couvrir le sol d’un paillage en ne laissant dépasser que ses plantations (voir fiche 25). Sous ce tapis de feuilles mortes, de paille ou de tonte de gazon, les herbes indésirables n’arrivent pas à sortir. Les pousses entre les dalles d’une allée peuvent être arrachées à la main ou ébouillantées à l’eau. C’est aussi performant qu’un agent chimique, mais un peu contraignant à mettre en pratique si l’allée est loin de la maison. Ou encore étendez sous une allée en gravier, en sable ou en broyat un géotextile (film perméable, en jardinerie) qui empêche la pousse des herbes indésirables. Vous pouvez aussi pratiquer un désherbage thermique (voir encadré fiche 28).

Mauvaises herbes

  En découpant en petits morceaux les racines ou les rhizomes de certains végétaux comme le rumex ou le liseron, le motoculteur favorise leur multiplication. Car chaque petit bout de racine se développera pour donner une plante !

 Abris pour insectes

  • Pour garder les insectes auxiliaires sur votre terrain, installez-leur des abris ! Dans le commerce, vous trouverez des nichoirs pour oiseaux, des maisons pour coccinelles... Mais vous pouvez aussi les fabriquer. " Quelques tiges creuses ou débris de plantes au sol, et la coccinelle s’en fait un gîte.
  • Un petit tas de tuiles suffit à abriter pour l’hiver les carabes, mangeurs de larves de chenille.
  • Les chrysopes, amateurs de chenilles et d’acariens, se nichent dans une bouteille découpée remplie de carton ondulé imprégné de sucre.

  Le désherbage thermique


SIMON LEVY, Spécialiste en produits pour le jardinage biologique
Les désherbeurs thermiques à flamme sont idéaux pour éliminer les mauvaises herbes sur de grandes surfaces éloignées de la maison (utiliser l’eau bouillante n’est pas pratique dans ces cas-là). Ces appareils fonctionnent au gaz et coûtent de 100 à 400 euros. Selon les modèles, ils se portent dans le dos ou sont installés sur un chariot. À l’aide de la lance, il faut passer la flamme près de l’herbe, sans pour autant la brûler, ce qui risquerait de ne pas tuer complètement le système racinaire. On lui fait simplement subir un choc thermique. La plante n’est alors plus capable d’assurer sa photosynthèse, se dévitalise et dépérit en quelques heures. Il suffit ensuite de l’arracher.
Plus d’info…
Terre vivante (Voir coordonnées de l’association fiche 23).

 

 60 millions de consommateurs /Fanny Blondin/ HSD Consommer Vert n°128 – oct.-nov. 2006

 

Category : ACTION PHYTOSANITAIRE ECOLOGIQUE | Write a comment | Print

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