LES MONILIOSES : maladies des arbres fruitiers » maladies des plantes , agriculture et écologie

 LES MONILIOSES : maladies des arbres fruitiers

3/4/2009

1.LES MONILIOSES :maladie commune de certains arbres fruitiers

Ce sont des pourritures brunes à violet qui s’étendent rapidement à l’ensemble des fruits. Ceux-ci se recouvrent de coussinets bruns et grisâtres en cercles concentriques puis se momifient sur l’arbre. Les coussinets sont parfois différents selon l’espèce d’arbre. Les arbres fruitiers les plus sensibles sont : abricotier, cerisier, pommier, poirier, prunier, pêcher. Ces monilioses sont dues à Monilia-Laxa, etc... Monilia Fructigena.

 

On trouve aussi des Monilioses sur les fleurs d’abricotier, cerisier, pommier et prunier essentiellement dues à Monilia-Laxa. Ces monilioses provoquent énormément de dégâts puisqu’ils peuvent entraîner la mort de l’arbre. On les reconnaît par le dessèchement des fleurs puis des rameaux puis des branches qui finissent par mourir. Sur ces trois fruitiers cités, cela provoque très souvent des écoulements de gomme et des formations de chancre à la base des rameaux morts.

 

Lutte :

 La première opération consiste à enlever toutes les momies restées dans l’arbre, sous l’arbre et tailler les rameaux morts. A la chute des feuilles puis en pré-débourrement faire un traitement à la bouillie bordelaise , ensuite deux traitements fongicides minimum seront nécessaires. Le premier juste avant la floraison ; le second à 75% de la chute des pétales

 

Article de Michel LE POTTIER paru dans le bulletin de la SHPA.

 

2. Les monilioses : symptômes et dégâts

Les monilioses, redoutables maladies des arbres fruitiers à noyaux et à pépins affectent aussi de nombreuses espèces florales. Une vingtaine d’espèces de Monilia peut se développer sur des végétaux appartenant essentiellement à la famille des Rosacées. Les espèces les plus fréquentes en France sont Monilia fructigena et Monilia laxa, dont les attaques peuvent nuire à la qualité décorative des espèces ornementales et conduire à une perte de récolte chez les espèces fruitières.

Symptômes et dégâts

- Sur les bourgeons : les Monilia peuvent se développer dès le départ de la végétation et détruire un certain nombre de boutons floraux.

- Sur les bouquets floraux : le symptôme le plus spectaculaire est le flétrissement brusque de l’ensemble des bouquets floraux et des jeunes feuilles d’un rameau, d’une branche entière, parfois de l’ensemble de l’arbre. Tous ces organes flétrissent, brunissent, se dessèchent et restent fixés au rameau. Par temps humide les fructifications de ces champignons se forment rapidement : petits coussinets de quelques mm, fauves pour le Monilia fructigena, gris pour le Monilia laxa.

- Sur rameaux : à la suite de l’envahissement des fleurs, le champignon progresse sur les parties ligneuses. Les rameaux se dessèchent, les branches aussi, parfois sur plusieurs dizaines de cm, ou portent des lésions rougeâtres. Les espèces à noyaux réagissent souvent à ces lésions par un écoulement gommeux. Les Monilia peuvent fructifier sur toutes les parties hébergeant le champignon. Ces destructions plus fréquentes sur les essences à noyaux que sur les fruitiers à pépins, entraînent une diminution substantielle de la récolte, pouvant aller jusqu’à la perte totale de fruits. Sur les Prunus ornementaux, une attaque de Monilia peut causer la destruction complète de la floraison. Les cerisiers japonais à fleurs (entre autres espèces, sensibles), en subissent particulièrement les dommages.

- Sur les fruits : les monilioses peuvent se manifester à toutes les étapes de la croissance des fruits. Les jeunes fruits se déshydratent, se ratatinent et restent accrochés à l’arbre. C’est au stade de la maturité que les attaques de Monilia sont les plus fréquentes. Dans la plupart des cas, la maladie se développe à partir d’une blessure ou au contact avec un fruit malade.

Une pourriture brune envahit rapidement tout le fruit et se couvre des fructifications caractéristiques de l’espèce présente : c’est le symptôme du « rot-brun ». Dans le cas du Monilia fructiqena, sensible aux alternances jour-nuit, les fructifications sont disposées en cercles concentriques, alors que celles de Monilia laxa apparaissent au hasard. Par temps chaud et sec, certains fruits se ratatinent, forment des momies dures, qui peuvent subsister sur l’arbre jusqu’au printemps. Dans ces organes desséchés le champignon n’est pas mort, à la faveur d’un redoux les Monilia peuvent à nouveau fructifier. Sur les fruits à pépins apparemment sains mais contaminés et stockés au fruitier, la pourriture va se développer en prenant un faciès différent. Les fruits conservent leur forme, mais à l’obscurité ils deviennent noirs, luisants et ne présentent pas de fructifications, ou seulement quelques masses mycéliennes blanches.

Contrairement à certaines affirmations, les 2 espèces de Monilia, d’ailleurs essentiellement inféodées à la Famille des Rosacées, sont des champignons pathogènes des Pomoïdées et des Prunées, mais le Monilia laxa plus précoce est plus fréquemment la cause de flétrissement sur les espèces à floraison hâtive.

4. Méthodes de lutte

Une moniliose déclarée ne peut être enrayée efficacement.
La lutte vise à éliminer les sources de contaminations et à prévenir l’infection en cours de végétation.

- La prophylaxie est prioritaire et doit précéder toute lutte chimique : il est donc impératif d’éliminer les fruits pourris tombés au sol, les momies encore fixées aux rameaux, les rameaux morts ou portant des lésions. Ces fruits et déchets doivent être enfouis ou brûlés, pour éviter la formation et la dissémination des spores émises après le ramassage. Le travail du sol au pied des arbres permet l’enfouissement de fragments végétaux pouvant héberger les champignons.

- Lutte chimique

traitement d’hiver : traitement aux produits cupriques visant à détruire un grand nombre de structures d’agents pathogènes susceptibles de sporuler et de spores hivernantes, dont les Monilia. (le traitement doit être précoce sur les Prunus à reprise d’activité hâtive, surtout en climat doux)

  • sur fruitiers à noyaux, Prunus ornementaux

stade pré floral -> procymidone ou stade post floral (chute des pétales) -> (myclobutanyl + mancozébe) ou fenbuconazole

  • sur arbres fruitiers à noyaux et à pépins

traitement avant récolte - mêmes molécules (tenir compte des délais de traitement avant récolte) prévoir un traitement après une chute de grêle

Plantes sensibles à M. fructigena et à M. Iaxa

Abricotier, amandier, cerisier ,cognassier, cognassier du Japon, cornouiller, cotoneaster, Crataegus (aubépines), kaki, figuier, laurier cerise, néflier, néflier du Japon, noisetier, pêcher. Pirus, Malus, prunier, Prunus ornementaux (dont P. serrulata : cerisier à fleurs japonais, P. triloba dont la forme ‘flore pleno’), Pyracantha, vigne.

M.fruçtiqena est aussi connu sur les sorbiers, les Rubus (dont les variétés horticoles), les myrtilles et M.laxa sur rhododendron. D’autres espèces sont, en particulier, spécifiques des Éricacées, azalée et myrtilles.

Conférence de Maryvonne Decharme

 

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