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 La santé des plantes, c'est la nôtre

3/11/2008


La santé des plantes, c'est la nôtre

On a parfois tendance à penser que tout ce qui est naturel est bon pour la santé. En fait, c'est loin d'être le cas : la majorité des végétaux ne sont pas comestibles. De plus, les plantes cultivées peuvent subir des attaques de parasites ou de maladies, avant ou après la récolte. Dans certains cas, ces attaques peuvent transformer des plantes destinées à l'alimentation en produits toxiques !

La qualité des aliments d'origine végétale, c'est d'abord la santé des plantes, qui commence par celle des semences...

Les semences, un bien précieux

Depuis les débuts de l'agriculture, les semences sont un bien précieux. Disposer de semences de qualité est en effet fondamental pour espérer des récoltes abondantes et saines.

Au XVIIIe siècle, les travaux de l’abbé Tillet démontrèrent que la présence d’agents infectieux sur la semence était responsable de la carie du blé qui détruisait les grains... et les récoltes. Il montra qu’il était possible de lutter contre cette maladie en lavant les grains à l’eau de cendres. Le principe de la protection des semences était né.
La protection des semences aujourd'hui
Aujourd'hui, pour lutter contre les parasites et les maladies, on protège directement la graine d'une fine couche de produit.

Il n'est plus nécessaire de faire un traitement sur la totalité de la surface des champs. Cette technique présente également des avantages pour l'agriculteur qui économise des heures de travail, des manipulations, des coûts de produits.

Le mal des ardents

L'ergot des graminées est une maladie provoquée par le développement d'un champignon. Or, ce champignon produit une toxine qui contamine les grains. Si des grains contaminés sont utilisés en alimentation humaine, pour faire du pain par exemple, ils constituent un poison violent.

Pendant des siècles, l'ergot du seigle en particulier, fut responsable d'une maladie souvent mortelle. Désignée au Moyen-âge par le terme de feu de la Saint-Antoine ou mal des ardents, elle provoquait des troubles circulatoires pouvant aller jusqu'au développement de gangrènes, ainsi que des problèmes musculaires et neurologiques comme des délires et des hallucinations

Pain de seigle, pain maudit ?
Conférence  donnée à  Agropolis Museum
le 23 juin 2004
par Daniel Le Blévec
Prof. Histoire médiévale (Univ. Paul Valéry)
Madeleine Ferrières
Prof. Histoire et culture alimentaire (Univ. Paul Valéry)
et Thierry Lavabre-Bertrand
Prof. Histologie et cytologie(Faculté de Médecine Montpellier-Nîmes)
Résumé

Apparu en Europe au IXème siècle, le "mal des ardents" fait des ravages et au XIIème siècle une épidémie provoque plusieurs dizaines de milliers de morts. La médecine du temps est impuissante, les malades ne peuvent qu'invoquer Saint Antoine, partir en pèlerinage, trouver assistance auprès de frères hospitaliers. L'ordre des Antonins est bientôt fondé et dans toute la Chrétienté leurs maisons reçoivent les victimes, les guérissent parfois même grâce à des thérapeutiques spécifiques alliant médecine humaine et médecine divine.
Jusqu'au Second Empire, la maladie reste longtemps inconnue alors que le pain, nourriture de base, est surtout fait de seigle, céréale infectée en conditions humides par un champignon toxique. A partir de 1760-1780, la "gangrène des solognots" est enfin reconnue comme un cas d'ergotisme. Malgré les avertissements lancés par les médecins envoyés sur place, en situation de pénurie les journaliers pauvres ne peuvent jeter le grain toxique, ils rusent et gèrent le risque au quotidien. Leur conduite alimentaire est passionnante, alternative entre mourir d'inanition ou risquer la gangrène, la mutilation et la mort.
L’ergot, Claviceps purpurea, contient de nombreux alcaloïdes et des substances hallucinogènes. L’intoxication engendre la mortification des tissus, des brûlures et des hallucinations provoquant un état d’agitation extrême et parfois le suicide. Un retour du mal paraît aujourd’hui très improbable, et l’affaire du « pain maudit de Pont Saint Esprit » en 1951, encore dans toutes les mémoires, n'a pu être expliquée. Le risque est cependant réel en zone de famine, lorsque le climat favorise le développement du champignon.

Orientations de lecture

·    Ferrières M., 2002. Histoire des peurs alimentaires. Du Moyen Âge à l'aube du XXè siècle. Seuil, coll. l'Univers historique
·    Giraud G., 1973. Le pain maudit de Pont Saint-Esprit et ses mystères, Journal de Médecine de Montpellier, octobre 1973, pp. 21-49.
·    Grmek MD. (ed), 1995. Histoire de la pensée médicale en Occident, Seuil, 2 t.
·    Le Blévec D., 1989. "L'ordre canonial et hospitalier des Antonins" dans Le monde des chanoines (XIe - XIVe s.), Cahiers de Fanjeaux 24, Toulouse, p. 237-254. Définition du plan de restauration des affluents de la Droude », SIEE, janvier 2003
·    Mischlewski A., 1995. Un ordre hospitalier au Moyen Age, les chanoines réguliers de Saint-Antoine-en-Viennois, Presses universitaires de Grenoble.
Sendrail M., 1980. Histoire culturelle de la maladie, Privat.

environnement

Le traitement des semences consiste à recouvrir les graines d'une fine couche de substances actives afin de les protéger contre les maladies et les parasites.

Seule la semence est en contact avec le produit. Cela constitue un progrès pour l'environnement. Ainsi, pour le blé, un traitement appliqué à la surface des grains est équivalent à 70m² pour une culture d'un hectare, alors qu’un traitement par pulvérisation en champ couvre les 10.000 m².

Source : http://www.semencemag.fr/ergot-seigle.html

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