Maladies bactériennes de la tomate : Tache bactérienne, moucheture bactérienne, chancre bactérien (1° partie) » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Maladies bactériennes de la tomate : Tache bactérienne, moucheture bactérienne, chancre bactérien (1° partie)

19/1/2009

Maladies bactériennes de la tomate : Tache bactérienne, moucheture bactérienne, chancre bactérien (1° partie)

Date depublication : Novembre 2005

Rédacteur :Janice LeBœuf - MAAARO; Diane Cuppels - Agriculture et Agroalimentaire Canada;Jim Dick - Tomato Solutions; Ron Pitblado - Collège de Ridgetown; Steve Lœwen -Collège de Ridgetown - Michael Celetti - MAAARO

Table des matières

  1. Introduction
  2. Agents pathogènes
  3. Tache bactérienne
  4. Moucheture bactérienne
  5. Chancre bactérien
  6. Maladies et troubles aux symptômes semblables
  7. Diagnostic
  8. Lutte
  9. L'avenir

Introduction

Voici trois maladies bactériennes courantes dans les champs de tomates de l'Ontario : la tache bactérienne,causée par Xanthomonas campestris pv. vesicatoria; la moucheture bactérienne,causée par Pseudomonas syringae pv. tomato; et le chancre bactérien, causé par Clavibacter michiganensis subsp. michiganensis.

En Ontario, les maladies bactériennes reviennent avec plus ou moins de vigueur saison après saison.Elles ne sont pas toujours destructrices, mais quand les conditions leur sont favorables, les pertes de valeur marchande peuvent atteindre 60 % dans certains champs.

Les dommages causés par ces maladies vont des taches peu accentuées sur le feuillage à la défoliation presque totale du plant, avec les conséquences qui en découlent sur la photosynthèse et le potentiel de rendement. Les fruits qui présentent des lésions sont déparés et difficiles à commercialiser tant sur le marché frais que sur celui de la transformation (surtout pour le marché des tomates entières ou en dés). Les lésions nuisent au pelage des tomates. La défoliation, en exposant le fruit, le rend du coup vulnérable à l'insolation et à une mauvaise coloration. Ajoutons à cela les pourritures secondaires qui sont également à craindre.

Les lésions sur les fruits peuvent faire augmenter les coûts liés au tri, tant pour les producteurs de tomates destinées au marché frais que pour les producteurs de tomates de transformation. Ces derniers risquent aussi de se voir imposer de plus fortesretenues pour tare excessive ou de ne pouvoir respecter le tonnage prévu au contrat. Selon le marché auquel le produit est destiné, une maladie bactérienne peut signifier une teneur en matières sèches réduite, des coûts accrus, le ralentissement des opérations et un moins bon rendement après pelage pour les transformateurs. Ces derniers risquent aussi de ne pas atteindre leurs objectifs de production.

La lutte contre les maladies bactériennes de la tomate doit miser sur la prévention et doit commencer bien avant la mise en place des plants de tomate. Les fournisseurs de semences, les producteurs de plants, les transformateurs, les chercheurs, les vulgarisateurs et les conseillers en cultures ont tous un rôle à jouer.

 

Agents pathogènes

Les bactéries pathogènes ont besoin d'humidité pour se multiplier. Un feuillage mouillé par de la pluie, du brouillard, de la rosée, une forte humidité ou l'irrigation peut fournir aux bactéries un milieu propice à leur prolifération. La crête de croissance et d'infectiosité d'un agent pathogène s'observe à l'intérieur d'une fourchette de températures précise (voir tableau 1). En dehors de cette fourchette, les agents pathogènes se multiplient beaucoup plus lentement.

Tableau 1. Fourchettes de températures optimales pour la croissance des agents responsables des maladies bactériennes de la tomate

Maladie

Organisme responsable

Températures optimales

Tache bactérienne

Xanthomonas campestris pv. vesicatoria

24°C- 30°C

Moucheture bactérienne

Pseudomonas syringae pv. tomato

18°C- 24°C

Chancre bactérien

Clavibacter michiganensis subsp. michiganensis

24°C- 32°C

Tache bactérienne

Symptômes

L'agent pathogène responsable de la tache bactérienne peut produire des lésions sur toutes les parties aériennes du plant (feuilles, tiges, fleurs et fruits). Il est difficile, en se fiant uniquement aux signes visibles de la maladie, de distinguer avec certitude la tache bactérienne de la moucheture bactérienne, surtout dans ses premières manifestations.

La tache bactérienne se manifeste d'abord par de petites lésions sombres circulaires ou de forme irrégulière, qui sont entourées d'une auréole jaune. Les lésions ont tendance à se concentrer sur le pourtour et aux extrémités des feuilles. Elles peuvent atteindre un diamètre de 3-5 mm.Les feuilles infectées peuvent paraître roussies. Quand les taches sont nombreuses,le feuillage jaunit et finit par mourir, ce qui entraîne la défoliation de la partie inférieure du plant.

Les lésions sur les pédicelles peuvent provoquer l'avortement des fleurs, donc des pertes de rendement et des fruits fendus.

L'infection initiale se produit uniquement sur les fruits verts. C'est que la maladie se transmettrait par les soies des fruits, que ces derniers n'ont plus une fois à maturité. La maladie apparaît sur le fruit sous la forme de petites taches en relief allant du brun foncé au noir. Ces taches sont parfois entourées d'une auréole blanche qui les fait ressembler aux taches ocellées (en forme d'œil) caractéristiques du chancre bactérien. À mesure que le fruit vieillit, les auréoles blanches disparaissent. Dans le cas du chancre bactérien, au contraire, les lésions sur les fruits conservent leur auréole blanche. Les lésions de la tache bactérienne s'étendent jusqu'à 4-6 mm de diamètre. Elles brunissent, prennent un aspect huileux et se couvrent parfois de croûtes.

Inoculum et propagation

La principale source d'inoculum serait les semences et les résidus de culture infectés. Tout comme l'agent responsable de la moucheture bactérienne, l'inoculum peut aussi être présent sur les repousses de tomate et sur les surfaces contaminées (machinerie,clayettes, structures des serres, outils). La propagation des bactéries est surtout imputable aux éclaboussures d'eau, aux gouttelettes de pluie poussées par le vent, ou aux brouillards accompagnant des épisodes de pluie. Au champ,la machinerie et les travailleurs sont sans doute moins en cause que dans les serres, sauf si des interventions, comme l'élagage ou le travail du sol,n'endommagent en même temps les plants.

Les bactéries envahissent le plant à la faveur des orifices naturels (stomates et hydatodes) ou des blessures résultant de l'effet abrasif des particules de sol emportées par le vent, de l'attaque des insectes ou de causes mécaniques (travailleurs, vents violents,pressions élevées des pulvérisateurs).

 

Organisme causal

Les bactéries responsables de la tache bactérienne font partie des xanthomonades. Selon des études taxonomiques récentes, celles-ci appartiendraient à l'un des quatre groupes suivants : A, B,C et D. Le nom qui avait d'abord été donné à ces bactéries, Xanthomonas campestrispv. vesicatoria, est toujours bon, mais on croit depuis peu que chaque groupe pourrait représenter une espèce différente. Le groupe D est devenu le groupe prédominant en Ontario, ce qui a de quoi préoccuper, car des études récentes indiquent que cette forme serait particulièrement envahissante et qu'elle résisterait à l'hiver sous les conditions que l'on connaît dans le sud de l'Ontario. On classe aussi les xanthomonades responsables de la tache bactérienne en races dont certaines n'infectent que les tomates ou que les poivrons, tandis que d'autres infectent les deux cultures.

La variabilité génétique des xanthomonades responsables de la tache bactérienne complique le travail des sélectionneurs, qui cherchent à mettre au point des cultivars de tomate affichant une résistance stable. Les pathologistes n'ont pas la tâche plus facile dans leur quête d'un moyen de combattre la maladie. Si l'amélioration de la résistance génétique ou les mesures de lutte chimique ne visent qu'une souche à la fois, les bactéries s'attaqueront tout simplement à des souches plus tolérantes.

Moucheture bactérienne

Symptômes

Les lésions de la moucheture bactérienne peuvent apparaître n'importe où sur le feuillage, les tiges ou les fruits. Les symptômes sont très difficiles à différencier de ceux qui sont causés par la tache bactérienne. Ils ressemblent aussi beaucoup aux premiers symptômes de la brûlure alternarienne. Sur les feuilles, la moucheture bactérienne se manifeste par de petits points noirs qui, habituellement, ne font pas plus de 2 mm de diamètre et sont entourés d'une auréole jaune. Les mouchetures déforment parfois les feuilles en restreignant l'expansion des tissus foliaires. Souvent,les lésions sont concentrées près du pourtour des feuilles qui, dans certains cas, est totalement brûlé comme s'il s'agissait d'un chancre bactérien. En grand nombre, les mouchetures finissent par se fondre et faire mourir toute la foliole. Les plantules gravement infectées rabougrissent.

Seuls les fruits verts de moins de 3 cm dediamètre sont sensibles aux infections par l'agent responsable de la moucheture bactérienne. Sur le fruit, la maladie se manifeste par l'apparition de petites taches noires (de moins de 1-3 mm), légèrement surélevées et souvent cernées d'une fine auréole allant du vert au jaune. Les lésions, habituellement superficielles,peuvent être détachées avec l'ongle. Une fois que les fruits sont rouges, ils ne sont plus vulnérables aux infections, car ils sont alors dépourvus de soies.Celles-ci, en se brisant, offrent en effet une porte d'entrée aux bactéries.Sur les fruits déjà infectés, des lésions noires apparaissent après le mûrissement.

Inoculum et propagation

Les sources d'inoculum de la moucheture bactérienne et les méthodes de propagation sont les mêmes que dans le cas de la tache bactérienne (voir plus haut). Des études montrent que l'organisme responsable de la moucheture peut survivre jusqu'à 20 ans dans les anfractuosités et les cavités du tégument des graines de tomate.

 

Organisme causal

La moucheture bactérienne est causée par Pseudomonas syringae pv. tomato. Deux races sont présentes en Ontario : la race 0 et la race 1. Le gène Pto, découvert par des chercheurs ontariens, confère une résistance à la race 0.

Cette bactérie produit un certain nombre de composés qui favorisent l'infection et puisent des éléments nutritifs dans le plant de tomate. L'un de ces composés est la coronatine, une toxine spécifique des végétaux qui est responsable de l'auréole jaune entourant les lésions foliaires et du rabougrissement des plantules. La majorité des souches de la moucheture bactérienne qui ont été isolées dans les champs de tomate de l'Ontario sont soit résistantes, soit tolérantes aux bactéricides cupriques.

Chancre bactérien

Symptômes

Le chancre bactérien, qui peut faire suite à une infection primaire (systémique) ou à une infection secondaire(foliaire), se manifeste par un éventail de symptômes.

Les infections primaires sont attribuables à des semences infectées ou à l'invasion par les bactéries des tissus vasculaires des plantules. Les symptômes, qui ne se manifestent parfois que plusieurs semaines après l'infection, commencent par le flétrissement des feuilles inférieures qui s'enroulent vers le bas. En général, le flétrissement gagne progressivement en hauteur, à moins que le point d'infection ne se situe dans le haut du plant.

Il arrive que les plants s'effondrent et meurent, surtout si l'infection survient dans les premiers stades de croissance. En général, les plants survivent, mais sont rabougris et présentent une partie ou l'ensemble des symptômes décrits ci-dessus, selon l'environnement et le stade de croissance.

Les feuilles de tomate qui sont infectées par l'organisme responsable du chancre bactérien ont des pourtours noirs caractéristiques, sans autres taches sur le limbe, si ce n'est, parfois,un liséré jaune étroit entre les pourtours nécrosés et les tissus sains.

Coupées longitudinalement, les tiges infectées peuvent présenter une coloration brun pâle surtout perceptible aux nœuds et juste au-dessus du collet. Au fur et à mesure que la maladie progresse, la teinte devient brun rougeâtre. L'extérieur de la tige peut secouvrir de stries de couleur claire. Ces stries peuvent foncer et former des chancres en s'ouvrant. Quand les infections sont sévères, un suintement jaune peut exsuder des tiges lorsqu'on les presse après les avoir coupées.

Sur les fruits, peuvent apparaître des taches ocellées relativement petites. Ces taches ont un centre brun pâle et sont ordinairement entourées d'une auréole blanche d'aspect huileux (de 3-6 mm de diamètre). Dans le cas des lésions causées par le chancre bactérien, l'auréole blanche reste normalement visible sur le fruit mûr, tandis que dans le cas de la tache bactérienne, l'auréole disparaît avec le temps. Le chancre bactérien peut aussi entraîner le noircissement des tissus vasculaires à l'intérieur du fruit.Celui-ci est parfois ponctué de taches noires le long de ses faisceaux vasculaires, sous le calice. Les bactéries responsables du chancre bactérien peuvent proliférer dans les faisceaux vasculaires à l'intérieur du fruit et se propager jusqu'aux graines. Il s'ensuit des stries jaunâtres visibles depuis latige jusqu'aux graines et des infections internes des graines.

Dans le cas des infections secondaires, il se forme sur la bordure des feuilles, des taches brun ou noir délimitées par un liséré jaune (chlorotique) étroit. Il arrive que les folioles s'enroulent vers le haut. Des taches ocellées peuvent aussi apparaître sur lefruit, comme dans le cas d'une infection systémique. Les infections secondaires(qui ne touchent pas au réseau vasculaire) ont souvent peu de répercussions sur la culture, surtout lorsqu'elles surviennent tard dans la saison.

Inoculum et propagation

La semence infectée est probablement la plus grande source d'inoculum dans le cas des infections primaires (systémiques). Les bactéries peuvent être présentes à la surface des graines, mais aussi dans les couches profondes du tégument. Il est de ce fait plus difficile d'enrayer par un traitement des semences l'agent responsable du chancre que les agents responsables de la tache bactérienne et de la moucheture bactérienne.

L'agent pathogène peut aussi être introduit par des résidus de culture infectés, des mauvaises herbes ou des plants de tomate spontanés qui l'abritent, ainsi que par du matériel contaminé.Des études réalisées dans le nord du Midwest américain montrent que l'organisme peut survivre à l'hiver dans des résidus de culture. La rotation des cultures et le travail du sol avant les semis réduisent toutefois les risques de transmission de la maladie par les résidus de culture.

Les bactéries responsables du chancre pénètrent dans le plant par les orifices naturels et par les blessures,y compris celles qui sont infligées aux racines. Les coupes faites lors de l'élagage ou de la mise en place des plants peuvent introduire les bactéries directement dans le réseau vasculaire et provoquer des infections systémiques plus graves.

Les infections se propagent par les éclaboussures d'eau, la pluie poussée par le vent et l'eau en fines gouttelettes ou en aérosol accompagnant les épisodes de pluie intense. Dans le champ, la dissémination des bactéries par la machinerie ou les travailleurs n'est sans doute pas aussi importante qu'elle ne l'est dans les serres servant à la production de plants où la densité de peuplement est élevée et où les bactéries connaissent des conditions de croissance optimales.

Organisme causal

Le chancre bactérien est causé par Clavibacter michiganensis subsp. michiganensis.

Maladies ettroubles aux symptômes semblables

La brûlure alternarienne et la tache septorienne sont deux maladies cryptogamiques (causées par des champignons) qui se manifestent par des taches sur les feuilles de tomate. Dans les premiers stades, les lésions de la brûlure alternarienne ressemblent à celles qui sont causées par les maladies bactériennes et sont souvent elles aussi entourées d'une auréole jaune. Rechercher les anneaux concentriques sombres caractéristiques de la brûlure alternarienne. Les lésions causées par la brûlure alternarienne grossissent et prennent des formes anguleuses avec le temps. Les lésions attribuables à la tache septorienne sont faciles à distinguer en raison de leurs centres ocre clair ponctués de petits points noirs formés par les pycnides faciles à voir à la loupe. Le jaunissement du feuillage est rare dans le cas de la tache septorienne tant que les lésions ne sont pas nombreuses. Cette maladie cryptogamique ne produit pas non plus les petites lésions noires sur les fruits qui sont caractéristiques de la moucheture ou de la tache bactérienne, ni les taches ocellées propres au chancre bactérien.

Les dommages dus à l'ozone peuvent aussi causer l'apparition de taches sur les feuilles de tomate, tout comme ils peuvent donner des feuilles qui jaunissent, deviennent violacées, luisantes ou enroulées. Les dernières feuilles sont les plus sensibles. On peut souvent observer les mêmes symptômes chez des espèces sensibles à proximité. Sur les fruits, les dommages causés par la grêle et les piqûres d'insectes peuvent rappeler les lésions causées par les maladies bactériennes.

Le flétrissement accompagnant une infection systémique par le chancre bactérien peut être confondu avec celui que provoque la flétrissure verticillienne. En plus, celle-ci peut également provoquer le flétrissement des feuilles d'un seul côté du plant ou des feuilles, ainsi que le brunissement du réseau vasculaire à proximité du collet.La flétrissure verticillienne entraîne un jaunissement important du feuillage et des lésions en V qui s'étendent vers l'extrémité des feuilles. La flétrissure bactérienne, une autre maladie qui provoque le flétrissement du plant, provoque quant à elle une altération plus marquée de la couleur des tissus vasculaires et de la tige, qui peut s'étendre jusque bien en deçà du niveau du sol. Comme la flétrissure bactérienne ne survit pas aux hivers ontariens, elle ne peut frapper que les plants en provenance du sud des États-Unis. (Une race de la flétrissure bactérienne [race 3 biovar 2] est à même de survivre à l'hiver sous des climats nordiques, mais cette forme ne s'est pas encore établie ni aux États-Unis, ni au Canada. Cette race fait partie des organismes nuisibles réglementés et est justiciable de quarantaine).La foudre et la flétrissure du noyer (transmise aux plants qui poussent à proximité de noyers noirs) sont d'autres causes pouvant provoquer leflétrissement des plants.

Diagnostic

Échantillonnage

En vue d'un diagnostic, choisir des plants représentatifs dès que les premiers symptômes apparaissent.Soumettre au laboratoire autant de tissus que possible, ou plusieurs plants présentant une variété de symptômes.

Envelopper la partie aérienne des plants dans du papier journal, puis dans un sac de plastique. Insérer le système racinaire dans un sac de plastique distinct bien refermé au collet pour éviter que les racines ne s'assèchent ou que la terre ne contamine les feuilles. Ne pas ajouter d'humidité, ce qui pourrait accélérer la détérioration des tissus durant le transport. Bien protéger les spécimens et les expédierdans une boîte solide pour éviter qu'ils ne s'endommagent pendant le transport.Protéger les spécimens de tout excès de chaleur ou du gel et les expédier au laboratoire de diagnostic dès que possible par courrier de première classe ou par messagerie. Le faire en début de semaine.

Services de diagnostic

Pour de l'information sur les services de diagnostic phytosanitaire offerts en Ontario, consulter lapublication 363Fdu ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario (MAAARO), Recommandations pour les cultures légumières.

Lutte

Stratégies générales

Afin d'élaborer une stratégie de lutte qui soit efficace, il est important de savoir différencier les caractéristiques des agents pathogènes bactériens et des agents pathogènes cryptogamiques. Les champignons pathogènes se multiplient par leurs spores.Celles-ci sont emportées par le vent ou d'autres modes vers de nouvelles plantes hôtes où elles germent et croissent directement dans les tissus végétaux. Les bactéries pathogènes se propagent quant à elles surtout par l'eau. La pluie poussée par le vent peut les transporter sur de longues distances. Les systèmes d'irrigation par aspersion contribuent aussi à la propagation des bactéries. Une fois que celles-ci atteignent une plante, elles ont besoin d'une blessure ou d'un orifice naturel pour pénétrer dans la plante et déclencher une infection. Les bactéries se multiplient beaucoup plus rapidement que les champignons; sous des conditions optimales, elles produisent une nouvelle génération toutes les 90 minutes.

Même si les bactéries succombent relativement facilement aux désinfectants quand elles se trouvent sur des surfaces inertes et lisses, elles sont difficiles à enrayer sur des végétaux.Les désinfectants s'utilisent du reste difficilement sur des cultures, car ils risqueraient d'endommager les tissus végétaux. Les bouillies à base de cuivre insoluble doivent absolument venir en contact direct avec les bactéries pour être efficaces. Dès que les bactéries se trouvent à l'intérieur des feuilles(dans les stomates, les hydatodes ou des blessures) et même dans des fissures à la surface des feuilles, elles sont protégées et continuent à se multiplier. Dans le cas des maladies cryptogamiques, les traitements fongicides préviennent la germination des spores et la formation d'un feutre mycélien, ce qui permet de maîtriser les infections et de freiner leur propagation.

Les stratégies de lutte contre les maladies bactériennes de la tomate ont plusieurs facettes. Comme il estdifficile d'enrayer les bactéries une fois qu'elles ont infecté une culture, la prévention constitue la première ligne de défense. Comme il n'existe à l'heureactuelle aucune mesure qui permette de confirmer à peu de frais que des plants sont exempts des agents pathogènes, les producteurs doivent adopter un programme préventif dès les premiers stades de croissance.

Des expériences ont montré que si l'on parvient à repousser le déclenchement d'une maladie bactérienne après le gros de la nouaison, la culture sera très peu affectée. Une fois que les parties aériennes sont entièrement développées, une incidence faible d'une maladie bactérienne sur le feuillage sera tolérée. Comme les lésions sur les fruits, qui nuisent tant au rendement commercialisable, ne peuvent apparaître que sur de jeunes fruits, les mesures de lutte déployées avant la fructification sont des plus utiles.

Les plants soumis à des facteurs de stress sont plus sensibles aux maladies que les plants qui poussent dans des conditions idéales. Si le producteur est impuissant face à certains facteurs de stress environnementaux, il peut néanmoins intervenir quand il s'agit de réduire le stress causé par la sécheresse, un excès d'eau, le compactage ou une mauvaise structure du sol, la présence de mauvaises herbes, d'insectes ou d'autres maladies et le travail au champ. Ce sont souvent les cultivars hâtifsqui semblent souffrir le plus des maladies bactériennes. Les températures fraîches et les facteurs de stress qui peuvent être fréquents en début de saison sont sans doute un facteur aggravant.

Les recommandations de lutte quisuivent reposent sur l'information qui précède concernant la biologie desorganismes pathogènes et la réaction des cultures.

Pour des recommandations à jour,voir l'édition la plus récente de la publication 363F du MAAARO,Recommandations pour les cultures légumières, ainsi que le site Web http://www.omafra.gov.on.ca.

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