Les plantes ont le sens de la famille : elles font preuve de compassion envers les leurs » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Les plantes ont le sens de la famille : elles font preuve de compassion envers les leurs

29/8/2008


Les plantes ont le sens de la famille : elles font preuve de compassion envers les leurs


Les plantes ne communiquent pas d'émotion. Du moins, c'est ce qu'elles laissent paraître à la surface, mais sous terre, c'est tout autrement.

Il s'avère que les plantes modifient leur comportement en fonction de leur voisinage. Les voisins qu'elles traitent le mieux sont les plantes de leur propre famille.

Susan DudleyMme Susan Dudley, professeur agrégée de biologie à la McMaster University et titulaire d'une subvention du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), a découvert que les racines des plantes sont capables de reconnaître leur parenté. De plus, les plantes qui côtoient des plantes apparentées ne présentent pas le même comportement agressif que lorsqu'elles sont plantées à côté de plantes non apparentées.

Au cours d'expériences dans le cadre desquelles on cultivait dans le même pot des plantes apparentées et non apparentées, Mme Dudley a observé que les plantes deviennent très compétitives lorsqu'elles partagent leur pot avec des étrangers. Elles produisent plus de racines quand elles partagent un pot avec des étrangers que lorsqu'elles sont en famille.

« Nous croyons que les plantes perçoivent la présence de leurs voisines et renforcent leurs racines afin d'absorber les éléments nutritifs avant elles. Lorsqu'elles sont en famille, les plantes ne présentent pas ce comportement compétitif », mentionne Mme Dudley.

Plantes La capacité de reconnaître et de favoriser les siens est une stratégie évolutive bien connue chez les animaux. En fait, la théorie de la sélection de parentèle propose que les animaux sont plus susceptibles de faire preuve d'altruisme envers leur parenté qu'envers des membres de leur espèce qui ne leur sont pas apparentés, car les individus peuvent améliorer leur état de santé (leur contribution au patrimoine génétique de la prochaine génération) grâce au succès de reproduction des membres de leur famille, avec qui ils ont beaucoup de gènes en commun.

Bien que cette théorie s'applique à de nombreuses espèces animales, les chercheurs n'ont jamais cru pouvoir observer ces mêmes comportements sociaux complexes chez les plantes.

Sans cerveau ou sans moyen de communication, comment les plantes distinguent-elles les voisins qui leur sont apparentés de ceux qui ne le sont pas? « Nous ne connaissons pas les mécanismes qui entrent en jeu. C'est encore un mystère », affirme Mme Dudley.

Les travaux de recherche sur le comportement des racines chez les plantes ne font que commencer, mais si d'autres études appuient l'idée que la sélection de parentèle est commune chez les plantes, il faudra revoir de nombreuses théories de l'évolution et de la biologie végétale.

« La capacité qu'ont les plantes d'interagir, c'est-à-dire de non seulement reconnaître leurs voisins mais aussi de discerner leur nature, permet aux plantes de réagir de différentes manières. Ainsi, les plantes évoluent d'une manière que nous n'avions jamais cru possible auparavant », explique Mme Dudley.
Personnes-ressources :

Susan Dudley
Département de biologie
McMaster University
Tél. : 905-525-9140
Courriel : sdudley@mcmaster.ca

Martine Perreault
Agente des relations avec les médias et des affaires publiques
Division des communications
CRSNG
Tél. : 613-996-7238
Courriel : martine.perreault@crsng.ca

Source : http://www.crsng.gc.ca/news/features/2007_09_12_f.htm

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