CRISE MONDIALE DE L’ÉDUCATION- L´école, la clef du futur » maladies des plantes , agriculture et écologie

 CRISE MONDIALE DE L’ÉDUCATION- L´école, la clef du futur

2/4/2011

CRISE MONDIALE DE L’ÉDUCATION- L´école, la clef du futur
31 Mars 2011

Les parents d’élèves, les enseignants et les élèves se plaignent souvent du volume horaire élevé et de la lourdeur des programmes.

Le monde entier vit une crise de civilisation, de culture et d’éducation. Certes le degré de crise est différent d’un pays à un autre et d’une région à une autre, mais il est clair que des citoyens à travers le monde souffrent du chômage, de problèmes sociaux et de la désorientation. Des psychologues et sociologues et nombre d’autres experts constatent le dérèglement des comportements, la violence et l’affaiblissement du lien social.
Tous les acteurs sociaux, institutions, parents et société civile, sont concernés, c’est une responsabilité collective. Cependant l’Ecole est le lieu le plus indiqué pour corriger et améliorer le dispositif de formation du citoyen, afin que la société retrouve son équilibre en fonction de ses objectifs, de l’évolution et de sa mémoire. Apprendre à vivre ensemble, respecter le droit à la différence et produire du bien sont les finalités de toute culture ouverte.

Le savoir et la connaissance sont la base du progrès
Dans les sociétés qui visent le savoir pour se développer, la révision des méthodes et des programmes d’enseignement, dimensions clefs, s’effectue environ tous les cinq ans partiellement et de manière approfondie tous les 20 ans. C’est la réforme par génération, la plus difficile à réaliser. Le Monde arabe, en particulier, ne semble pas avoir pris pleinement conscience que sans une réforme en profondeur du système éducatif, et la valorisation du métier d’enseignant, l’avenir est hypothéqué. Le savoir et la connaissance sont la base du progrès.
De l’organisation et de la diffusion du savoir dépend le projet de société. La réforme concerne la formation des formateurs, le statut des enseignants, les programmes, la méthode d’enseignement, le rythme et les conditions de progression, la carte scolaire et les moyens mobilisés pour atteindre les objectifs fixés. La nécessité de former un citoyen responsable, l’évolution du savoir et des métiers et les besoins de la société obligent à l’adaptation permanente de ces dimensions.
Les parents d’élèves, les enseignants et les élèves se plaignent souvent du volume horaire élevé et de la lourdeur des programmes. Dans le monde, les programmes scolaires, au niveau primaire, deviennent de plus en plus courts. Ils sont écrits dans un langage clair sans complications. Il s’agit pour chaque enseignant et parent, de savoir exactement ce que les élèves doivent avoir acquis au terme de chaque année scolaire.
Ils doivent intégrer les objectifs du socle commun, des connaissances de base que l’élève doit maitriser pour son épanouissement humain et l’avenir de sa formation future. La méthode se fonde sur le fait qu’il faut faire participer l’élève et respecter la liberté pédagogique de l’enseignant, tout en balisant et fixant la méthode pédagogique.
La finalité de l’école consiste à aider chaque enfant à réussir les apprentissages fondamentaux, principalement la lecture, l’écriture et le calcul. L’école doit surtout permettre à l’enfant de devenir un être de culture, un jour un citoyen responsable et à acquérir les bases d’un comportement fondé sur les règles de la science et de la morale.
Depuis une dizaine d’années, dans le monde, les nouveaux programmes constituent un équilibre entre les normes fixées et le libre choix des méthodes et des démarches, témoignant ainsi de la confiance accordée aux maîtres pour une mise en oeuvre adaptée aux élèves. Un équilibre entre fixation de la méthode et marge de manoeuvre est à trouver.
Sur le plan des horaires, s’effectue un net allégement. Les horaires sont plus stables, simples et précis: il n’y a plus d’horaire variable ou minimal, mais un horaire unique clairement identifié pour chaque discipline. La langue nationale et officielle de chaque pays est enseignée huit heures en moyenne hebdomadairement. Une langue étrangère intervient comme seconde langue au choix. En plus de l’apprentissage de la langue, c’est-à-dire apprendre à lire, à écrire et à s’exprimer correctement, l’accent est mis sur l’apprentissage fondamental du calcul, les mathématiques ont priorité avec une moyenne de cinq heures hebdomadaires.
Pour ces deux disciplines majeures, langue et calcul, des progressions annuelles détaillées sont proposées. En langue, on trouve un enseignement explicite de la grammaire, du vocabulaire et de l’orthographe, durant tout le cursus scolaire. Pour faciliter le sens de la communication et de l’écriture, la récitation et la rédaction restent incontournables.
La lecture est pratiquée pour développer l’esprit critique et la confrontation des idées. La méthode moderne vise l’apprentissage du dialogue. Elle évite de s’enfermer dans une seule méthode de lecture et laisse ouverte cette dimension pour respecter le goût des élèves. Mais la précision des objectifs dans les progressions conduit les enseignants à utiliser les méthodes qui ont fait leurs preuves. Notamment celle qui propose de résumer une partie ou tout le livre. Discerner entre les idées principales, les mots-clefs et le reste de l’écriture, est essentiel.
Pour pouvoir identifier, les élèves de l’école élémentaire, doivent commencer à comprendre la manière dont fonctionne le code alphabétique, mémoriser les relations entre graphèmes et phonèmes et apprendre à les utiliser. A la fin du cycle des apprentissages fondamentaux, les élèves doivent savoir utiliser le vocabulaire acquis. Cela suppose que les élèves aient mémorisé la forme orthographique de nombreux mots, d’où l’importance de la dictée.
Dès la première année scolaire, les élèves doivent apprendre à déchiffrer et écrire seuls des mots déjà connus. Cet entraînement conduit progressivement l’élève à lire d’une manière plus aisée et plus rapide, déchiffrage, identification de la signification et partant, d’acquérir l’esprit critique de manière logique. La conjugaison est fondamentale pour écrire sans faute d’orthographe.
A partir de l’observation des variations morphologiques et racines du verbe, repérage, explicitation, puis mémorisation des règles d’engendrement des formes les plus fréquentes; construction progressive des tableaux de conjugaison puis mémorisation de la conjugaison des verbes les plus fréquents aux temps et modes, passé présent, l’élève maîtrisera aussi la notion de temps, capitale pour une vision rationnelle du monde. La jeunesse peut atteindre l’excellence si les méthodes modernes sont appliquées.
Aujourd’hui, le moteur du savoir se fonde sur les mathématiques. Les programmes, principalement au Japon et aux USA, sont organisés autour des 4 grands domaines reconnus internationalement, comme au sein de l’Unesco: comprendre et utiliser les nombres et le calcul, la géométrie, les grandeurs et mesures, et enfin l’organisation et la gestion de données, c’est-à-dire l’utilisation de tableaux, de graphes. Sans ces connaissances et pratiques de base, il est impossible d’acquérir la techno-science, le savoir moderne, d’approfondir la recherche et de maîtriser l’économie de marché.
L’apprentissage des techniques opératoires est renforcé dès l’école primaire: on commence l’apprentissage de la multiplication et de la division posée avant la fin de la deuxième année fondamentale et certains pays vont jusqu’à la multiplication de deux nombres décimaux et la division décimale. Le recours au calcul mental, un temps délaissé revient en force, y compris par la maîtrise de la règle de trois. La construction des figures géométriques de base est visée. La géométrie est considérée comme la reine des sciences et techniques.
Aujourd’hui, dans les pays à la pointe de l’enseignement moderne, les élèves mémorisent et utilisent, dès l’âge de sept ans, les tables d’addition et de multiplication, ils apprennent les techniques opératoires de calcul et apprennent à résoudre des problèmes faisant intervenir ces opérations. Les problèmes de groupement et de partage permettent une première approche de la division.
L’Islam a toujours mis l’accent sur la mémoire. L’entraînement quotidien à la mémorisation de textes et au calcul mental permet une connaissance plus approfondie des nombres et une familiarisation avec leurs propriétés. A la fin du cycle primaire, les élèves acquièrent le sens des nombres et des opérations à travers la résolution de quelques grandes catégories de problèmes. L’élaboration des connaissances se réalise au travers de la résolution de problèmes. De plus en plus, on va des connaissances à la résolution des problèmes à l’infini.

Il n’y a pas d’avenir sans mémoire collective
L’apprentissage au beau est essentiel pour la créativité, la civilité et l’épanouissement des enfants et de la jeunesse. Le programme de géographie généralement centré sur l’espace de chaque nation, est organisé selon trois entrées: le monde, la région et le pays. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale et nationale; ils visent à identifier et connaître le sol et la terre, les principales caractéristiques de la géographie du pays dans un cadre régional et mondial.
En histoire, les élèves doivent appren-dre à mémoriser des repères chronologiques qui participent à la formation de l’identité nationale: événements majeurs, grandes dates et personnages de l’histoire du pays. Les élèves prennent conscience de l’évolution des héritages et modes de vie de leurs ancêtres. Le programme accorde une place particulière aux grands événements de l’histoire du pays. Il n’y a pas d’avenir sans mémoire collective. L’école de demain passe par ces chemins.
En plus des leçons classiques, l’éducation à l’environnement et au développement durable est un des nouveaux thèmes des programmes. Par exemple, quand ils traitent de l’énergie, ils abordent la question des besoins en énergie, consommation et économie d’énergie. Quand ils traitent de la diversité du vivant, ils traitent de la notion de biodiversité. L’éducation au développement durable se fait en liaison avec le programme de géographie.
L’enseignement du fait religieux n’est pas pratiqué dans tous les pays modernes, encore moins dans son aspect cultuel. C’est un manque deshumanisant. La sécularisation outrancière a abouti à la marginalisation de cette dimension, et une perte du sens. L’enseignement de la religion, comme foi et culture, reste indépassable dans le monde musulman. Cependant, le contenu de l’éducation religieuse est déterminant. Les messages et les valeurs enseignés doivent correspondre à une compréhension ouverte, raisonnable et mesurée de la spiritualité, comme bien commun, et non réduite à un formalisme étroit.
Le programme d’instruction civique et morale inclue en général un enseignement de la morale, la connaissance des symboles de l’Etat et des symboles-clefs de la société. Il comprend l’étude des règles élémentaires d’organisation de la vie publique et de la démocratie, la connaissance des traits constitutifs de la Nation et celle de ses valeurs culturelles. Il prévoit la découverte des principes de la morale et de l’importance de la règle de droit dans l’organisation des relations sociales, au travers de principes modernes comme: «La liberté de l’un s’arrête où commence celle d’autrui», ou juridiques: «Nul n’est censé ignorer la loi», «On ne peut être juge et partie.» C’est la formation du patriotisme, de la citoyenneté et de la sociabilité.
Autonomie de l’individu et lien social sont le but de toujours, pour s’adapter sans cesse à la diversité et à la vie collective. En vue de s’arrimer au progrès universel et retrouver le sens de la communauté médiane, l’Ecole, clef du futur, a besoin de pédagogues novateurs. Il reste un avenir.

(*) Professeur des Universités
www.mustapha-cherif.net

Mustapha CHÉRIF (*)

 

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Comments

oner_77, le 22-04-2011 à 04:20:11 :

Autonomie de l'individu

Salam  Monsieur Mustapha Chérif;

 

Je commence par vous transmettre mes chaleureuses salutations et mon respecté pour toutes vos interventions en particulier à la radio ainsi que pour tous vos articles.

 

J'ai lu avec attention votre article. Bien que toutes idées abordées quand aux contenux des programmes scolaires  soient une nécessité pour un meilleur avenir; Une idées phare sort du lot:

 

" Autonomie de l’individu et lien social sont le but de toujours"  ( pour s’adapter sans cesse à la diversité et à la vie collective)"

 

Je pense également que les programme scolaire doivent mettre l'accent davantage sur l'autonomie de l'individu et la spécificité de chaque individu.

 

Enseigner à chacun qu'il est unique, qu'il ne ressemble pas à son voisin, et que ses idées et son potentiel 

sont sa richesse personnelle et feront la richesse de la société dans la diversité

"Allah dans le Coran dit qu'Il a accordé à chaque humain un "potentiel" qui lui est propre.) 

 

Un second point qui n'est pas abordé sont les traditions: comment se déroulait la vie d'autrefois, la  vie de tous les jours de nos grans parents, des grands parents de nos frères africains .

 

Je pense que ce sujet culturel et lier au premier, voir pour ma part ils sont indissociables.

 

"Mes grands parents en Kabylie étaient autonômes quand à la nourriture, aux remèdes par la natures,

au transport par les chevaux ou autres montures, cent pour cent autonome est libres...pourtant ils n'ont pas été à l'école"

 

Moi qui ai fait des études, si le supermarché du coin ferme, je serai incapable de trouver quelque chose à me mettre sous les dents,  par ignore bien sur.  voila la triste vérité.

 

Quand au médecin, si la pharmacie du quartier ferme, avaec toutes "les études" qu'il a entrepris, si mon voisin a un bobo il sera incapable de le soigner, alors que la grand mère du voisin le soignera....et oui, voila la triste vérité.

 

Aussi, je pense qu'il faut reprendre le flambeau des anciens, reprendre avant qu'il ne de devienne petite flamme.

Il faut le connaitre,  l'assimiler, et bien sur,  ce sera la base, et toute évolution ne se fera que sur cette

base, qui est la base de la vie humaine.

 

La technique, chimie,les  mathématiques, ....viennent aprés.

Et oui, la est le piège, le piège de la dépendance, et non pas le contraire, comme le mondialisation le préconise pour tous les peuples, pour les rendre encore plus  dépendants.

 

Merci de m'avoir lu,

 

Je vous transmets mes profonds respects Monsieur Mustapha Chérif.

 

H. AMALOU

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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