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 Plan d'action du Canada pour la sécurité alimentaire

12/9/2008


Plan d'action du Canada pour la sécurité alimentaire


Le Plan d'action du Canada pour la sécurité alimentaire constitue la réponse du Canada à l'engagement pris par la communauté internationale, lors du Sommet mondial de l'alimentation (SMA), pour réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées, en 2015 au plus tard. Cet engagement fait fond sur une large gamme d'autres engagements internationaux qui influent sur la sécurité alimentaire, notamment les accords sur le commerce international et les questions d'environnement, les conventions sur les droits de l'homme (y compris ceux des femmes et des enfants), le développement social, l'éducation, le logement et le développement urbain. En outre, il se fonde sur les engagements et les actions qui découlent de programmes en vigueur au Canada même, par exemple : La nutrition pour un virage santé : Voies d'action; Rassembler nos forces : Le plan d'action du Canada pour les questions autochtones; les révisions des lois, y compris la Loi sur les pêches; les programmes et les politiques économiques, sociales et environnementales du Canada, en évolution.

Le présent Plan d'action est le fruit du travail d'un groupe consultatif mixte (GCM) composé de représentants(1) des gouvernements fédéral et provinciaux et de la société civile (voir liste des membres en annexe). Au cours des discussions qui ont présidé à sa rédaction, il est devenu évident au groupe qu'il s'attaquait à une large gamme d'enjeux, dont beaucoup étaient complexes et connexes. Pour aider le lecteur à se faire une première idée de la perception que l'on se faisait de la sécurité alimentaire au cours de ces discussions, on a rédigé une courte introduction intitulée << Comprendre la sécurité alimentaire >>, dans la partie I. Sans vouloir être exhaustive, elle ne prétend pas constituer le mot de la fin; c'est simplement un cadre de référence pour situer les mesures à prendre.

La structure du présent document s'inspire du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, avalisé par 187 pays au cours du Sommet qui s'est tenu à Rome en 1996. Le Plan d'action du SMA comprend sept engagements, lesquels forment le pivot central du présent document. Dans la partie II, on souligne le plan d'action du Canada sur la scène nationale et dans la partie III, on souligne le plan d'action du Canada sur la scène internationale, comme donateur aux pays en voie de développement (PVD) et aux pays en transition, comme membre de la communauté multilatérale et comme nation commerçante. Après chaque mesure, on indique entre parenthèse les principaux organismes responsables de la mise en application. Enfin, la partie IV expose l'approche du Canada à la mise en Oeuvre et à la surveillance de son plan d'action.

Dans le contexte des obligations du Canada à l'égard de l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation, le Plan présente le point de vue de ce pays sur la question complexe de la sécurité alimentaire et il énonce les suites à donner dans le contexte élargi des défis actuels. Il reconnaît que la sécurité alimentaire englobe l'accès à une nourriture convenable et un approvisionnement suffisant en aliments. La réduction de la pauvreté, la justice sociale et des systèmes alimentaires durables en sont les conditions essentielles.

Le Plan reconnaît le rôle important de la société civile, dans sa contribution à la sécurité alimentaire, et les réalisations du secteur privé et du monde de l'enseignement dans l'expansion de la production et l'amélioration de l'accès à la nourriture. Ces réalisations se sont effectuées depuis que, à l'échelle planétaire, on s'est attaqué sérieusement à trouver une solution définitive au problème de la faim, il y a quelque 50 ans. Le partage de l'information, les partenariats, la coopération intersectorielle jouent un rôle clé dans l'approche canadienne.

Le plan, dont l'évolution se poursuit, forme la base de discussions ultérieures qui porteront sur les détails de la mise en oeuvre, y compris le choix du moment, les rôles et responsabilités, les mécanismes de coordination et les mesures connexes. Souple, ouvert, adaptable aux conditions et à l'écoute des besoins, ce n'est pas un inventaire définitif des programmes en vigueur ni des mesures projetées. C'est plutôt une ébauche qui énonce les priorités les plus grandes qu'ont cernées les membres du GCM. Ces priorités sont exposées ci-dessous. L'ordre dans lequel elles paraissent n'en dénote pas l'importance mais suit simplement l'ordre des sept engagements.

Priorité 1 : Le droit à la nourriture - Elle réitère la croyance du Canada dans l'importance de ce droit pour la sécurité alimentaire et elle souligne la nécessité de mieux définir ce droit ainsi que les actions à prendre pour l'exercer. Les suites à donner comprennent l'appui de la société civile au Code international de conduite sur le droit de l'homme à une alimentation convenable et la participation de tous les secteurs aux efforts nationaux et internationaux visant à clarifier la signification du droit à la nourriture en vue de son exercice progressif et intégral.

Priorité 2 : La réduction de la pauvreté - C'est un élément important de la stratégie des mesures intérieures et internationales qui s'attaquent à l'insécurité alimentaire. Elle repose sur la notion suivante : une condition clé de la sécurité alimentaire est l'accès à des ressources suffisantes pour acheter de la nourriture ou pour la produire. Les suites à donner sur la scène internationale subissent l'influence de l'objectif poursuivi par le Canada pour réduire la pauvreté dans son programme d'assistance au développement. Ces suites à donner comprennent l'objectif visant à consacrer au moins 25 % du budget de l'aide publique au développement aux investissements dans les besoins fondamentaux de l'homme, notamment l'alimentation et la nutrition, l'éducation et les soins primaires de santé. Le Plan réaffirme aussi la détermination du Canada à engager les citoyens dans l'élaboration de politiques et la conception de programmes dans le domaine de la réduction de la pauvreté.

Priorité 3 : La promotion d'un accès à une nourriture salubre et nutritive - Elle est perçue comme un élément vital de la sécurité alimentaire. Dans les pays en voie de développement (PVD), la supplémentation en micronutriments et en vitamines contribue à améliorer l'alimentation. L'allaitement maternel est aussi présentée comme vitale pour la santé et la nutrition des nourrissons du monde entier. Au Canada, l'engagement à l'égard de cette priorité se double de mesures visant à appuyer les mères qui travaillent, de programmes hospitaliers, de soins de santé aux mères et aux enfants ainsi que d'autres initiatives à l'appui du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel. Outre la promotion et la protection de l'allaitement maternel et des autres conditions assurant la sécurité alimentaire, les méthodes de soins à l'enfant, et les mesures en matière de santé et d'éducation sont importantes pour la sécurité nutritive des mères et des enfants, particulièrement dans les PVD, mais ailleurs aussi.

Priorité 4 : L'innocuité des aliments - Elle souligne l'existence de nouvelles menaces pour l'approvisionnement alimentaire de la planète, du fait de la croissance rapide et de la forte pénétration commerciale d'aliments nouveaux et exotiques par divers partenaires commerciaux, qui peuvent constituer un risque de maladie ou un risque pour la sécurité; du fait des contaminants de l'environnement, notamment dans les sources traditionnelles de nourriture du Grand Nord canadien, qui menacent aussi la sécurité; et du fait des urgences ou des cataclysmes, qui peuvent causer des problèmes de contamination par les produits chimiques dangereux ou les microorganismes pathogènes, par exemple. En outre, l'ignorance des méthodes de préparation et d'entreposage des aliments est considérée comme une menace, principalement à l'échelle des ménages. Les mesures visant à assurer un approvisionnement et une manipulation sûres des aliments font notamment appel à la sensibilisation plus poussée du public, au meilleur étiquetage des produits, à l'évaluation approfondie des biotechnologies, à l'amélioration des méthodes de surveillance et à des partenariats multisectoriels plus solides.

Priorité 5 : Les méthodes traditionnelles d'obtention de la nourriture des autochtones et des collectivités côtières - Cette priorité reconnaît l'importance de la chasse, de la pêche, de la cueillette, du troc et des échanges pour la sécurité alimentaire de nombreuses communautés du Canada et d'ailleurs. En partageant leur sensibilisation aux aliments traditionnels et leur savoir des pratiques durables d'utilisation des ressources naturelles, les peuples autochtones peuvent contribuer beaucoup à l'atteinte des objectifs du Sommet mondial de l'alimentation. Les mesures visant la réduction des contaminants de l'environnement, l'aménagement durable des ressources, y compris halieutiques, et la supplémentation convenable au moyen d'aliments commerciaux de qualité renforce l'accès de ces communautés aux aliments.

Priorité 6 : La production alimentaire - Elle fait ressortir le rôle vital de la recherche, du développement rural et des investissements pour la productivité du secteur agricole et agroalimentaire. Elle constitue un trait d'union solide entre l'aménagement durable des ressources productives et une production suffisante d'aliments nutritifs et sans danger pour tous. Elle montre la nécessité de soutenir la production locale, notamment dans les PVD où la réforme agraire, la participation des collectivités touchées, y compris les agricultrices, et la satisfaction des besoins humains fondamentaux sont essentiels à la réussite des programmes de développement rural. Au Canada, on cherche à augmenter la production agricole par des mesures visant à appuyer l'aménagement durable des ressources, à continuer à investir dans la capacité de recherche et à accroître cette dernière ainsi qu'à encourager l'investissement dans les régions rurales.

Priorité 7 : L'emphase sur les pratiques écologiques - Cette priorité examine certains des défis écologiques les plus urgents qui se posent en production alimentaire. Les actions du Canada à l'appui de cette priorité passent par l'appui du Canada à une large gamme d'engagements contractés en vertu d'accords internationaux en vigueur. Sur la scène internationale, cela englobe des défis précis pour les PVD dans les domaines tels que l'aménagement des ressources hydriques, la foresterie communautaire, la croissance démographique viable ainsi que le respect et la préservation des connaissances des peuples autochtones. Au Canada, des mesures supplémentaires complètent ces accords pour améliorer l'intendance des ressources naturelles dans les domaines des polluants des régions du Nord, l'aménagement durable des pêcheries, les biotechnologies, le changement climatique et la biodiversité.

Priorité 8 : Les échanges commerciaux loyaux - Cette priorité expose les répercussions potentielles des régimes de libéralisation des échanges sur les revenus et le bien-être général de la population, et démontre également la possibilité qu'il y ait des coûts d'ajustement dans les secteurs non concurrentiels. Les mesures relevant de cette priorité se traduisent par une intensification des échanges commerciaux dans les secteurs alimentaires et agroalimentaires, notamment dans les PVD, tout en assurant une meilleure compréhension des répercussions de la libéralisation des échanges sur les personnes qui ne bénéficient pas de la sécurité alimentaire.

Priorité 9 : La reconnaissance de la paix comme condition préalable à la sécurité alimentaire - Elle souligne la nécessité d'un accès sûr et sans danger aux moyens de production, plus particulièrement aux terres arables et aux eaux exploitables. Les mesures relevant de cette priorité renforcent les mesures d'urgence, la prévention des conflits, les initiatives de paix et la sécurité civile au Canada et à l'étranger.

Priorité 10 : Un système de surveillance de l'insécurité alimentaire - Cette priorité désigne la nécessité de posséder un ensemble complet d'indicateurs convenus pour déterminer la nature, l'étendue et l'évolution de l'insécurité alimentaire, à la fois pour trouver des solutions convenables et pour contrôler leur efficacité. Le plan prévoit la collaboration entre le gouvernement et la société civile à l'élaboration d'indicateurs pour les systèmes nationaux et internationaux et à leur emploi à des fins de surveillance.

Dans le présent document, << société civile >> désigne des organisations et des associations formées à des fins sociales ou politiques et dont la création et le mandat ne relèvent pas des gouvernements. On y retrouve des organisations non gouvernementales, des syndicats, des coopératives, des églises, des organisations de base populaires et des associations de gens d'affaires.


Consultez le Plan d'action du Canada pour la sécurité alimentaire, (PDF Version, 11,604 KB)

Pour plus d'information sur ce document, veuillez communiquer avec Daryl Nearing.

Source: http://www4.agr.gc.ca/

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