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 Offensive de maladies de la vigne

4/11/2008


Offensive de maladies de la vigne


Deux maladies des plantes font de plus en plus problème aux vignerons dans le monde entier, l'esca et l'eutypiose. En Suisse aussi, ces deux maladies provoquées par des champignons semblent être en progression. Dans le cadre du Pôle de recherche national "Survie des plantes en milieux naturels et agricoles", des spécialistes des maladies des plantes et des poisons fongiques cherchent des moyens de protéger la vigne. Des chimistes de l'Université de Neuchâtel analysent les toxines des champignons et cherchent en parallèle des fongicides efficaces. A l'EPF de Zurich, des spécialistes de la phyto-pathologie sont à la recherche d'antagonistes rendant les toxines inoffensives. L'esca et l'eutypiose sont un gros problème dans de nombreux pays, par exemple en France, Italie ou Afrique du Sud. On sait peu de chose sur la situation en Suisse. Raison pour laquelle Olivier Viret, de la Station fédérale de recherche en production végétale, à Changins, a entrepris récemment une étude à ce sujet. Il a trouvé des plants infectés dans à peu près la moitié des vignobles considérés.

L'esca et l'eutypiose sont toutes deux des maladies fongiques, qui se distinguent toutefois nettement l'une de l'autre. La cause de l'eutypiose est un seul champignon dont le poison peut nuire à la vigne, mais aussi par exemple aux abricots. Les plantes infectées ne se développent alors pas normale-ment, elles se rabougrissent pendant leur croissance.

Dans le cas de l'eutypiose, on admet que c'est l'association d'au moins trois champignons qui provoque la maladie. Un symptôme caractéristique est que les feuilles se colorent de rouge ou jaune à partir du bord, tandis que les nervures restent d'abord vertes. Cependant, avant même l'apparition des premiers signes visibles, les champignons endommagent le tronc. Celui-ci devient mou et spongieux, et le transport de la sève est interrompu, ce qui est d'ailleurs à l'origine des symptômes. L'esca ne s'en prend qu'à la vigne, avant tout aux plants âgés de plus de 15 ans. Des années peuvent s'écouler avant que la maladie ne se manifeste et fasse périr la plante. Les blessures étant la porte d'entrée de ces deux maladies, la taille de la vigne favorise la contamina-tion. Les spores sont propagées par les outils ou par le vent.

la recherche d'antagonistes
 
Dans un vignoble, les plants ne sont jamais tous infectés, le plus souvent 20 pour cent environ le sont. Ce qui semble indiquer que certains ceps posséderaient un mécanisme de défense, qu'il existerait donc des antagonistes des toxines des champignons. Geneviève Défago, de l'Institut de botanique de l'EPF de Zurich, a commencé récemment à chercher systématiquement de tels antagonistes. Il peut s'agir de micro-organismes, par exemple des champignons ou des bactéries. En collaboration avec la Grèce, où le problème est particulièrement aigu, elle analyse des plantes saines provenant de vignobles infectés, dans l'espoir de trouver un antagoniste adéquat. On pourrait alors s'en servir pour enduire les blessures lors de la taille, de façon à ce qu'il pénètre dans la plante, exactement comme le font aussi les germes de la maladie.
  
Des poisons différents 
      
On sait assez peu de choses sur ces maladies des plantes que sont l'esca et l'eutypiose. Les poisons associés à l'esca ne sont pas encore tous isolés, et pour quelques-uns de ceux qui sont connus, les sites et mode d'action du poison ne sont pas clairement identifiés. Il en est autrement de l'eutypiose. Le chimiste Raffaele Tabacchi, à l'Université de Neuchâtel, a analysé ce poison, l'eutypine, et constaté que toutes les sortes de raisins n'y sont pas également sensibles. Le merlot est un cépage presque 100 pour cent résistant, parce qu'il possède une enzyme qui dégrade le poison.

Il est possible, par génie génétique, de doter d'autres cépages de cette enzyme, mais Raffaele Tabacchi est convaincu que les consommateurs ne l'accepteraient pas.
Aussi suit-il un autre chemin. Les champignons impliqués dans l'eutypiose et dans l'esca produisent de la mélanine pour se protéger de certaines influences extérieures, telles que les fortes variations de température ou les rayons ultraviolets. De plus, la mélanine protège les champignons contre les infections et est nécessaire pour permettre aux champignons de pénétrer dans les cellules végétales. Si les champignons étaient empêchés de produire de la mélanine, ils seraient affaiblis ou même détruits. Au Japon, des rizières sont déjà traitées avec un fongicide qui perturbe cette production de mélanine. Raffaele Tabacchi étudie maintenant si l'on pourrait utiliser ce fongicide également dans la vigne.
      
Une nouvelle vieille maladie 

L'esca et l'eutypiose sont un gros problème dans bien des pays, par exemple en France, Italie ou Afrique du Sud. On sait peu de chose sur la situation en Suisse. Raison pour laquelle Olivier Viret, de la Station fédérale de recherche en production végétale, à Changins, a entrepris une enquête à ce sujet. Il a trouvé des plants infectés dans à peu près la moitié des vignobles considérés, les différences régionales sont toutefois considérables. En Valais, les deux maladies ne semblent guère exister, pour des raisons liées au climat.

Il y a plusieurs explications possibles à l'augmentation des deux maladies de la vigne. Il semble que les méthodes de l'agriculture moderne favorisent l'infection. Des changements climatiques pourraient aussi jouer un rôle, et le fait que l'arsenic, toxique pour l'être humain et l'animal, n'est plus guère utilisé comme fongicide dans le monde n'est pas le moindre aspect. L'arsenic est en effet jusqu'ici le seul moyen connu pour combattre efficacement l'esca et l'eutypiose. Selon Olivier Viret, il ne fut pas utilisé en Suisse, ni jamais autorisé.

A ce sujet


    * www.unine.ch/nccr
      Adresse internet du PRN "Survie des plantes en milieux naturels et agricoles"

Contact
Dr. Olivier Viret
Station fédérale de recherche en production végétale (RAC)
Changins
1260 Nyon 1
tél: 022 363 43 52
e-mail: olivier.viret@rac.admin.ch

Prof. Geneviève Défago
Institut für Pflanzenwissenschaften
ETH Zürich
LFW C 22
ETH Zentrum
8092 Zurich
tél: 01 632 38 69
e-mail: genevieve.defago@ipw.agrl.ethz.ch

Prof. Raffaele Tabacchi
Institut de chimie
Université de Neuchâtel
Avenue de Bellevaux 51
Case postale 2
2007 Neuchâtel
tél: 032 718 24 29
e-mail: Raphael.Tabacchi@unine.ch


source: http://www.snf.ch

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Comments

viticulteur, le 23-01-2012 à 12:18:45 :

ESCA...sur vigne

Bonjour, je suis vitico, avant j'utilisais du "pyralesca" et de la "véraldine", à doses très infimes, mais ma vigne se portait bien, depuis la suppression de ces produits, je relève quelques faiblesses et rabougrissemnts des ceps. Quels sont les produits de subtitution ?

Merci de votre attention.

Cordiales salutations Viticoles et citoyennes.

Hubert

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