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 PARTENARIAT UNIVERSITÉ-INDUSTRIE - Passage obligé pour la maîtrise de l’énergie

2/4/2011

PARTENARIAT UNIVERSITÉ-INDUSTRIE Passage obligé pour la maîtrise de l’énergie
02 Avril 2011

Le temps presse, notre retard n’est pas linéaire.

L’économie mondiale a besoin d’une quantité grandissante d’énergie pour soutenir la croissance économique, accroître le niveau de vie et réduire la pauvreté. Or, aujourd’hui les tendances en matière d’utilisation d’énergie ne sont pas durables. Au fur et à mesure que la population mondiale prendra de l’expansion et que les économies deviendront plus industrialisées, les sources d’énergie non renouvelables se feront plus rares et leurs prix augmenteront. Quelques chiffres pour fixer les idées. La planète consomme 18.000TWh, les Etats-Unis consomment 4000TWh, le Monde consomme en moyenne 2500TWh, l’Algérie 35TWh. 84% de l’énergie électrique est encore d’origine fossile. Les 16% restants sont: le nucléaire, 6%, l’hydraulique 8% et les énergies renouvelables 2%.
Le nucléaire ne pourra jamais remplacer les économies d’énergie. Dans une contribution récente, j’avais pointé du doigt la fuite en avant du nucléaire en général et j’avais milité - et je milite toujours- pour un développement durable de la nature. Justement, le nucléaire oeuvre-t-il dans le sens de la construction d’un développement durable? La question, pertinente hier, peut s’avérer provocante aujourd’hui, au regard des terribles événements survenus à Fukushima. le débat sur son bien-fondé, et notamment son efficience environnementale, bat aujourd’hui son plein. Comment considèrent-ils cette énergie? Est-elle positive ou négative pour le développement durable? Par quels biais? Il est curieux de constater que l’AIE, la Banque mondiale ou l’Ocde ne cataloguent pas l’énergie nucléaire dans les indicateurs du développement durable. Il est fort à parier qu’après la catastrophe de Fukushima, le nucléaire ne sera plus exempt de critiques fondées voire, beaucoup de pays freinent la construction ou se désengagent comme l’Allemagne. Vouloir miser sur le nucléaire pour fournir de l’énergie électrique dans notre pays devra nous inciter à être extrêmement prudents. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas maintenir une veille technologique.
Qu’on le sache: nous avons dépassé le «overshoot day», le jour du dépassement pour l’année 2010 le 21 août, c’est-à-dire notre boulimie énergétique a fait que nous avons consommé en moins de huit mois ce que la nature a pu mettre à notre disposition en une année. Nous vivons à crédit et la nature nous le fait payer cher par les différentes manifestations tels que les changements climatiques.
En Algérie, les énergies fossiles couvrent plus de 99%, le 1%restant est constitué par l’hydraulique et quelques applications solaires moins de 0,1%. L’ambition est d’arriver à 40% en énergie renouvelable dans moins de 20 ans. Serions-nous capables de le faire? La question est posée C’est un fait que la demande d’électricité, dans notre pays, en nette progression, pourrait tripler d’ici à 2030 en Algérie qui doit s’orienter davantage vers les énergies renouvelables pour varier ses ressources énergétiques, «Il est prévu que nous allons passer d’une consommation de 40 TWH actuellement à 150 TWH en 2030», a déclaré le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi. Ces projections incitent l’Algérie à intégrer dès aujourd’hui les énergies renouvelables dans sa stratégie d’offre énergétique à long terme, tout en accordant un rôle important aux économies d’énergie. La mise en oeuvre d’un partenariat dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables a été jeudi au menu d’une rencontre entre chercheurs et représentants du gouvernement. Il s’agit «de mettre en place un véritable partenariat entre les centres de recherche du secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et ceux du secteur de l’énergie», ce partenariat permettra «une meilleure circulation de l’information scientifique et technique» pour améliorer la qualité de l’expertise dans les énergies renouvelables. La réunion, qui a regroupé- sous l’égide de la Présidence- les deux secteurs de l’enseignement supérieur et celui de l’énergie et des mines pour définir les voies et moyens d’une coopération, est une bonne chose mais il me semble que l’on met la charrue avant les boeufs. Au risque de me répéter, nous ne savons pas où nous allons. A titre d’exemple, si on demande aux citoyens de faire des économies d’énergie, il faut leur expliquer les enjeux et par exemple qu’une calorie épargnée est une calorie disponible pour l’exportation ou encore mieux disponible pour les générations futures si on la laisse dans notre sous-sol qui, faut-il le marteler, est notre meilleure banque. Pour ma part, je pense qu’il faut une étude fine pour définir un modèle énergétique adossé à une vision de l’Algérie de 2030 du point de vue industriel, économique, de ses ressources, de sa démographie, des changements climatiques et naturellement de l’évolution de l’environnement international qui sera de plus en plus dangereux. Le plan ambitieux des énergies renouvelables devrait faire partie d’une vision d’ensemble. Le moment est venu de mettre tout à plat et prendre le temps de consulter tous les départements ministériels au lieu des deux seuls ministères (Energie et Enseignement supérieur). En clair, on parle de 2030; qui peut dire ce que sera l’Algérie de 2030 (dans une génération)? Les calculs montrent que la population avoisinerait les 45 millions d’habitants. En continuant sur la lancée actuelle (fil de l’eau), il nous faut 45 TWh.
Si on se développe autrement que dans le tertiaire (80% de la consommation d’énergie actuelle) nous serons peut-être à 2500kWh/hab./an, soit environ 120 TWh annoncé. Cela suppose une refonte totale de notre tissu industriel, de notre agriculture, de notre environnement, de notre bâti, de nos modes de transports. On l’aura compris, ces départements ministériels sont parties prenantes de la stratégie à définir. De plus, le ministre du Commerce est à bien des égards le premier responsable capable d’influer sur le gisement d’économie d’énergie (soit au moins 20%) que l’on peut économiser par l’achat raisonné de véhicules qui consomment moins de 120g de CO2 par km au lieu des 150g et plus des véhicules importés, le problème du sirghaz trouverait une solution dans la double carburation.
La consommation d’énergie électrique serait moindre si une directive du commerce interdit touts les appareils énergivores et institue une norme avec un label A ou A+ comme en Europe. Bref, j’en appelle encore une fois à une prise de conscience des décideurs et de la société pour partir du bon pied, éviter comme le dit un proverbe du terroir «Arrakba maïïla» «La montée à cheval est mal faite», dès le départ. Le temps presse, notre retard n’est pas linéaire, il nous faut aller vers le futur à marche forçée, avec la contribution de chacun, de l’écolier qui doit devenir le futur écocitoyen à l’imam avec ses prêches contre le gaspillage, au citoyen lambda en général, la clé de réussite est de donner au citoyen, par le parler vrai, qu’il est acteur de son destin.

Pr Chems Eddine CHITOUR

Source : http://lexpressiondz.com/article/8/2011-04-02/87819.html

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