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 Fiche technique: La Mineuse de l'Oranger

3/3/2009

Fiche technique: La Mineuse de l'Oranger

Phyllocnistis citrella (St), Lépidoptère: Phyllocnistidae

 

 Plantes hôtes

Cette mineuse vit principalement aux dépens des agrumes. Sa présence a été signalée également sur jasmin, vigne et diverses légumineuses, sans pour autant pouvoir compléter son cycle biologique.

Symptômes et dégâts

Sur les jeunes feuilles, on peut observer des galeries produites par les chenilles de ce ravageur. Ces galeries serpentent sur le limbe avec un parcours sinueux. Le milieu de ces galeries est marqué par une ligne blanchâtre puis sombre, provenant des excrétions des chenilles.

La feuille atteinte est partiellement ou totalement enroulée, présentant des nécroses plus au moins accentuées. Lors d'une forte infestation, l'attaque peut s'étendre aussi aux jeunes rameaux. Par temps de sécheresse, des chutes de feuilles attaquées peuvent être observées. Le développement des arbres atteints se trouve ainsi ralenti et le rendement réduit.

Description de l'insecte

L'adulte est un petit papillon d'environ 3 mm d'envergure et de couleur blanc-argenté. Les ailes antérieures portent des bandes sombres et une tache circulaire noire à leurs extrémités.

La chenille est aplatie, allongée et de couleur jaunâtre à tous les stades de son développement. La chrysalide est de couleur brun-jaunâtre et porte des yeux.

Biologie

Les adultes hivernent et apparaissent dans les plantations tôt au printemps.

La ponte a lieu sélectivement sur les jeunes feuilles issues de nouvelles pousses, souvent à proximité de la nervure principale.

L'oeuf est déposé soit isolément, soit par groupe de 2 ou 3 éléments juxtaposés, sur l'une ou l'autre face de la feuille. Des pontes peuvent également être observées sur jeunes rameaux.

Le chenille creuse une galerie blanc-argentée sous l'épiderme de la feuille en passant par quatre stades. Au terme de son développement, elle se chrysalide généralement sur le bord de la feuille qu'elle replie en étui pour y tisser le cocon nymphal. Sur rameau, ce cocon est confectionné directement dans la galerie larvaire.

La durée du cycle biologique peut varier, en fonction de la température, de 14 à 47 jours. Elle est de 23 jours à 35°C et de 47 jours à 20°C. Dépendant notamment de la présence de jeunes pousses et des conditions climatiques, le nombre de générations annuelles varie entre 5 et 14. Au sud de l'Espagne, le niveau maximum de la population est atteint au printemps et à l'automne.

La dynamique des populations de cette mineuse est étroitement liée au développement végétatif de l'espèce ou variété d'agrumes attaquée, surtout à l'époque d'apparition des pousses.

Importance économique

Originaire de l'Asie du sud-est, l'insecte est maintenant largement répandu. Il a été signalé dans plusieurs pays comme ravageur important des agrumes, provoquant la défoliation des arbres et l'arrêt du développement des pousses.

Au Maroc, le ravageur a été observé dans les zones du Nord, de l'Oriental et du Gharb avec des attaques assez importantes. Bien que l'impact réel sur la production ne soit pas encore bien connu, l'insecte constitue une menace très sérieuse pour les vergers et les pépinières d'agrumes au Maroc, compte tenu de l'importance de ses dégâts et de la rapidité de sa propagation.

Lutte

Les techniques de lutte préconisées peuvent être résumées comme suit:

Quarantaine interne

- Interdire la circulation des plants des zones contaminées vers les zones encore indemnes (Tadla, Haouz et Sous).

Lutte culturale

-Taille adéquate
- Irrigation raisonnée
- Elimination des jeunes pousses à l'intérieur de l'arbre (les "gourmands").

Lutte chimique

Quoique néfaste sur les auxiliaires, la lutte chimique est actuellement la méthode la plus efficace pour combattre la mineuse de l'oranger. En effet, les traitements chimiques sont indispensables pour protéger les pousses de printemps et celles d'automne.

Etant donné que le stade larvaire est le plus vulnérable, les applications de produits phytosanitaires sont recommandées dès l'apparition des mines. Le nombre d'applications peut varier de 2 à 5 par an.

Selon l'expérience acquise dans d'autres pays, les produits et les doses préconisées pour les traitements des chenilles en pépinière et en verger sont  présentés dans le tableau.
 

Epoque

Produit phytosanitaire 

Dose du produit commercial par hl (1)

Matière active

Produit commercial

Printemps

Abamectin 

VERTIMEC 

25-40 ml

Diflubenzuron 

DIMILIN 25 

40-60 g

Imidaclopride 

CONFIDOR 

50 ml

Diméthoate 

Plusieurs 

150 ml

Fin été - début automne

Diméthoate 

Plusieurs 

150 ml

Méthomyl

LANNATE 20 

250 ml

VITNAM 20 

250 ml

JADARME 

200 g

  (1) Il est conseillé d'ajouter 500 ml/hl de l'huile minérale (CITROLE par exemple) au mélange en vue d'améliorer l'efficacité du traitement.

Aussi, lors d'une intervention chimique on doit observer les règles suivantes:

- Effectuer le traitement quand la présence du ravageur au stade larvaire est maximale.

- Alterner les produits phytosanitaires pour éviter l'apparition de phénomènes de résistance.

- Utiliser un matériel de traitement adéquat.

- Respecter les délais de carence avant récolte.
 

Par S. AGADR, M. KORCHI et A. TAHTAH

Direction de la Protection des Végétaux, des Contrôles Techniques et de la Répression des Fraudes (DPVCTRF), Service de la Protection des Végétaux

 

 

© 1998, Bulletin réalisé à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II,

Responsable de l'édition: Prof. Ahmed Bamouh
Programme National de Transfert de Technologie en Agriculture (PNTTA)
B.P:6446-Instituts, Rabat, Maroc

Tél-Fax:(212) 37-77-80-63

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Comments

 maxhelena, le 03-03-2009 à 09:06:17 :

COUCOU

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