Conservation de la biodiversité cultivée : qui fait quoi ? » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Conservation de la biodiversité cultivée : qui fait quoi ?

9/4/2009

Conservation de la biodiversité cultivée : qui fait quoi ?                   juin 2007

La préservation de la biodiversité est devenue une préoccupation environnementale majeure de notre société.
En agriculture, la biodiversité a été très largement enrichie par l'Homme à partir d'espèces sauvages qu'il a domestiquées depuis la préhistoire. L'Homme a ainsi créé des paysages, des races pour les animaux, des variétés pour les plantes. Le patrimoine génétique des plantes, sans cesse amélioré pour leur usage, est contenu dans les semences.

  Ressources génétiques : réseaux et collections nationales

Par sa tradition agricole associée à une politique de prospection, d'acclimatation et d'amélioration des plantes, la France est riche en ressources génétiques pour toutes les espèces cultivées sur son territoire, en zones tempérée et tropicale. Ces ressources constituent un matériel original et diversifié et représentent un véritable capital pour l'avenir.
La filière semences a logiquement été la première en France à se préoccuper de conserver la biodiversité cultivée : depuis plus d'un siècle, les semenciers répertorient, décrivent et maintiennent les ressources génétiques (variétés anciennes et nouvelles, populations, espèces apparentées...) de toutes les espèces comestibles. Le travail de Vilmorin sur son catalogue au XIXème siècle reste à ce jour une référence.
Dans les années 80, les pouvoirs publics français ont adopté une stratégie nationale pour appuyer durablement la conservation des ressources génétiques végétales. Celle-ci est assurée par les acteurs concernés (entreprises de semences, instituts publics) qui partagent les responsabilités et les tâches, sous l'égide du BRG*. Ils coopèrent au sein de réseaux (26 à ce jour pour les espèces tempérées) et d'une plate-forme commune (pour les espèces tropicales et méditerranéennes). Une partie des ressources génétiques ainsi préservées sont regroupées en collections nationales (qui comportent aujourd'hui environ 31 000 "variétés") ou internationales qui sont accessibles à tous.
Ces activités s'inscrivent dans les différents programmes internationaux : Plan d'Action Mondial pour les ressources phytogénétiques sous l'égide de la FAO, programmes européens ECP/GR pour les espèces cultivées.


Malheureusement, si les sélectionneurs ont des collections dans toutes les espèces, certaines d'entre elles, et non des moindres, comme la pomme de terre ou le haricot, ne sont pas encore partagées en réseau et ne font pas l'objet de collections nationales. La France est également en retard dans la mise en place d'une autorité responsable des échanges de ressources génétiques.
On peut espérer que la nécessité pour notre pays de mettre en œuvre les traités qu'il a ratifiés, et l'intérêt croissant de la société pour la biodiversité pousseront tout gouvernement futur à prendre rapidement les décisions indispensables. 

Des variétés anciennes de légumes
conservées et commercialisables

Conserver la biodiversité est nécessaire, mais ne suffit pas à satisfaire les demandes des utilisateurs et des consommateurs : ce qui est conservé doit être caractérisé puis rendu disponible. C'est dans ce but que les professionnels des semences potagères et les pouvoirs publics, soucieux de valoriser le patrimoine français, ont mis en place en 1997 une liste de variétés anciennes pour amateurs, qui permet d'inscrire ces variétés et de les vendre aux amateurs. Les critères d'inscription sur cette liste sont plus souples que ceux exigés pour les nouvelles variétés mises sur le marché professionnel. Par ailleurs, contrairement au catalogue officiel, l'inscription est quasiment gratuite, car son coût est totalement pris en charge par le Gnis, la FNPSP* et le Geves*, et donc à la portée de toute personne désireuse de conserver et de vendre ces variétés. Les variétés anciennes sont ainsi conservées et vendues par des entreprises et artisans semenciers qui respectent les règles, et donc les consommateurs, en leur garantissant la qualité des semences et l'identité des variétés annoncées. Ainsi, plus de 250 variétés anciennes sont inscrites sur cette liste, sans oublier toutes les variétés anciennes du domaine public inscrites au catalogue pour professionnels.
Aujourd'hui, la France est le seul pays de l'UE à avoir mis en place une liste pour les variétés patrimoniales, mais une directive sur les variétés menacées d'érosion génétique est en cours d'élaboration à Bruxelles, qui devrait reprendre le concept de cette liste. Le volet sur les semences de grandes cultures est dores et déjà rédigé, tandis que celui concernant les potagères devrait être établi fin juin 2007.

* BRG : Bureau des ressources génétiques
FNPSP : Fédération nationale des professionnels des semences potagères
Geves : Groupe d'étude et de contrôle des variétés et des semences
ECP/GR : Programme européen de coopération pour les réseaux de ressources génétiques des semences.

 

Le catalogue des espèces et variétés

Le Catalogue a été créé en 1932 à la demande des agriculteurs. Il répertorie les variétés, ce qui permet d'éviter que des variétés différentes soient vendues sous le même nom, ou qu'une même variété ait des appellations différentes. Il protège les acheteurs de semences d'une mauvaise surprise, lors de la récolte par exemple.
Ainsi, la loi oblige pour les espèces principales que les variétés soient inscrites avant toute commercialisation des semences (mais pas toutes, les semences de roquette et de topinambour par exemple peuvent être vendues sans être inscrites).
Pour être inscrite, la nouvelle variété, une fois dénommée, doit prouver qu'elle est distincte des variétés existantes (donc nouvelle), homogène (constituée de plantes identiques) et stable (elle conserve ses qualités dans les générations suivantes). Les variétés agricoles doivent en plus apporter un progrès agronomique et/ou technologique. Les tests sont réalisés par le Geves, puis l'inscription est acceptée ou refusée par le ministère de l'agriculture.
Chaque année, plus de 500 nouvelles variétés, potagères et agricoles, sont inscrites au Catalogue français.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Source : http://www.gnis.fr

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