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 Profil de la culture du pois chiche au Canada (1)

5/2/2009

Profil de la culture du pois chiche au Canada

Profil de la culture du pois chiche au Canada (1)


Le pois chiche (Cicer arietinum L.) est, en importance, la troisième légumineuse alimentaire cultivée dans le monde : production de 9 millions de tonnes sur 11 millions d’hectares. Membre de la famille des légumineuses, le pois chiche, en association avec des bactéries du sol (généralement appelées rhizobia), peut fixer l’azote atmosphérique. Sa culture remonte à la haute antiquité : vers 7000 avant Jésus-Christ, en Turquie. Il a traditionnellement été cultivé dans les zones semi-arides de l’Inde et du Moyen-Orient. Son port est érigé, la plupart des gousses étant formées dans la partie supérieure de la plante. On le cultive dans plus de 45 pays, sur tous les continents. C’est une source de protéines de qualité pour les habitants des pays en voie de développement. Dans les pays industrialisés, on le considère comme un aliment santé.


Les producteurs de la Saskatchewan ont entrepris sa culture industrielle dans le milieu des années 1990, sur une superficie relativement petite, qui a considérablement augmenté au fil des années. Le pois chiche Kabuli est le mieux adapté à la zone à sols bruns, tandis que le pois chiche Desi est le mieux adapté aux zones à sols bruns et brun foncé de la Saskatchewan. Le pois chiche est mal adapté aux sols salins, aux sols à forte teneur en argile, aux sols qui se réchauffent lentement le printemps ou aux zones très humides, parce qu’il ne tolère aucunement les sols gorgés d’eau. Près de 96 % de la production canadienne est centrée dans ces deux zones pédologiques de la Saskatchewan, le reste, 4 %, étant localisée en Alberta.

Profil de la culture du pois chiche au Canada

Données générales sur la production

Production canadienne

68 000 tonnes métriques

63 000 hectares

Valeur à la ferme

22 millions $

Consommation nationale

36 000 tonnes métriques

Exportation (ne comprend pas les produits)

74 000 tonnes

Importation (ne comprend pas les produits)

2 000 tonnes

Source (2003) : Division de l’analyse du marché, Agriculture et Agroalimentaire Canada http://www.agr.gc.ca/mad-dam/e/sd2e/hsd2ez.htm


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Régions productrices

Les pois chiches sont cultivés principalement dans le sud de la Saskatchewan. De petits tonnages sont cultivés en Alberta.

Pratiques culturales

Le pois chiche doit être manipulé avec soin pour éviter d’en endommager le tégument. Les graines sèches (moins de 14 % d’humidité) sont fragiles et peuvent facilement se fissurer ou se fendre, ce qui diminue le taux de germination et augmente le risque de maladie. Si le champ possède des antécédents de maladies transmises par le sol, il est recommandé de soumettre les semences à un traitement fongicide.

Dans les conditions idéales, en association avec un inoculum (rhizobium) spécifique au pois chiche, les plants sont capables de fixer de 60 à 80 % de leurs besoins en azote à partir du gaz atmosphérique. Le rhizobium peut mourir s’il est exposé à des causes de stress telles des températures élevées, des vents desséchants ou la lumière directe du soleil. Les inoculums mêlés à de la tourbe sont appliqués directement à la semence, avec l’aide d’une colle, tandis que les inoculums sous forme de granulés sont appliqués à proximité de la semence, dans le lit de semence. Lorsqu’ils utilisent des inoculums mêlés à de la tourbe, les producteurs sont avertis de déposer la semence inoculée dans le sol humide le plus tôt possible après l’inoculation. On devrait faire attention quand on utilise des inoculums mêlés à de la tourbe et quand on traite les semences de pois chiche. Après un traitement fongicide, on devrait laisser sécher les semences avant d’appliquer l’inoculum.

On devrait semer les pois chiches à la profondeur de 3,5 à 6 cm, de préférence dans un lit de semence ferme, humide et exempt de mauvaises herbes, pour assurer la bonne germination et la survie de l’inoculum. La température idéale de la germination est 15 °C, mais, dans le cas des pois chiches Desi, la germination commence lorsque la température du sol est de 5 °C à peine. Les pois chiches Kabuli sont plus sensibles au froid et ne devraient pas être déposés dans un sol qui, à son contact avec la semence, se trouve à moins de 10 °C. La densité d’ensemencement varie de 90 à 105 kg/ha, dans le cas des types Desi, à 135 à 210 kg/ha, dans le cas des types Kabuli. On cherche à obtenir une densité de 33 à 44 semis au mètre carré, ce qui assure une meilleure concurrence contre les mauvaises herbes et se traduit par une maturité plus uniforme et des rendements supérieurs. On devrait semer les pois chiches le plus tôt possible après que la température moyenne minimale du sol a atteint 5 °C. Les plantules sont relativement tolérantes aux gelées; on n’a rien à craindre des gelées printanières. On ne devrait pas semer le pois chiche dans les sols excessivement humides.

La sélection de l’emplacement est vitale pour le pois chiche, parce que les agents antiparasitaires sont tellement limités. On devrait éviter de semer le pois chiche dans un terrain contigu au chaume de pois chiche de l’année antérieure. On devrait semer une espèce différente, une céréale par exemple, comme culture pour la bordure contiguë au chaume de pois chiche afin d’éviter les pertes dans la culture et la propagation rapide de l’ascochytose. La rotation des cultures est généralement d’une fois en quatre ans en raison de l’agressivité de cette maladie, l’une des principales du pois chiche. Une rotation telle que celle-là permettra la dégradation des résidus de pois chiches grâce auxquels survit l’agent pathogène. La majorité des producteurs se conformeront à cette rotation, plaçant habituellement le pois chiche après une céréale. Pour que la fixation de l’azote ait lieu, il faut que l’inoculum (rhizobium) fixant l’azote soit adapté au pois chiche. Le pois chiche entretient une relation très spécifique avec le rhizobium : il importe d’utiliser un rhizobium mis au point expressément pour le pois chiche. Il faut des semences de qualité supérieure pour que la production de pois chiche soit une réussite. On recommande de faire analyser les semences par un laboratoire agréé pour déterminer les facteurs importants tels que le taux de germination, le taux de maladie et la pureté des semences. Le pois chiche Kabuli est le mieux adapté à la zone à sols bruns, tandis que le pois chiche Desi est le mieux adapté aux zones à sols bruns et à sols brun foncé de la Saskatchewan. Le pois chiche est mal adapté aux sols salins et aux zones fortement humides.

On peut semer le pois chiche dans la jachère ou sur chaume dans la zone à sols bruns et sur chaume dans la zone à sols brun foncé. Une analyse du sol donnera une indication des besoins en engrais. Ces besoins sont mal définis dans le cas du pois chiche. D’après des données limitées, ses besoins en phosphore, en potassium et en soufre sont semblables à ceux du pois et de la lentille. Une culture bien inoculée ne devrait pas avoir besoin d’engrais azoté.


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Problèmes liés à la production

La qualité des semences est un facteur très important pour la réussite de la culture du pois chiche. On devrait les soumettre à une analyse de leur pouvoir germinatif, de leur taux d’infection par une maladie et de leur pureté. Comme l’ascochytose est une maladie très importante du pois chiche et qu’elle peut être transmise par les semences, on devrait utiliser des semences exemptes de l’agent pathogène. Si les semences transportent cet agent, on devrait les soumettre à un traitement fongicide.

Il faut manipuler la semence de pois chiche avec soin parce que le point de sortie de la plantule est exposé. Typiquement, la semence est dotée d’une protubérance et elle est ridée ou côtelée. La protubérance correspond à l’extrémité de la radicule. Les pois chiches Kabuli et Desi sont manipulés d’une façon légèrement différente au moment de l’ensemencement, en raison de leurs téguments différents. Le tégument du Kabuli est très mince, de couleur crème. On recommande l’emploi d’un fongicide sur les semences pour les protéger contre les maladies transmises par le sol. Le Desi, par ailleurs, possède un tégument épais et foncé et il n’exige généralement pas de traitement avant l’ensemencement.

La production de pois chiche est souvent couronnée de succès si elle se fait en rotation avec des céréales telles que le blé dur. Le pois chiche ne laisse pas beaucoup de résidus de sa culture, de sorte que les cultures céréalières à chaumes de haute taille, cultivées avant et après le pois chiche, fournissent les résidus tant nécessaires pour protéger le sol contre l’érosion.

Le pois chiche est susceptible aux résidus présents dans le sol des divers herbicides utilisés au cours des années antérieures. Il importe donc de conserver de bons registres et d’en tenir compte lorsque l’on choisit une rotation.
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Le présent profil se fonde sur un rapport préparé contractuellement (01B68-3-0046) par :

Mark Goodwin

Mark Goodwin Consulting Ltd.

524, rue Clifton

Winnipeg, Manitoba

R3G 2X2

CANADA

Tags : Canada
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