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 Protéger les agriculteurs et leur garantir la qualité

10/4/2009

Protéger les agriculteurs et leur garantir la qualité                                                         
La semence (graine ou plant) est un véritable concentré de technologie et de potentiel. Mais quand on la regarde à l'oeil nu, il est impossible de prédire si elle germera, ce qu'elle donnera, si elle correspond effectivement à ce que l'on attend. Le résultat ne sera visible qu'après semis, puis récolte. De mauvaises graines peuvent être catastrophiques pour un agriculteur, et compromettre toute sa récolte.
La réglementation permet de garantir la variété et ses caractéristiques, ainsi que la qualité des semences. Elle est donc indispensable, et voulue par les agriculteurs et tous les utilisateurs. Elle est l'assurance d'échanges responsables et équitables.

Semences certifiées : pour des échanges responsables

Afin de protéger l'utilisateur des risques liés à la semence, une série de lois a été adoptée depuis plusieurs décennies. Elle a deux objectifs :
   - faciliter les échanges commerciaux;
   - protéger les agriculteurs des fraudes éventuelles et leur garantir la qualité des semences.

Il est essentiel pour un agriculteur de connaître les caractéristiques de la variété avant d'acheter la semence. Créé en 1932, le catalogue officiel des espèces et variétés recueille toutes les variétés commercialisables,préalablement décrites de façon rigoureuse. Une même variété ne pourra être vendue sous deux noms différents, ou un même nom ne pourra être attribué à deux variétés, comme cela a pu être le cas avant l'existence du catalogue. Ainsi,les agriculteurs sont assurés de disposer du matériel végétal en fonction des besoins de leur exploitation.
Le catalogue est un outil qui facilite les échanges.
   
    Au même titre que la connaissance de la variété, la garantie de la qualité est indispensable.Ainsi, une semence certifiée doit répondre à plusieurs critères de qualité, comme sa capacité à germer, sa pureté (il ne doit pas y avoir de mélanges avec d'autres variétés ou espèces) et son état sanitaire. L'état sanitaire d'une semence est essentiel : une semence malade peut infecter d'autres semences, les sols, et la maladie peut se propager dans toute une région.
Utiliser des semences saines est un acte qui peut engager l'intérêt collectif.

Variétés et semences : comment ça marche ?

Les semences certifiées, pour des échanges responsables 

Le catalogue officiel,
référence et transparence

Condition à la commercialisation des semences, l'inscription au catalogue officiel relève du ministère de l'Agriculture, qui s'appuie sur le CTPS(1) et sur le GEVES(2).

Pour pouvoir être inscrite, la nouvelle variété doit prouver qu'elle est bien distincte des autres (que ce n'est pas une fausse nouveauté), qu'elle est homogène (que toutes les semences portent le même patrimoine génétique), et stable (que ses qualités se conserveront au fil des générations).

Pour les espèces potagères, l'examen s'arrête ici. Les espèces de grandes cultures ou agricoles doivent encore prouver qu'elles apportent une valeur agronomique (rendement,résistance aux maladies...) et/ou technologique supplémentaire (qualité boulangère pour le blé, par exemple).

En 2004, le catalogue officiel français des espèces et variétés regroupe 5082 variétés représentant 144 espèces. Les catalogues de tous les pays européens sont ensuite réunis dans le catalogue européen (voir ci-dessous et rubrique"Europe").

Une batterie de contrôles
Le contrôle des semences agricoles est assuré par le Service officiel de contrôle et de certification (SOC), sous la tutelle du ministère de l'Agriculture, depuis 1962.
Une fois la variété inscrite au catalogue, le SOC intervient à chaque génération de multiplication des semences, en contrôlant l'identité et la pureté variétales, la faculté germinative et l'état sanitaire des semences.Dans les champs, les contrôleurs s'assurent de la variété et du respect des règles de production : deux à douze (pour certains hybrides) visites annuelles sont réalisées. Une fois les semences récoltées, des échantillons sont prélevés et analysés afin de vérifier leur état sanitaire, leur faculté germinative et leur pureté spécifique (pas de mélanges avec d'autres espèces).
Lorsque tous ces contrôles sont effectués, les semences sont enfin certifiées:les emballages sont officiellement et hermétiquement fermés puis étiquetés.

 Les échanges internationaux

En Europe
Depuis la fin des années 1960, un ensemble de directives européennes harmonise les procédures d'un pays à l'autre, ce qui permet la libre circulation des semences sur tout le territoire européen.
Chaque pays peut cependant imposer ses propres normes si elles sont plus strictes que les règles européennes. En France par exemple, la pureté variétale exigée peut être bien supérieure à celle exigée par l'Europe: une semence de blé doit être pure à 997 pour mille, alors que la norme européenne est de 990pour mille.

Dans le monde
Lorsqu'un pays tiers souhaite exporter ses semences en Europe, des experts vont vérifier que les exigences de qualité du pays exportateur sont compatibles avec celles de l'UE. Si tel est le cas, une équivalence est délivrée et la libre circulation autorisée.
Par ailleurs, un système international régule les échanges internationaux des semences. L'OCDE(3) a mis en place, en 1958, un système de certification qui fédère aujourd'hui 48 pays. Une liste annuelle de variétés fournit les informations notamment sur le (ou les) obtenteur(s), et le (ou les) pays où la variété est inscrite. La liste 2004-2005 rassemble près de 33 000 variétés issues de 185 espèces agricoles.

(1)CTPS : Comité technique permanent de la sélection
(2) GEVES : Groupe d'étude et de contrôle des variétés et des semences
(3) OCDE : Organisation de coopération et de développement économique

Point de vue :

 Michel Boucly, directeur des engagements et du développement
chez Sofiprotéol, l'établissement financier de la filière des huiles et
des protéines végétales.
   
Développer les cultures oléo-protéagineuses et dynamiser les filières par la traçabilité

« Confrontés au marché mondial bien avant l'agenda 2000, les producteurs d'oléo-protéagineux n'ont cessé, depuis plus de 20 ans, d'élargir leurs débouchés et la valorisation de chacun des maillons de leur filière. A un moment où notre agriculture est dans le doute, l'exemple du colza doit redonner confiance en l'avenir.
Tout d'abord, cette espèce n'aurait pu connaître son essor actuel sans les succès obtenus par les sélectionneurs. Ceux- ci ont, à deux reprises, permis la reconversion totale de la culture : d'abord pour s'affranchir de l'acide érucique, ensuite pour abaisser les glucosinolates, permettant ainsi une revalorisation de l'image du colza sur les marchés de l'alimentation humaine et de la nutrition animale.
A présent que la demande sociétale de lutte contre l'émission de gaz à effet de serre nous ouvre grand la porte des débouchés non alimentaires avec le diester,il faut que toute la filière se mobilise à nouveau pour accroître la productivité et la compétitivité de la culture.
A l'instar de nos voisins allemands, qui ont dépassé à la récolte 2004 les 40quintaux de rendement national sur plus d'1,2 million d'hectares de colza,saurons-nous exploiter toutes les ressources de cette plante ? Les Allemands cultivent 60 % de variétés hybrides. Ils bénéficient ainsi d'un effet"d'hétérosis" que nos semenciers sauront certainement adapter au marché français pour contribuer à l'approvisionnement d'un marché d'huile en forte progression.
Une belle illustration de "l'esprit filière" se manifeste aussi en alimentaire, avec le lancement par LESIEUR de l'huile "Fleur de Colza", qui a repositionné le colza au premier rang des huiles nutritionnelles, grâce à ses oméga 3. Depuis le recours aux semences certifiées en amont, jusqu'à une trituration en première pression dans les outils industriels de la filière à l'aval, les productions françaises contractuelles de "Fleur de Colza" sont aujourd'hui totalement tracées. Elles symbolisent ainsi notre vision dynamique de "l'avenir en filière". »

Source :http://www.gnis.fr

 

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