DEJA 32 COMMUNES D'ALGERIE TOUCHEES PAR LE BAYOUD » maladies des plantes , agriculture et écologie

 DEJA 32 COMMUNES D'ALGERIE TOUCHEES PAR LE BAYOUD

23/1/2009


La production de dattes deglet nour menacée
18 juin 2006

Le bayoud progresse en Algérie et menace la production de dattes deglet nour, selon le constat dressé, hier à l’hôtel El-Djazaïr, lors d’une conférence régionale sur «la mutagenèse induite et biotechnologies d’appui pour la protection du palmier dattier contre le bayoud».

Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Prévue sur deux jours, cette conférence a été organisée, sous l’égide du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, par l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA), le Commissariat à l’énergie atomique (COMENA), en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). En fait, selon les participants maghrébins, dont l’expert international Abderrahmane Benkhalifa, le bayoud commence à s’étendre aux régions sahariennes orientales du pays, alors qu’il était jusque-là confiné dans les régions ouest et centre du pays (la Saoura, Gourara, Bechar, Timimoun, Adrar, In Salah, notamment). En fait, le bayoud ou la fusariose est une maladie causée par le champignon vivant dans le sol, Fusarium oxusporum f.sp albedinis, à souche homogène du point de vue moléculaire. Après avoir déjà détruit plus de 15 millions d’arbres depuis son apparition au Maroc, et détruit quelque 3 millions d’arbres en Algérie, elle touche à l’heure actuelle 32 zones de plantations de palmiers dattiers du Sud algérien. Ce fléau touche toutes les variétés de bonne qualité dattière, y compris la deglet nour, à tous les âges, et constitue une menace réelle pour les palmeraies. Ainsi, il menace sérieusement les plantations de deglet nour, une variété de dattes sensible à cette maladie vasculaire, dans les zones de l’oued Rhir, des Zibans et du Souf qui produisent près de 75% des dattes algériennes. En outre, il menace la région du Mzab, la palmeraie de Zeffana à Ouargla qui risque de disparaître. Depuis 60 ans, des recherches ont été menées pour lutter contre cette maladie, mais aucun moyen curatif susceptible de l’enrayer n’a été trouvé. D’où la nécessité de la vigilance, d’actions urgentes et d’une responsabilité moins diluée sinon la culture de la datte qui occupe une place de plus en plus importante dans l’agriculture du pays risque de disparaître. En effet, la production annuelle de dattes en Algérie est de 500 000 tonnes dont 230 000 de la variété deglet nour, et cela même si le volume exporté (23 000 tonnes par an) est faible par rapport à la production (4,5%). En rappelant que notre pays occupe le cinquième rang des pays producteurs de dattes avec un effectif de 10 millions de palmiers en production (dont 3,2 millions de la variété deglet nour) occupant une superficie de l’ordre de 160 000 hectares (elle était de 99 000 hectares avant le lancement du PNDRA). Tout en constatant qu’en matière de lutte, la compétence nationale existe et que certains agriculteurs ont développé des techniques innovantes, les participants à cette rencontre ont appelé, ce faisant, à poursuivre la coopération technique avec l’AIEA, entamée depuis plus d’une dizaine d’années au niveau régional. Cela, en incitant à s’inspirer du modèle de lutte marocain, la Tunisie ayant déjà mis en place des mécanismes pratiques pour limiter la contamination alors que la Mauritanie vient seulement de le faire, avec l’appui de la FAO. Comme l’accent a été mis sur la nécessité de renforcer les mesures prophylactiques prises, de poursuivre les opérations d’éradication et d’arrachage des palmeraies contaminées, d’intensifier la formation, et poursuivre le traitement chimique, avéré efficace mais qui nécessite cependant du temps et porte atteinte à l’environnement. Mais aussi de développer la lutte génétique par le recours aux biotechnologies (la mutation induite, les techniques in vitro, les marqueurs moléculaires et génomiques), l’enrichissement et l’amélioration génétique par croisements dirigés et contrôlés, le clonage de la variété deglet nour et la multiplication des variétés résistantes, ainsi que l’extension des cultures in vitro. Cela, dans le but de développer des variétés de palmier dattier résistantes et de mutants de la variété deglet nour résistants aussi, cet expert appelant à intensifier cette culture. Cela d’autant que sur les 1 300 variétés recensées, seule une douzaine d’espèces de palmier dattier sont résistantes (takeboucht, adjina, azerza et takmoust, notamment). C. B.

Projet de coopération technique avec l’AIEA
Outre les programmes de lutte basés sur les mesures prophylactiques, la sélection de variétés résistantes ainsi que les croisements dirigés classiques, un projet régional (Maroc, Algérie, Tunisie) de lutte contre le bayoud par des techniques de mutagenèse a été lancé par l’AIEA en 1995. Il visait à induire la résistance au bayoud dans certaines variétés dites nobles de palmier dattier, comme la deglet nour pour l’Algérie et la Tunisie et la mejhoul pour le Maroc par des mutations radio-induites et la sélection in vitro en présence de la mycotoxine. Ce projet avait pour objectifs l’élaboration de méthodes par notamment la micro-propagation in vitro et le marquage moléculaire, le transfert de technologies et l’échange d’informations entre les trois pays participants. Les recherches menées au titre de ce projet dans les trois pays ont comporté l’étude de la radiosensibilité des plants de deglet nour, l’acquisition de compétences pour la régénération des plants de deglet nour, l’acquisition de compétences pour l’extraction et la purification de la toxine de Foa, et la mise au point de test précoce pour la sélection de mutants résistant au bayoud. Les résultats préliminaires de l’évaluation des plants in vitro produits à partir de cals irradiés résistant à la toxine s’étant avérés encourageants, la coopération avec l’AIEA s’est poursuivie au titre du projet régional RAF/5/049, localisé à Ghardaïa, afin d’appuyer les activités de caractérisation à l’aide de marqueurs moléculaires et les travaux d’évaluation sur le terrain de mutants résistant au bayoud.

source: http://www.lesoirdalgerie.com

Tags : bayoud
Category : PALMIER DATTIER - PHOENICICULTURE - 1 | Write a comment | Print

Comments

kahn, le 06-11-2010 à 03:29:04 :

mutants

de quels traitements chimiques s'agit-il? Pour Mme ABED : où en sont les résultats relatifs aux mutants dans la région de Ghardaïa?

ABED Fadila, le 01-10-2009 à 08:10:24 :

Rectification

Cher auteur,

je tient à vous corriger sur les informations que vous avez donner dans votre article, il s'agit de la localisation du projet: le projet de coopération technique est localisé à l'INRAA au laboratoire de Physiologie végétale et d'amélioration des plantes à la station de Mehdi Boualem, le site de Ghardaïa a été choisi pour la confirmation des mutants résistants produits par les cultures in vitro. Le projet est coordonner par Mme ABED Fadila Directrice du dit laboratoire et organisatrice de la conférence.

| Contact author |