CONTRIBUTION A L'AMELIORATION DE LA LUTTE ANTIACRIDIENNE » maladies des plantes , agriculture et écologie

 CONTRIBUTION A L'AMELIORATION DE LA LUTTE ANTIACRIDIENNE

24/9/2008


CONTRIBUTION A L’AMELIORATION DE LA LUTTE ANTIACRIDIENNE


Problematique

Protéger les cultures et conserver les récoltes est une des préoccupations majeures de l'homme dès lors que l'agriculture devient pour lui un moyen de subsistance. L'évolution des communautés a par la suite, amplifié entre autres, les phénomènes naturels de compétitions entre l'homme et les autres êtres vivants consommateurs. L'intensification récente des systèmes de production agricoles par la quasi application de la monoculture et l'utilisation de nouvelles variétés dites à haut rendement pour une augmentation des rentes, favorise la sélection des parasites et ravageurs les plus adaptés à des conditions de plus en plus artificielles, alors qu'en parallèle, la généralisation de la lutte chimique provoque l'apparition de phénomènes de résistance et aussi des répercussions néfastes pour le consommateur (accumulation des résidus de pesticides dans l'organisme). De plus, l'ouverture du marché et libéralisation des importations de semences et plants auxquels nous assistons actuellement, favorise les introductions malencontreuses des nouveaux parasites et ravageurs..

La situation phytosanitaire dans notre pays n'est pas suffisamment connue, car peu chiffrée, bien que des pertes dues à des maladies ou à des attaques de ravageurs soient régulièrement enregistrées. Elles sont estimées actuellement à environ 20% selon les services concernés.

L'ouverture vers le marché extérieur et les échanges commerciaux, la démonopolisation du marché de l'importation des semences et plants fait que malgré les mesures prises pour le contrôle, on assiste à l'introduction de nouvelles maladies de quarantaine, telle celle du FBNYV ou virus de la jaunisse nécrosante de la fève, du PSbMV ou virus de la mosaïque héréditaire du pois, (virus affectant les légumineuses) ou bien encore du virus de l'enroulement des feuilles de tomate : le TYLCV. Par ailleurs, les systèmes de cultures sous abri-serre ont favorisé l'apparition des épidémies causées par des champignons ou des virus. En effet, il n'est pas rare de rencontrer des plantations de cucurbitacées et de solanées ravagées par ce type de micro-organismes. Les cultures pérennes ne sont pas en reste. Les répercussions sur le plan économique des attaques de virus sur vigne, de mineuse sur agrumes ou encore de Bayoud sur palmier dattier sont importantes. La nécessité de remédier à ce type de fléaux s'avère donc impérative.

L'objectif à long terme est une mise en oeuvre d'une politique de protection des cultures qui contribuerait de manière indirecte à une augmentation de la production.

AVANT PROJET DE RECHERCHE

Intitulé du projet : CONTRIBUTION A L'AMELIORATION DE LA LUTTE ANTIACRIDIENNE

1. Titre du projet :
ACTION DES INSECTICIDES UTILISES EN LUTTE ANTIACRIDIENNE SUR DES INDIVIDUS DE SHISTOCERCA GREGARIA (ORTHOPTERA - ACRIDIDAE) ET SUR L'ENVIRONNEMENT

2. Auteur de la proposition : OUKIL Salah, Maître de Recherche à l'INRAA

3. Résumé du projet :

Ce projet de recherche est envisagé dans le cadre d'un éventuel aménagement de la lutte chimique contre le criquet pèlerin et dans le but de satisfaire les exigences écologiques, économiques et toxicologiques avec pour objectifs :

- De préciser la toxicité des produits phytosanitaires utilisés dans le cadre de la lutte antiacridienne et de détecter la présence d'un éventuel phénomène de résistance à ces produits ;
- D'observer s'il existe un rythme nycthéméral de sensibilité dans le temps à ces mêmes produits, dans le but de déterminer le moment opportun pour effectuer les traitements ;
- De mesurer l'activité estérasique des individus de ce prédateur à divers moment de la journée ;
- D'évaluer la concentration des résidus de ces produits sur les cadavres des imagos de ce déprédateur, sur la flore (cultivée et spontanée) ainsi que dans le sol et l'eau.

4. Problématique :

L'Algérie est soumis régulièrement à des pullulations voire à des invasions de criquets à la faveur des conditions écologiques pouvant parfois causer des dégâts importants au patrimoine Agro-silvo-pastoral. Trois espèces de criquet sont néanmoins, du fait de leur grégarisme considérées comme très dangereuses. Il s'agit : du criquet pèlerin (Shistocerca grégaria Forskäl, 1775), du criquet marocain (Diciostorus marocanus Thumberg, 1815) et du criquet migrateur Africain (Locusta migratoria mgratoroîdes R et F., 1767).

Toutefois, le criquet pèlerin est l'espèce la plus redoutée en raison de sa capacité de se déplacer en essaim sur de très grande distance.

La lutte contre le criquet en Algérie est exclusivement chimique par utilisation d'insecticide notamment organo-phosphorés et souvent dans des écosystèmes très fragiles. Cette méthode de lutte est relativement efficace lorsqu'elle est bien conduite, mais son inconvénient est à la mesure de l'intensité de son utilisation. Chacun en connaît les nombreux effets secondaires sur l'environnement, voire sur l'espèce visée elle-même, par l'apparition de cas de résistance. La FAO en 1984 recensait déjà 550 à 600 espèces différentes d'insectes ravageurs ayant manifestés des phénomènes de résistance (Riba et Silvy, 1989).

En effet, l'utilisation irrationnelle des pesticides entraîne aussi des inconvénients de types toxicologiques par la présence notamment d'une accumulation de toxiques parfois très persistant dans la biosphère, ainsi qu'un taux de résidus parfois plus important dans les cultures, ce qui représente un danger réel pour le consommateur.

Les effets nocifs des pesticides font l'objet de mesures de plus en plus strictes tendant à établir des conditions correctes d'emploi (Choix du pesticide et de son dosage, méthode et moment de son application) pour atténuer les risques encourus pour la collectivité et l'environnement.

En période d'invasion, les moyens mobilisés sont exceptionnels. Durant l'invasion de 2004/ 2005, en Algérie :
  4 Millions 500 Milles hectares ont été traités, dont 600 Milles hectares par voie aérienne ;
  30 Milliards de dinars ont été mobilisés.

5. Impacts du projet :

- Socio-économique et Technologique

Sur le plan économique et technique le respect des règles précises sur les modalités d'application des pesticides permet une réduction conséquente de l'emploi des pesticides souvent très coûteux. Et ainsi, à protéger l'environnement.

- Scientifique

L'impact scientifique du projet permet d'éclaircir les aspects toxicologiques et biologiques du ravageur et l'évaluation biologique des produits phytosanitaires utilisés et de leur devenir sur l'environnement. Ce projet peut ouvrir des perspectives et permet notamment de souligner le sens des recherches à développer. Il permet aussi une contribution éventuelle dans le cadre de l'évaluation biologique des pesticides pour l'homologation des produits phytosanitaires à usage agricole.

- Apprentissage (Formation)

Acquisition des connaissances de bases notamment sur l'utilisation des pesticides en vue de protéger la biocénose assez fragile dans les biotopes de ce ravageur.

6. Equipe du projet :

OUKIL Salah Maître de Recherche Doctorat d'Etat en Biologie (INRAA) BENZARA Abdel Madjid Maître de Conférence Doctorat d'État en Acridologie (INA) SAHRAOUI Lounès Attaché de Recherche Doctorant (INA) BOUDINA Ali Chargé de Recherche Magister en Chimie Organique (USTHB) CHAOUCH Abderrezak Ingénieur d'Etat Ingénieur d'Etat(INPV) KHALDOUNE Saida Attaché de recherche Attachée de Recherche (INRAA) ADJABI Mériem Ingénieur d'application DES en Chimie Générale(ITELV)

Laboratoire de la protection des végétaux

source : http://www.inraa.dz

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