Les vers de terre : de véritables petites merveilles » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Les vers de terre : de véritables petites merveilles

3/3/2009

Les vers de terre : de véritables petites merveilles

Introduction

Les vers de terre ne font pas qu'améliorer la texture du sol. Ils nous renseignent énormément sur la qualité de la gestion des sols.

Les vers de terre sont les organismes du sol qui sont les plus faciles à reconnaître. Les agriculteurs et les jardiniers les considèrent depuis longtemps comme les indicateurs d'un sol en bonne santé. Les nouveaux adeptes du semis directs rapportent que leur sol est en meilleur état en raison de l'augmentation des populations de vers de terre, et ils ont raison de faire cette affirmation. En fait, les vers de terre sont souvent considérés comme des organismes indicateurs pour suivre les changements dans la qualité des sols.

Les agriculteurs peuvent apprendre beaucoup au sujet de leurs sols en observant les populations de vers de terre. Il y a aussi une question de gestion. Bon nombre de pratiques agricoles ayant un effet sur les vers de terre influent aussi sur les organismes du sol. En raison de leur taille, toutefois, les vers sont faciles à étudier et à surveiller. Alors regardons de plus près cette brave créature.

Les espèces de vers de terre et leur habitat

Il existe des milliers d'espèces de vers de terre dans le monde, mais on en compte qu'une vingtaine au Canada. Les espèces que l'on retrouve au pays (sauf dans une petite région de l'île de Vancouver) ne sont pas indigènes. Les vers de terre indigènes ont été éliminés par les calottes glaciaires qui ont recouvert le Canada il y a environ 15 000 ans. Les vers de terre du Canada ont été en quelque sorte importés d'Europe par les premiers colons sur les porte-greffes qu'ils apportaient avec eux et dans la terre qu'on utilisait comme lest pour les bateaux.

Les vers de terre sont plus abondants dans les sols de texture fine et moyenne (les sols argileux et les loams). Ils sont moins répandus dans les sables, les graviers et les sols acides. Les vers de terre respirent par la peau et doivent rester humides pour survivre. Ils tendent à se déshydrater dans les sols qui demeurent longtemps secs.

On trouve deux types de vers de terre dans les sols agricoles du Canada. D'abord, Lumbricus terrestris, appelé lombric ou ver de terre commun, qui creuse de profondes galeries dans le sol. Il s'agit des vers qui sont généralement vendus comme appâts pour la pêche. Les adultes mesurent de 10 à 30 cm de longueur. Ils creusent de larges tunnels verticaux permanents qui pénètrent jusqu'à deux mètres de profondeur dans le sol. Ils entraînent dans leur tunnel les débris végétaux de la surface, et dans certains cas du matériel vivant, qui sont ameublis avant d'être ingérés.

Dans les champs qui contiennent suffisamment de résidus à la surface, on peut observer des turricules (mélanges de résidus de plantes, d'excréments de vers et de petits cailloux), formés par les vers au-dessus de l'entrée de leurs tunnels. Ces petits monticules protègent les tunnels et servent de garde-manger.

Le travail du sol et les rotations qui réduisent les quantités de résidus à la surface du sol exercent beaucoup d'effet sur les populations de vers de terre communs. Le labour peut déranger les œufs qui ont été pondus à la surface, endommager les tunnels et blesser les vers. Si vous souhaitez favoriser la présence des vers de terre, laissez des résidus de culture à la surface du sol, car ils sont nécessaires à leur alimentation et à leur protection.

On retrouve aussi, dans les champs cultivés, des vers qui habitent dans la couche supérieure du sol. Plusieurs de ces espèces de plus petite taille se tiennent dans les 10 à 30 premiers centimètres du sol. Les adultes peuvent mesurer moins de 20 mm jusqu'à plus de 15cm. Ces vers de terre ne construisent pas de tunnels permanents, mais se promènent ici et là dans le sol. Le travail du sol les dérange aussi, car toute réduction de résidus à la surface fait baisser les populations. Les cultures en croissance et les résidus de culture leur fournissent la nourriture et protègent le sol des fluctuations extrêmes d'humidité et de température qui réduisent aussi les populations de vers.

Pour augmenter les populations de vers de terre

Les vers de terre, tout comme les autres organismes qui recyclent les éléments nutritifs du sol et stabilisent sa structure, contribuent à la santé du sol. Il est intéressant d'observer les fluctuations dans les populations de vers de terre pour vérifier l'effet des pratiques agricoles sur la vie du sol.

Les vers mélangent le sol et les résidus de culture en favorisant la décomposition de la matière organique et le recyclage des éléments nutritifs. Ils laissent des empreintes remplies de ces éléments sur les murs de leurs tunnels. Les racines des plantes se développent souvent le long de ses tunnels ou à l'intérieur de ceux-ci, et profitent de la structure améliorée du sol, des plus grandes quantités d'éléments nutritifs qui s'y trouvent et de la texture meuble du sol le long du tunnel qui favorise l'étalement des racines.

Les tunnels contribuent à accroître la porosité du sol, en facilitant le déplacement de l'air et de l'eau. Les macropores formées par les tunnels des vers de terre communs facilitent le drainage. L'amélioration rapide du drainage observée dès qu'on adopte la technique du semis direct est attribuable aux tunnels verticaux formés par les vers.

Les prédateurs des vers de terre sont nombreux : les oiseaux, les ratons laveurs, d'autres petits animaux et un grand nombre d'insectes nuisibles aux cultures dont la pollenie du lombric. Cette dernière est répandue dans les vieilles demeures rurales et se reproduit en pondant des œufs sur une espèce particulière de ver de terre.

Ce sont toutefois les activités humaines qui ont le plus d'effet sur les populations de vers. Le déplacement de la terre pour la construction de maisons et les dérangements à grande échelle ont le plus d'impact, suivis du travail du sol intensif et de l'insuffisance des rotations. L'application de pesticides n'a habituellement pas d'effet sur les populations de vers de terre.

Il est rentable d'encourager l'abondance et la diversité des populations de vers de terre dans le sol. Certains ensemencent leurs champs avec des œufs de vers de terre, mais l'amélioration des techniques culturales est plus efficace. Si la source de nourriture et l'habitat requis font défaut, les vers ne se développeront pas et ne se reproduiront pas.

Pour accroître la population de vers de terre sur votre ferme, réduisez ou éliminez le travail du sol; variez les rotations avec des fourrages et des petites céréales; épandez du fumier ou gardez des résidus de culture à la surface et semez des cultures de couverture.

Trois observations sur les vers de terre

1.      Le ramassage des vers de terre pour le marché des appâts aux États-Unis est un gros commerce. Dans la plupart des champs ayant des populations de vers de terre assez élevées pour intéresser les ramasseurs (champs sans travail du sol, foin, pâturage, pelouse) les vers peuvent être ramassés de façon limitée avec peu ou pas d'effet négatif. Soyez vigilants toutefois lorsque vous signez un contrat avec des ramasseurs. Pour plus d'information sur le ramassage des vers, consulter le site Web d'Agriculture Canada.

2.    Les goélands sont souvent blâmés pour les pertes importantes de vers de terre après le labourage. Mais le labourage cause plus de dommages que les goélands. Les goélands mangent les vers et d'autres organismes du sol qui ont été perturbés ou sont remontés à la surface en raison du labour.

3.    L'application d'ammonium anhydre et de fumigants tue les vers de terre dans la bande de terre ainsi stérilisée. Généralement, l'effet ne persiste pas, car les populations se renouvellent dans le sol environnant. Attention : il se peut que les populations ne se renouvellent pas si les rotations et les pratiques culturales ne favorisent pas la présence des vers.

 

Source : http://www.omafra.gov.on.ca/french

 

 

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