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 La recherche, arme majeure d’America Inc.

7/12/2008

La recherche, arme majeure d’America Inc.

par Akram Belkaïd, Paris
L’un des grands thèmes associés à la crise financière actuelle concerne l’éventuel déclin de la puissance américaine. Il faut dire qu’il s’agit d’un sujet récurrent qui est évoqué à chaque fois que les Etats-Unis sont confrontés à des difficultés majeures. Aujourd’hui, les problèmes de Wall Street, les milliards de dollars de capitalisation boursière partis en fumée et les dégâts infligés à la société américaine avec son lot impressionnant de ménages surendettés, pour ne pas dire ruinés, obligent effectivement à se demander si l’on n’est pas en train de vivre en direct l’effondrement de l’empire étasunien.

Des entreprises qui font toujours la course en tête

Il est évident que le pouvoir US est mis à mal par cette crise financière. Il lui faudra de plus compter avec les pays émergents, notamment les fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) sans lesquels les Etats-Unis sont incapables de maintenir leur train de vie. De même, la diffusion de l’idéologie néolibérale, telle qu’elle s’est façonnée depuis l’élection de Reagan en 1980, va connaître un violent coup d’arrêt, car l’Amérique, qui vient plus ou moins de nationaliser son secteur bancaire et hypothécaire, n’a plus aucune crédibilité pour donner des leçons au reste du monde. Pour autant, il faut se garder d’enterrer le géant américain. Rappelons d’abord qu’il possède la première puissance militaire au monde et que son enlisement en Irak ne doit pas faire oublier que l’US army n’a jamais disposé d’une telle puissance de feu. Ensuite, si l’on se place sur le plan de la micro-économie, on réalise que les Etats-Unis sont toujours capables de renouveler leur tissu d’entreprises, que l’on désigne souvent par l’expression « America Inc » ou encore par « Corporate America ». L’un des points forts de l’Amérique est, en effet, de générer à intervalles réguliers des entreprises qui deviennent rapidement des leaders mondiaux. Ainsi, en trente ans, l’Amérique a donné naissance à des sociétés incontournables : Microsoft, Apple ou Intel sans oublier, de manière encore plus récente, les Google, E-Bay et autres Amazon. En face, l’Europe ne peut se targuer d’avoir permis la naissance que d’un seul géant, le finlandais Nokia. On objectera que c’est plutôt du côté des pays émergents que se situe la nouvelle concurrence avec des entreprises telles que Mital, Telmex ou même Orascom ainsi que les grands groupes immobiliers du Golfe.

L’Amérique reste la championne de la recherche
 
Cette réserve est recevable, mais elle néglige souvent un point majeur. Les pays émergents sont engagés dans un processus de rattrapage industriel et technique, et il est normal que la croissance de leurs grandes entreprises soit impressionnante. Pour autant, si l’on devait se rapporter à un autre indicateur, celui des dépenses en matière de recherche et de développement (R&D), on se rendrait compte que l’Amérique continue encore de faire la course en tête, ce qui explique le rayonnement planétaire de ses entreprises. Selon une récente étude de la Commission européenne, il apparaît que cinq entreprises américaines sont classées parmi les dix premières en matière de dépenses de R&D avec, parmi elles, trois qui occupent les trois premières places, Microsoft, General Motors et Pfitzer (*).

Au total, ces dix entreprises américaines consacrent chacune en moyenne 5 milliards de dollars par an en recherche et développement. Ce chiffre peut paraître insignifiant en comparaison des pertes provoquées par la crise financière, mais il est une indication fondamentale pour comprendre la domination économique des Etats-Unis. Tant que ces entreprises continueront à investir dans la matière grise, elles demeureront intouchables. Il reste donc à savoir si cette crise ne va pas, tôt ou tard, les obliger à diminuer leur budget de R&D ce qui, alors, ne pourra que renforcer la thèse du déclin américain.


(*) Le document est intitulé « 2008 EU industrial R&D Investment Scoreboard ».

Les vingt premières entreprises mondiales en matière de dépenses de R&D sont dans l’ordre : Microsoft, General Motors, Pfitzer, Toyota, Nokia, Johnson & Johnson, Ford, Roche, Volkswagen, Daimler, Sanofi-Aventis, Samsung, Glaxo, Novartis, Intel, IBM, Bosh, Matsushita, Astrazenca et Honda.


source: http://www.lequotidien-oran.com

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