OGM : Le fiasco ! Exemple : l'Espagne » maladies des plantes , agriculture et écologie

 OGM : Le fiasco ! Exemple : l'Espagne

8/8/2008

OGM : le fiasco ! Exemple : l’Espagne par Liliane Spendeler de "Amigos de la Tierra"
Transmis par Groupe local des Landes
mercredi 14 septembre 2005, par Groupe local des Landes

Les partisans des OGM citent souvent l’Espagne comme l’exemple même de la réussite des OGM en Europe, avec ses 30 000 ha d’OGM cultivés l’an dernier et ses 80 000ha cette année - chiffres avancés par l’industrie mais que personne n’a vraiment vérifiés... Liliane Spendeler de "Amigos de la Tierra", rétablit la vérité. Dans ce court dossier, elle présente les faits : Partie 1 : la contamination se généralise. Partie 2 : les OGM sont un fiasco économique.
Prendre l’Espagne comme modèle, c’est généraliser la contamination génétique, signer l’arrêt de mort de l’agriculture biologique et paysanne, et fouler au pied le droit des citoyens de décider eux-mêmes de ce qu’ils veulent manger.

OGM : CAS CONNUS DE CONTAMINATION GÉNÉTIQUE EN ESPAGNE, par Liliane Spendeler. Traduction de Jean, Amis de la Terre-Landes
Ce document est la traduction d’un extrait du rapport : "Una crítica al borrador de Orden Ministerial por la que se dispone la publicación de las recomendaciones sobre coexistencia de los cultivos modificados genéticamente, convencionales y ecológicos." Amigos de la Tierra, Ecologistas en Acción, COAG et Greenpeace. Avril 2004. www.tierra.org/transgenicos/transgenicos.htm
Introduction
Depuis 1996, l’Espagne importe des quantités importantes de maïs et de soja transgéniques (OGM). De plus, depuis 1998, du maïs modifié génétiquement est semé, sur environ 30 000 hectares selon les données de l’industrie biotechnologique, affirmations non vérifiées par des sources indépendantes.
Tout cela, sans le moindre contrôle gouvernemental ! On n’a jamais su exactement où sont les champs transgéniques, une condition nécessaire - mais non suffisante - pour éviter les contaminations ; les agriculteurs ne séparent pas les récoltes modifiées génétiquement ; on n’a jamais réalisé aucun type de contrôle systématique pour évaluer le degré de contamination des autres cultures par des OGM. En fait, ce contrôle n’est même pas envisagé dans les conditions requises dans les plans de suivi des variétés OGM autorisées.
Dans ce contexte et comme il fallait s’y attendre, les cas de contaminations par des OGM se sont multipliés en Espagne. Mais comme il n’y a aucune étude pour déterminer l’ampleur des contaminations, certains responsables politiques ont eu le culot de déclarer que "après trois ans d’expérience réelle, il n’y a eu aucun cas de contamination" [1] et, ce qui est plus grave, de s’appuyer sur ce mensonge pour justifier leur politique en matière d’OGM.
Pourtant, - et avec les réserves nécessaires devant les incertitudes scientifiques, techniques ..., liées aux cultures GM - il est probable qu’il soit encore temps pour l’Espagne de faire marche arrière, si elle adopte les outils nécessaires pour que la contamination génétique ne se généralise pas.
Ce document rassemble quelques cas connus de contamination par des OGM en Espagne. Tous les cas cités ici, ont été corroborés par une ou plusieurs analyses en laboratoire. (Ce dossier a été rédigé le 31 Mars 2004, quand le nouveau gouvernement n’avait pas été constitué. Toute référence à l’administration espagnole se réfère au gouvernement du Parti Populaire, au pouvoir depuis 1996 jusqu’en avril 2004. )

Contamination des cultures

Navarre : Champs de maïs biologique contaminés par pollinisation croisée
Fin 2001, le Conseil de la Production Agricole Biologique de Navarre (CPAEN) a détecté la présence d’OGM dans les récoltes de maïs de deux exploitations biologiques. Une analyse plus détaillée (sur un des maïs) révéla que l’agent contaminant était l’événement Bt 176 (événement : montage génétique inséré dans la plante) présent dans la variété transgénique Compa CB qu’on cultive en Espagne depuis 1998. On ne réalisa pas une analyse quantitative des échantillons mais dans les deux cas, le matériel transgénique était présent dans une proportion supérieure à 0,05%. En Navarre, on cultive le Compa CB sur des surfaces petites, mais suffisantes pour provoquer des contaminations. Il s’agit clairement ici, d’un cas de pollinisation croisée.
A la suite de cette contamination, les deux productions ont perdu le label bio. Les cultures contaminées produites selon les normes de l’agriculture biologique, n’ont pas pu être vendues comme produits biologiques bien évidemment, mais seulement comme produits conventionnels. Malgré une perte économique qui s’en suivit, l’agriculteur n’a eu droit à aucune compensation.
A la suite de la découverte de ces cas de contamination, le CPAEN demanda au Parlement de Navarre l’interdiction des cultures transgéniques ainsi que des mesures strictes de contrôle pour éviter la contamination génétique, et une législation qui fixe les responsabilités. De plus, une coalition de producteurs et de consommateurs a dénoncé les conséquences alarmantes de la culture d’OGM et, en particulier, les difficultés que rencontrent les agriculteurs pour contrôler leurs cultures et assurer une production et une consommation sans OGM dans le futur. Ce cas provoqua l’abandon de la culture de maïs biologique chez presque tous les agriculteurs biologiques de Navarre !
Aragon : Champ de maïs conventionnel contaminé par pollinisation croisée
En août 2003, Greenpeace repéra un champ de maïs génétiquement modifié (variété Compa CB, avec l’événement Bt176) dans la commune de Villanueva de Gállego (Province de Saragosse). A environ 200 mètres de distance, un autre champ était semé avec du maïs conventionnel. L’analyse d’un prélèvement de ce champ a montré qu’il était contaminé par l’événement Bt 176.

Contaminations de semences

Navarre et Aragon : contamination de semences de soja biologique
Fin 2001, le CPAEN a de nouveau découvert une contamination par OGM dans un lot de soja utilisé comme aliment dans une ferme biologique qui élève des poulets. Dans ce cas aussi, on a dû déclasser la production de la ferme qui avait acheté le soja à un agriculteur biologique navarrais. La semence, achetée par l’agriculteur à la société Monsanto est certainement la source de la contamination. En effet, il n’y a pas de culture de soja dans cette région et il n’y en a pas eu durant ces 15 dernières années. Mais les sacs de semences contenaient des semences transgéniques sans qu’il en soit fait mention sur l’étiquette ! La culture du soja transgénique n’étant pas autorisée en Espagne, cette semence était par conséquent illégale. Malgré cela, Monsanto a vendu la semence et n’a, par la suite, payé aucun dédommagement aux agriculteurs victimes de pertes économiques...
Suite à cette affaire, le syndicat agricole basque EHNE et le Comité Aragonais de l’Agriculture Biologique ont extrait devant huissier des échantillons d’un sac de semences de soja du même lot et les ont fait analyser dans deux laboratoires. On détecta la présence d’OGM. C’est un cas de contamination par importation puisque les semences venaient des Etats-Unis.

Contaminations de récoltes

Catalogne : Contaminations de grains récoltés par séparation lacunaire des filières
Le 7 octobre 2003, PIONEER (filiale de DuPont) invitait les agriculteurs à assister à une démonstration dans la commune d’Algerri (province de Lerida) sur une propriété privée à Torremorell. 200 personnes de différentes localités de la province y assistèrent. La démonstration consistait à vérifier les rendements de différentes variétés de maïs de la société, dont deux étaient modifiées génétiquement avec le gène MON810 (variétés PR33P67 autorisée pour la culture commerciale et PR33N44 non autorisée pour la culture commerciale).
Après les avoir récoltées, on mélangea dans la même remorque toutes les variétés, transgéniques ou non, y compris celle non autorisée pour sa commercialisation ! Ses grains mélangés auraient été employés pour fabriquer des aliments pour l’élevage, si l’Assemblea Pagesa de Catalunya (organisation agricole de Catalogne) n’avait pas fait appel au commissariat de la police autonome catalane de Balaguer, pour bloquer l’entrée de la variété PR33N44 dans la chaîne alimentaire.
L’administration autonome se rangea du côté des contaminateurs (PIONEER) puisqu’elle décida de réaliser quelques analyses sur des échantillons non représentatifs du maïs de la remorque. De plus, comme les deux variétés GM contenaient le même gène Mon810, il était impossible de les différencier analytiquement. Dans ce cas, l’unique preuve fiable était le témoignage des 200 personnes présentes. Les membres de la police autonome refusèrent de remettre un échantillon à l’Assemblea Pagesa de Catalunya. .Actuellement le contentieux est dans l’attente d’une conclusion.
Ce type de promotion de leurs produits, menées par PIONEER (et d’autres sociétés de biotechnologie) s’est fait à plusieurs endroits de la province et on a la preuve que la variété PR33N44 était aussi présente dans les autres essais. Personne ne sait où a échoué la récolte, mais étant donné ce qui s’est passé à Algerri, il est plus que probable qu’on l’a mélangée avec les autres variétés et qu’on l’utilisera pour l’alimentation animale.
Ces cas graves d’entorse à la législation (commercialisation d’une variété non autorisée et mélange avec le reste des variétés) mettent sérieusement à mal les pratiques de séparation des récoltes transgéniques et non transgéniques, obligatoires à partir de cette année. Il représente un cas flagrant de contamination de la matière première par manque de séparation des filières.

Contamination des aliments (pour animaux)

Pays Basque : Contaminations des aliments conventionnels pour le bétail par du soja ou du maïs transgénique
Depuis 2001, le syndicat EHNE réalise des analyses des aliments pour l’élevage afin de détecter la présence d’OGM. Dans au moins cinq cas, il a été prouvé que l’aliment acheté par les éleveurs de la province de Viscaya contenait du soja ou du maïs modifié génétiquement, sans que cela figure sur l’étiquette. Comme la plus grande partie de la production d’aliment pour l’élevage en Espagne se réalise avec de la matière première importée, il est très probable que les OGM présents dans les aliments proviennent de l’importation de grains transgéniques.
Catalogne : présence de soja transgénique dans les aliments pour bétail biologique
Le Conseil Catalan de la Production Agricole Biologique (CCPAE) est en train de réaliser une étude sur l’impact de la contamination génétique sur l’agriculture biologique en Catalogne. L’étude se base sur les résultats d’un échantillonnage réalisé au début de 2003 pour évaluer ce problème.
Entre temps, une famille d’agriculteurs victime d’un cas de contamination a décidé de le rendre public et de dénoncer son manque total de protection. Cette famille produit depuis 15 ans de la viande de veau dans une exploitation biologique et extensive. Les vaches et les veaux se nourrissent des fourrages des prés de cette famille qui utilise un complément de farine (maïs, seigle, blé, vitamines et minéraux) pour les veaux durant leur période d’engraissement. Les analyses de l’aliment utilisé ont révélé qu’il contenait 0,7% de soja modifié génétiquement RoundUp Ready, alors qu’il était censé ne pas contenir du tout de soja ! D’autre part le CCPAE affirme qu’il n’a détecté aucun cas de contamination du maïs sur le terrain dû a la pollinisation croisée.

Conclusion

Tous les cas décrits dans ce document ont été découverts par des comités de contrôle de l’agriculture biologique, des syndicats ou des organisations non gouvernementales. Malgré ces preuves, le Gouvernement Aznar a continué de clamer durant toute sa législature que la contamination n’existait pas.
Une affirmation - une de plus concernant les OGM ! - d’autant plus facile à répéter quand on n’a réalisé aucune campagne sérieuse de détection et de criblage systématique et qu’on n’a même pas présenté de résultats statistiques !
Ces faits démontrent une fois de plus l’irresponsabilité avec laquelle le gouvernement sortant a " géré " l’introduction des variétés transgéniques dans l’agriculture espagnole ainsi que le manque de contrôles et de mesures concrètes pour prévenir leurs effets négatifs.
Il est clair qu’une telle attitude ne peut inspirer aucune confiance, ni chez les agriculteurs, ni chez les citoyens, surtout lorsqu’on voit que le gouvernement n’a pas hésité à mentir effrontément.
Les cas de contamination abordés dans ce document ne sont pas les seuls.
Il est évident que le manque d’intérêt des administrations publiques et les maigres ressources économiques des personnes potentiellement affectées ont empêché une analyse systématique du problème. Sans oublier des cas probablement détectés, mais qui ne se sont pas fait connaître.
D’autre part, les pratiques agricoles espagnoles (petits champs, machinerie partagée, importation de semences, mélange des récoltes, etc.) font que probablement de nombreux cas sont passés inaperçus.
Mais on peut considérer que ces contaminations sont encore limitées, si on les compare à la situation dans d’autres parties du monde. Il est, espérons le, encore temps pour l’Espagne (et l’Europe) d’éviter une contamination généralisée irréversible.
Pour cela les autorités doivent adopter les outils nécessaires pour que, comme le demandent les citoyens, une agriculture et une alimentation vraiment sans OGM soient possibles mais pas une alimentation non transgénique à la Aznar, c’est à dire contaminée jusqu’à 0,9% !
Extraits du rapport publié par les Amis de la Terre Espagne et Greenpeace Espagne : "Impact du maïs transgénique en Espagne" , Août 2003 - à télécharger à www.tierra.org
Par Liliane Spendeler (Amigos de la Tierra) et Juan Felipe Carrasco (Greenpeace)
Est-ce que les variétés de maïs GM produisent plus ?
Différentes études montrent que les maïs GM n’ont pas un rendement supérieur aux variétés conventionnelles. Un article publié dans le Journal d’Agronomie de Mars-Avril 2001, montrait que les cultivars de soja tolérants au glyphosate produisaient 5 % de moins que les variétés non OGM correspondantes et cela était dû au gène lui-même ou au processus d’insertion du gène.
En Espagne, des études menées durant ces dernières années démontrent bien que même dans des régions où la pyrale est présente, il est faux d’affirmer que les rendements des variétés de maïs transgénique Bt sont plus élevés.
C’est ce qu’il ressort par exemple d’un rapport mené par des chercheurs du Centre de Protection des Plantes d’Aragon. Cette étude comparative de différents contrôles techniques contre la pyrale, démontre que les maïs trangéniques Bt de Monsanto et Syngenta ne sont pas plus efficaces que leur pendants conventionnels.
D’autres études officielles en Espagne montre qu’une diminution dans la production moyenne ne se produit que lorsque l’attaque de pyrale a un niveau d’au moins 65 %.
L’Institut Agronomique de Navarre (ITG-A) a publié en octobre 2001, les résultats des récoltes-tests de maïs Bt. Dans ce rapport, ils soulignaient que les résultats démontraient que l’utilisation de ces variétés GM ne présentait aucun avantage et ils conseillaient même aux agriculteurs de ne pas les cultiver !
Les études de ces contrôles de rendement effectués durant les années 1998, 1999 et 2000, montrent clairement que pour chaque année, le maïs transgénique Compa CB produit moins ou beaucoup moins qu’une variété théorique au rendement égal au rendement moyen de la région (indice 100) . Le rendement du maïs Compa CB est souvent plus proche du rendement le plus bas que du rendement le plus haut.
En d’autres termes, il y a des variétés commerciales non-OGM qui ont des résultats meilleurs ou bien meilleurs. En 1999, par exemple, la variété la plus productive avait un rendement de 25 % supérieur à celui du Compa CB !
[1] Déclaration de la Secrétaire d’Etat à l’Agriculture pendant la présentation de la Commission Nationale de Biovigilance, le 25/02/2004. Voir Terra Agreria : "Le ministère de l’Agriculture fixera une distance de sécurité de 25 mètres pour éviter la contamination entre les cultures conventionnelles et celles génétiquement modifiées". 25/02/200


source :  http://yonne.lautre.net/article.php3?id_article=1372

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