Recherche scientifique - 100 milliards de dinars pour quels objectifs ? » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Recherche scientifique - 100 milliards de dinars pour quels objectifs ?

8/12/2008


Recherche scientifique - 100 milliards de dinars pour quels objectifs ?

La décision du président Bouteflika de doter le secteur de la recherche scientifique d’un budget de 100 milliards dinars, soit le triple de ce qui a été déjà dépensé entre 1998 et 2007, pour les cinq prochaines années, est sans doute importante. Elle traduit l’intérêt que porte la plus autorité à un domaine stratégique pour tout pays qui se respecte en ce XXIe siècle. Néanmoins, vu l’importance du montant, l’Etat est en droit d’exiger des résultats palpables et un impact mesurable sur l’économie nationale.

20 milliards de dinars est le budget annuel alloué à la recherche scientifique. L’équivalent d’environ 305 millions de dollars par an. Une sacrée somme qui devrait, si les conditions de son exploitation sont optimisées et si elle n’est pas engloutie dans les primes, les acquisitions d’équipement et autres dépenses, permettre à l’industrie, au secteur de la PME de bénéficier d’innovations lui permettant d’être compétitifs sur le marché national d’abord (étant donné la concurrence féroce des produits importés), ensuite sur le marché régional et international. Le montant dégagé récemment servira, nous dit-on, à la mise en oeuvre de 34 programmes nationaux de recherche. Le président de la République voudrait que cette démarche soit complétée par «des mesures incitatives pour encourager les entreprises à investir dans la recherche» qui devraient êtres adoptées par la prochaine loi de finances. «La recherche doit désormais être considérée comme un des éléments essentiels de la politique d’investissement dans tous les secteurs. Elle doit constituer une dimension importante dans la mise à niveau des entreprises», avait souligné Abdelaziz Bouteflika lors de l’audition du ministre du secteur.

Peu de résultats

Il faut d’abord noter que l’argent injecté dans la recherche scientifique, durant les 5 dernières années, n’a pas donné des résultats exploitables. Si tel était le cas, les agences chargées de ce secteur auraient certainement exposé les exploits réalisés. Les 34 milliards de dinars engagés entre 1998 et 2007 ont surtout servi à la réalisation d’infrastructures. Aucun résultat de taille n’a été rendu public. D’ailleurs, comme l’a souligné le président de la République, «l’exploitation optimale des potentialités de la recherche scientifique reste en deçà des attentes du pays et des besoins nationaux dans tous les domaines». Cette observation est fort juste à partir du moment où la quasi-totalité de nos besoins en équipements et en solutions technologiques (y compris dans le domaine des logiciels informatiques) proviennent de l’étranger. Un des rares domaines où l’Algérie peut se targuer d’avoir une politique de recherche et développement avec des applications industrielles, c’est le médicament. Et cela grâce à la société Saïdal qui a investi des sommes colossales pour, non seulement se doter des équipements nécessaires, mais également former ses chercheurs, issus des universités algériennes, à développer de nouveaux produits ou, du moins, produire des molécules dont les brevets sont tombés dans le domaine public. Le cas de Saïdal est assez intéressant puisqu’on peut mesurer l’impact de l’argent dépensé dans la recherche sur la production.

Mais justement, comment mesurer les résultats de la recherche scientifique ? «Nous n’avons rien à inventer en la matière : un résultat c’est un brevet déposé et donc une innovation qu’il va falloir développer pour la rendre applicable sur le terrain industriel et technologique», affirme Noureddine Haouam, chercheur indépendant qui a à son actif 18 brevets d’inventions depuis 1991, dont 5 sont entrés en phase d’exploitation industrielle. Pour notre interlocuteur, s’il n’y a pas de brevets en bout de chaîne, la recherche scientifique (dans les domaines des sciences appliquées, de la médecine, de la pharmacie) n’est que de la théorie.

Décalage

Les statistiques fournies par l’INAPI, sur son site web, indiquent que depuis 1988 à 2007, il existe 3 553 brevets en vigueur, y compris ceux déposés par des non-résidents (dans le cadre d’extension d’un brevet international). Les chiffres montrent qu’entre 1999 et 2007, quelque 451 brevets nationaux ont été déposés, soit en moyenne une cinquantaine par an. Le maximum a été constaté en 2007 avec 84 brevets nationaux déposés. A noter que parmi ces brevets, la majorité est le produit d’inventeurs (techniciens et ingénieurs) et non pas du secteur de la recherche scientifique.

C’est, d’ailleurs, ce qui est reproché à la recherche scientifique liée aux établissements universitaires. Le décalage entre la théorie et la pratique. «Le système de la recherche scientifique vise la publications des résultats dans des revues spécialisées de renommées mondiales. Le chercheur ou l’équipe qui a aboutit à ces résultats se fait connaître, mais les résultats sont exploités par des multinationales», affirme M. Haouam, qui reproche au secteur le manque de vision concrète.

«Selon les statistiques officielles, il existe 9 000 chercheurs. Mais en parallèle il y a eu moins d’une dizaine de brevets en l’espace de 10 ans. Comparativement à l’argent dépensé, c’est plutôt très maigre comme résultats», affirme encore Noureddine Haouam. Selon lui, il est impératif de lier la recherche scientifique à l’industrie et à la création d’entreprises. «Les innovateurs, en dehors du système de la recherche scientifique, réussissent beaucoup mieux, est avec des moyens largement au dessous que ceux accordés par l’Etat.» Ceci ne veut pas dire que les chercheurs universitaires ne sont pas compétents. Il existe une douzaine de «sociétés innovantes» en Algérie qui exercent dans plusieurs secteurs comme le bâtiment, l’hydraulique et l’informatique. Elles sont le fruit des résultats de recherches qui ont été d’abord brevetés avant de trouver leur application à travers la création d’entreprises. Bien évidement, le passage de l’idée à l’application industrielle nécessite une homologation. Il faut juste rappeler, à titre d’exemple, le bond extraordinaire qu’a connu l’électronique grâce à la découverte, en laboratoire, de matériaux semi-conducteurs. La traduction de ces résultats en applications industrielles a révolutionné le monde des technologies de l’information et de la communication.

L’attribution d’un budget aussi important à la recherche scientifique ne suffit donc pas pour relancer ce secteur. Les 34 programmes nationaux de recherche n’ont de sens que s’ils donnent des résultats palpables, applicables sur le terrain. Le devoir de résultat doit primer dans chaque attribution de projet. Le nombre de brevets qui seront enregistrés au bout de 5 années sera le seul baromètre, de réussite ou d’échec, de la gestion de ces programmes de recherche. Car on ne fait pas de la recherche pour le plaisir de la recherche. Notre pays ne peut plus se permettre de financer la recherche fondamentale pour que d’autres pays, qui ont des capacités de réalisation et une prise en main des mécanismes d’industrialisation, profitent (dans le cadre des programmes d’échanges et de la politique des publications) des résultats.

En d’autres termes, continuer à payer des fonctionnaires de la recherche scientifique sans leur demander des résultats concrets traduisibles dans des projets industriels, c’est carrément de la perte d’argent.

Abdelkader Djalil

 source: http://www.lesdebats.com

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Comments

boumedienne, le 10-10-2009 à 18:08:19 :

la realite de la recherche scientifique en algerie

je voudrais tout d'abord remercier malika pour m'avoir donner l'occasion de m'exprimer sur un tel sujet et j'esperes que mon message ne serra pas censuré comme d'habitude mais tout ce que j'ecris est tiré de la realite en Algerie...

  • bonjour... chers lecteurs je pense que vous vous doutez bien de quoi je veut parler bien entendu vous, vous etes deja au courant de cette problematique si vous avez etudiez dans une universite algerienne, alors commençon par la base du probleme de la recherche scientifique qui est inerte depuis la mort du president boumedienne jusqu'a que le president bouteflika comme je vois commence a redonner vie a ce secteur, revenons sur les causes de cette congelation.
  •  on peut la resumé dans trois causes principales qui generent d'autres causes: biensur la premiere :
  • - la corruption beaunombre de responsables ou de chercheurs se laissent corrompre contre des sommes d'argent plus ou moins importantes ou une question d'autorité abusive ou a donner carte blanche a un proche et souvent c'est ce qui menent a faire tout a fais le contraire de ce qu'il doivent faire .
  • - l'incompetancemalheuresement la pluspart des cadres sont incompetant et sa c'est tres dangereux pour la sante de la recherche scientifique mais il y a un camoufflage d'une grande empleure et c'est la consequence de la corruption en meme temps une cause.
  • - l'absence de l'integrite: car la pluspart des algeriens on perdus la confiance en une Algerie qui va de l'avant et a gaspiller les ressources du pays et justifiant que l'Algerie n'a rien fait de bon.
  • la solution selon moi a tout ce desordre et le K.O.  se resume a refenforcer l'image du pays comme le fait notre president "hafidaho Allah", combattre la corruption pas en designiant une comite qui se fera corrompre un mois plus tard mais une loi qui penalise tout genre de corruption et qui soit severe et tres menacente, et designer  des personne aptes pour controller le moindre centimes consernant cet enorme budjet car voila une chance pour nous les Algeriens de mettre la mains dans la main car en une Algerie forte et ce n'est pas un reve car regarder dans le monde entier y a que deux nations qui aiment beaucoup leur drapeau et leur hymne national c'est l'Algerie et les etas unies d'Amerique wa el salam alikoum wa rahmatou Allah taallla wa barakatouhou. Boumedienne

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