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 Les plantes

3/9/2008


Les plantes
Délia Steinberg Guzman

Étroitement liées à la nature et à toutes les formes de vie qui s’y développent, les plantes sont bien vivantes, possédant de nombreuses vertus et secrets pour la joie et le bien-être de tous.

En elles aussi, réside la vie et un merveilleux principe d’intelligence. Et Maya (1) joue aussi avec elles, puisqu’il lui faut faire durer et multiplier les formes de ce royaume de verdure.

Comme les pierres, les plantes sont filles de la terre et du ciel ; en quête du mystère de la terre, elles y enfoncent leurs racines et c’est en s’abreuvant des influences stellaires que naissent les branches, les fleurs et les fruits.

Dans les plantes, les deux forces commencent à s’équilibrer: celle de la résistance et celle de la croissance en expansion. Elles grandissent et s’ouvrent au soleil mais, par leur autre extrémité, elles restent ancrées à la terre mère, dans un acte d’authentique résistance. Grâce à l’attache de leurs racines, elles résistent au vent et aux tempêtes ; elles dorment sans feuilles en hiver et leur feuillage les protège des rayons brûlants du soleil de l’été. Mais elles vivent, se manifestent, bougent et jouissent de leur propre existence, anticipant ce que, à leur niveau, font les êtres humains.

Les plantes ne sont pas toutes égales ; même dans leur monde, on relève des différences de niveau imposées par l’évolution. Il en est de très simples, petites et minimes dans leur expression, il en est d’autres, grandes et robustes, tels les arbres qui essaient de ressembler aux hommes.

 Les plantes s’adaptent aux jeux de Maya

 Avez-vous déjà regardé un arbre attentivement ? Son tronc est semblable à notre corps. De ce tronc émergent des ébauches de pieds qui s’enfoncent dans la terre, et des bras rudimentaires qui se dressent vers le ciel. Les pieds sont les racines ; ce sont des pieds qui ne marchent pas mais qui, par contre, cherchent à se fixer à leur milieu le plus intelligemment possible ; j'ai vu un arbre pousser dans les rochers et ses racines s’ouvrir habilement un passage dans les interstices pour ne pas buter sur la dureté de la pierre. Ces pieds-racines aussi s’ouvrent un chemin, comme les nôtres ; mais c’est un chemin de stabilité ; de la stabilité dépend l’alimentation, et de l’alimentation, la vie même.

Les arbres n’ont pas de tête...Ils ne pensent pas encore, néanmoins ils sentent. En dépit des mystifications de Maya, les hommes qui savent que les plantes vivent et comprennent les émotions que nous émettons sont de plus en plus nombreux. La beauté d’une plante domestique dépend en grande partie de l’habileté et de l'affection que nous mettons à la soigner.

Les plantes n’ont pas de tête, mais elles ont docilement accueilli l'intelligence que Dieu a placée en elles. La fleur a des couleurs variées parce qu'elle a su écouter les voix de Maya, parce qu’elle sait que, sans cet attrait, elle n’aura pas de nouvelles fleurs. La fleur attendrit le vent et les oiseaux, et le vent et les oiseaux collaborent au jeu amoureux entre les fleurs. Le pollen court d’un endroit à un autre ; les semences vont et viennent. Et l’éternel jeu de la vie se répète pour que jamais la forme du vert végétal ne soit absente de la terre.

Les feuilles vivent du soleil ; elles tournent leurs visages vers l’astre roi et gardent leurs poumons orientés vers le bas, se protégeant pour ne pas respirer la poussière apportée par les vents. Les feuilles savent vivre et savent mourir ; elles tombent à terre lorsqu’elles ont la couleur de l’or, dansant harmonieusement dans leur chute et obéissant à la sage sélection qui détache d’abord les vieilles feuilles et les plus basses, pour que subsistent et demeurent les jeunes et les plus hautes.

La fleur aussi vit du soleil et oriente constamment ses pétales de façon à s’enrichir de cet or céleste. Puis, lorsqu’aura pris fin son cycle coloré, lorsque tout en elle semblera mourir, elle fera place au fruit né de son sacrifice. Et lorsque le fruit se desséchera et que la destruction en aura eu raison, de ce nouveau sacrifice surgira la semence cyclique qui, en tombant sur le sol, lancera de nouvelles racines, de nouveaux troncs, de nouveaux bras en prière, et de nouvelles prières exaucées que seront fleurs et fruits.

 Les secrets et les vertus des plantes

 Les plantes recèlent d’incommensurables secrets. Elles possèdent des vertus fantastiques que, nous, les hommes, aveuglés par le jeu de Maya, avons oublié d’apprécier. Bien souvent nous mangeons des plantes, mais nous ne savons pas grand-chose des caractéristiques de ce que nous venons de manger. Les unes sont curatives, d’autres s’avèrent vénéneuses ; celles-ci ne sont ni bonnes ni mauvaises, celles-là possèdent certaines propriétés. Les unes facilitent les rêves et d’autres provoquent des cauchemars ; certains fruits sont sucrés et agréables et d’autres acides et répugnants. Mais chaque plante sert à quelque chose, chacune a une fonction et la remplit en conscience, par-delà notre connaissance de ces fonctions.

 Les Sages de l’Antiquité ont appris à parler avec les plantes et connaissaient leurs nombreuses vertus et leurs propriétés. C’est ainsi qu’ils furent des sages alors que nous sommes victimes des jeux de Maya. C’est ainsi qu’ils fabriquèrent d’étranges breuvages alors que nous ne connaissons que l’inutile sacrifice d’une fleur dans un vase.

 Les plantes accueillent toutes formes de vie

 Les plantes ne sont pas des êtres solitaires. Au contraire. Combien d’êtres vivent dans et par elles ! Un regard qui s’attarde nous révèlera des centaines d’insectes passant entre leurs branches, lorsqu’ils ne rendent pas visite à leurs racines et, bien sûr, maraudent parmi le coloris des fleurs et des fruits…L’oreille attentive captera le chant des oiseaux qui se dissimulent dans le feuillage ; comment imaginer un arbre sans un nid ? Les arbres sont la maison des oiseaux et, avec le coucher du soleil, commence l’interminable spectacle des oiseaux qui cherchent hâtivement refuge dans les branches.

Nous aussi, les hommes - lorsque le jeu de Maya le permet - sommes amis des plantes. Nous cohabitons avec elles, nous nous en nourrissons ; elles nous servent d’ornement et parfument nos demeures. Nous nous promenons parmi elles et leur sommes reconnaissants de leur ombre bienfaisante en été, comme de leur protection momentanée pendant les pluies hivernales.

Il est aussi des êtres, invisibles à nos yeux, qui habitent dans les plantes ; parmi eux, de petits gnomes immatériels qui s’abritent dans les branches et vouent une adoration reconnaissante à l’être de l'arbre qui les héberge.

 As-tu remarqué combien le bois est chaud ? De bois est le berceau, de bois le cercueil…Il y a dans le bois quelque chose de la vie et quelque chose de la mort, quelque chose du mouvement et quelque chose du repos : ce sont les reflets de la résistance et de l’expansion des plantes…

Si tu prends le temps de passer la main sur ta chaise, ta table de travail, de sentir sous tes doigts la chaleur du bois, rappelle toi qu’il a existé un être vivant qui a offert sa force et sa résistance pour continuer à servir, au-delà des jeux de Maya, les jeux et les travaux des hommes.

 (1) Maya : mot sanscrit, représente l’illusion avec apparence de réalité pour la philosophie hindoue.

Ce texte est extrait du livre Les jeux de Maya, de Délia Steinberg Guzman, Les Éditions des 3 Monts

NDLR Le chapeau et les intertitres ont été rajoutés par la rédaction

source : http://www.nouvelleacropole.org

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