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 CONSIGNES POUR LA CULTURE DU BLÉ DE PRINTEMPS BIOLOGIQUE OU CULTIVÉ SANS INTRANTS CHIMIQUES

27/3/2009

CONSIGNES POUR LA CULTURE DU BLÉ DE PRINTEMPS

BIOLOGIQUE OU CULTIVÉ SANS INTRANTS CHIMIQUES

Par Pierre Lachance, agronome, MAPAQ

 

1- Choisissez le meilleur champ

1. Le blé compétitionne assez bien les mauvaises herbes annuelles mais pas les vivaces. Évitez la culture du blé dans un champ infesté de chiendent, par exemple.

2. Évitez les retours de maïs, de blé et d’orge pour limiter vos risques d’infection par la fusariose et ses conséquences dramatiques sur le contenu en vomitoxine de la récolte.

3. Le nivellement, un égouttement efficace et le drainage permettent croissance et une maturité uniforme .Ceci facilite le contrôle des mauvaises herbes et permet une récolte plus hâtive.

 

2- Semez le plus tôt possible

Il est démontré que plus tôt le blé est semé, meilleurs sont les rendements et plus facile est le contrôle des mauvaises herbes. Le blé croît mieux que la plupart des mauvaises herbes dans un sol encore froid. Le semis hâtif lui permet donc de prendre une avance confortable sur les mauvaises herbes. Le faux semis n’est pas

indiqué pour le blé.

 

3- Du blé IP (Identité Préservée)

1. Le marché du blé panifiable bonifie le prix des récoltes dont l’identité de la variété est préservée (IP).

Prenez toutes les précautions pour semer puis récolter une variété pure à 100%. Les lots mélangés risquent d’être escomptés ou de se vendre sur d’autres marchés que celui du blé panifiable.

2. Attention à la contamination par d’autres variétés au semoir, à la batteuse, au silo et lors du transport!

Soyez méticuleux du semis jusqu’au moulin! De multiples variétés dans un même champ augmentent la difficulté de récolter hâtivement et augmentent les risques de germination sur l’épi.

 

4- Semez une forte population

Une population dense réprime mieux les mauvaises herbes. Ne semez pas des kilogrammes mais bien des grains. Visez un minimum de 460 plants établis au m 2 . Mesurez votre performance, en comptant au stade 2 feuilles, 80 plants par mètre linéaire pour un semis au 7 pouces ou 76 plants par mètre linéaire au 6,5 pouces.

Calculez votre taux de semis en tenant compte du pourcentage de germination de votre lot de semence. Si vous obtenez vos semences à l’avance, vous pouvez facilement vérifier ce pourcentage en semant 100 grains dans une caissette sur du papier absorbant ou du terreau.

Calculez votre taux de semis en tenant compte du poids aux mille grains. Vous pouvez le calculer en pesant un échantillon de mille grains sur une balance alimentaire.

Considérez aussi une perte pouvant aller jusqu’à 10% due à la fonte des semis et aux sarclages.

 

5- Semez à une profondeur de un (1) pouce

La profondeur de semis idéale se situe à un (1) pouce. Dans certaines conditions et dans certains sols, on doit semer un peu plus profond. Par contre il est risqué de semer moins profondément car le plateau de racines (qui se forme au-dessus de la graine) sera trop superficiel et le plant sera plus stressé en période sèche.

Nous avons constaté des profondeurs de semis variant de 0 à 4 pouces dans un même champ! Les meilleures performances de semis vont placer les graines entre ½ et 1 ½ pouce. Le type de semoir et la préparation du sol ainsi que le nivellement sont les facteurs déterminants. Certains sols bénéficient d’un roulage avant semis.

Les grains, même si ils germent, ne s’établissent pas tous. Les grains semés trop profondément sont plus susceptibles à la fonte des semis, s’épuisent avant d’atteindre la surface et n’ont pas l’énergie pour soutenir la compétition. Ces plants avortent donc après avoir consommé minéraux, eau et lumière sans donner de récolte

en retour..

 

6- Évitez de provoquer le tallage

Évitez de provoquer le tallage. Concentrez votre récolte sur les brins maîtres pour une meilleure qualité de grains. Deux plants ayant chacun un épi contrôlent mieux les mauvaises herbes qu’un seul plant à deux talles.

De plus, deux plants exploitent mieux le milieu.

 

7- La houe rotative et la herse-peigne ( selon Maryse Leblanc, IRDA)

Si les mauvaises herbes sont trop abondantes, le sarclage peut aider à les contrôler. La houe et le peigne sont à utiliser avec modération et certains stades sont à éviter.

Houe rotative (picotteuse) : les pertes de plants peuvent atteindre 6 à 10% pour un passage en prélevée.

Herse-peigne : les pertes de plants peuvent atteindre 10% pour un passage à l’apparition de la deuxième feuille.

Pour la houe comme pour la herse-peigne des pertes de rendement n’ont été observées que pour trois passages et plus. Cependant, un passage agressif de herse-peigne peut enterrer des plants qui ne se

relèveront pas.

 

8- Limitez la fertilisation azotée

L’azote des fumiers augmente les rendements et le niveau de protéines. En contrepartie, trop d’azote profitera plus aux mauvaises herbes qu’au blé. Trop d’azote provoquera la verse augmentant ainsi la fusariose et une teneur plus élevées en vomitoxine. À défaut de bien connaître l’effet du fumier choisi en fonction de votre sol et

de votre variété, fertilisez avec modération.

 

9 - Criblez la récolte

En pré-criblant, au moyen d’un crible rotatif , vous enlevez la plupart des fleurs de mauvaises herbes et des particules de blé (glumes) qui nuisent à la ventilation en silo. Nous avons mesuré jusqu’à 25 ppm de vomitoxine sur les glumes du blé. L’ajout d’un vent au pré-criblage permet d’enlever plus de ces particules. Un autre moyen est d’augmenter le vent sur la batteuse.

 

9- Ne récoltez que le bon grain !

Évitez de récolter les blés versés. Les épis sont près du sol et mal aérés. Ces épis risquent de déclasser votre récolte par leur teneur en vomitoxines ou par l’indice de chute.

 

10- La récolte hâtive ou anticipée

C’est un phénomène naturel, le grain de blé commence sa germination sur l’épi dès qu’il est mûr. Cette germination induit des enzymes qui nuisent à la panification. Ce phénomène est mesuré par le test de l’indice de chute. En récoltant hâtivement, vous prévenez la germination sur épi et vous vous assurez un bon indice de chute. Vous devrez ventiler ou même sécher. En séchant la récolte, vous arrêtez le développement de la fusariose (DON) sur les grains.

1. Récolte hâtive : 15% - 16% humidité

Exige un silo avec plancher perforé et ventilation. Ventilez jusqu’à 14% pour éviter tout risque de chauffage.

2. Récolte très hâtive : 17% - 19% humidité

Un séchage avec chaleur sera nécessaire si les conditions sont froides et humides. Attention, au séchage si le grain atteint 60°C les protéines à gluten sont dénaturées de façon irréversible (cuisson). Dans les champs à maturité inégale (vallons, égouttement insuffisant, etc…), il y a risque de récolter des grains verts.

Ceci n’est pas souhaitable.

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