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 Brevetage du vivant, maladies génétiques, étiquetage des OGM

6/9/2008


Brevetage du vivant, maladies génétiques, étiquetage des OGM

Discussion de questions éthiques complexes à la première exposition nationale du Canada sur la génomique

On a qualifié la cartographie du génome humain de découverte décisive : une innovation qui permettra de mettre au point de nouveaux traitements ou même de guérir de nombreuses maladies. On a aussi dit que la génomique - l'étude du matériel génétique de chaque organisme vivant - avait le potentiel de tout améliorer, depuis les récoltes jusqu'au carburant que nous utilisons.

Ses adeptes parlent de ses avantages potentiels : la disparition de maladies comme le sida et le cancer; une médecine améliorée et personnalisée qui recourra à des médicaments et à des traitements basés sur notre constitution génétique unique; des aliments génétiquement modifiés ou transgéniques qui nous protégerons contre la maladie; et des plantes qui résisteront mieux aux insectes, aux maladies ou à la sécheresse, ce qui nous permettrait de nourrir les populations qui souffrent de la faim dans le monde.
          

Qu'en est-il cependant du revers de la médaille? De nouvelles technologies comme le clonage, la recherche sur les cellules souches et les aliments transgéniques soulèvent beaucoup de controverses. Comme l'a dit M. Martin Godbout, président de Génome Canada, « La société canadienne entre dans une époque où elle devra composer avec des enjeux scientifiques et éthiques complexes et controversés. Les découvertes scientifiques vont-elles progresser plus vite que notre capacité à les assimiler? Nous devons, en tant que société, réfléchir à ce qui peut se faire sur le plan scientifique, et à ce que nous croyons qu'il faut faire ».

« Les répercussions sociales et éthiques de la compréhension du génome humain sont énormes  », a dit le Dr Alan Bernstein, ancien président des Instituts de recherche en santé du Canada. « Comment pouvons-nous nous préparer à la nouvelle génétique? Comment pouvons-nous préparer le public à faire des choix éclairés? Surtout, comment devons-nous, en tant que société, faire l'équilibre entre les possibilités scientifiques et les avantages potentiels pour la santé, compte tenu des enjeux éthiques, juridiques et sociaux réels ou perçus. Ce sont là des questions dont il nous faudra discuter chaque fois que la recherche réalisera de nouveaux progrès. »

Il faudra aussi trouver des réponses à des questions inédites : Qui aura accès à l'information génétique nous concernant? Les pays en voie de développement seront-ils absents de la révolution de la génomique? Faut-il breveter les gènes? Les aliments transgéniques sont-ils sûrs?

Mme Françoise Baylis, professeure de médecine et de philosophie à la Dalhousie University, nous encourage à ne pas nous limiter à l'immédiat, mais à réfléchir soigneusement aux conséquences possibles, à long terme, des innovations que nous adoptons d'emblée. « Quand on pense à la révolution de la génomique, il faut voir que la révolution réside en fait dans notre capacité nouvelle de maîtriser notre histoire évolutive. »

Il est difficile pour un grand nombre d'entre nous d'adopter des positions éclairées sur ces questions parce que la génomique est en elle-même un domaine complexe et hautement technique, souvent obscurci par un jargon scientifique hermétique.

Les réponses pourraient se trouver en partie dans une importante exposition itinérante qui s'est arrêtée dans quelque 12 collectivités canadiennes depuis 2003. Le génie du génome a ouvert ses portes au Musée canadien de la nature à Ottawa le 25 avril 2003, date du 50e anniversaire de la première publication scientifique sur la structure à double hélice de l'ADN. Cette exposition novatrice, maintenant dans la deuxième phase de sa tournée pancanadienne, est produite par le Musée canadien de la nature, et elle est présentée à l'échelle nationale par Génome Canada.

Elle offre une occasion d'explorer les notions fondamentales de la biologie cellulaire, la génétique et le lien entre les gènes et l'environnement. Par le biais de débats publics et de questions abordées à l'exposition même, Le génie du génome a aussi amené les Canadiennes et les Canadiens à réfléchir aux enjeux éthiques suscités par ce passionnant nouveau domaine scientifique.

« Cette exposition est à voir absolument, vu les répercussions de la génomique », dit Mme Joanne DiCosimo, présidente-directrice générale du Musée canadien de la nature. « Elle ne fait pas qu'aborder un sujet complexe et le présenter de manière compréhensible, elle provoque la réflexion et incite les gens à se faire leur propre opinion sur le sens qu'ils donneront à ce nouveau domaine scientifique ».

À de nombreux égards, la génomique fait de nous des explorateurs d'un territoire vierge. Il nous faut des cartes pour nous orienter, des repères et des principes pour nous montrer le chemin. La compréhension commence par la connaissance du périple que nous nous apprêtons à entreprendre : où nous nous trouvons maintenant et où nous pourrions nous rendre ensuite.

Le génie du génome nous offre une occasion exceptionnelle d'en savoir plus sur la génomique et de nous préparer aux décisions importantes futures. Surveillez les annonces! Visitez le site nature.ca/genome/06/061/061_f.cfm pour connaître la liste des villes confirmées de la tournée .


source: http://nature.ca/genome 

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