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 INNOVATION ET EDUCATION - Besoin d’échanges

5/1/2011

INNOVATION ET EDUCATION - Besoin d’échanges

Comment faire germer la graine de l'innovation chez les étudiants français ? Eléments de réponse avec l'exemple de l’ESTIA, école d'ingénieurs du Pays Basque.

Instaurer une relation d’échanges entre étudiants, enseignants-chercheurs et professionnels. Voilà le leitmotiv que s'est imposée l’ESTIA depuis sa création en 1985. L'école d'ingénieurs installée sur la commune de Bidart, à proximité de Biarritz, ne remplit pas la seule mission de former ses élèves. Elle pousse également ces derniers à entreprendre. « Lorsque l’ESTIA a été créée, le but était clairement de faire émerger des activités technologiques innovantes. Depuis, l'école a été vraiment le catalyseur d'une dynamique de croissance », souligne Patxi Elissalde, responsable de la création d'entreprises au sein de l’ESTIA.

Les raisons de cette réussite ? L'école d'ingénieurs n'est pas installée dans un campus universitaire classique, mais au sein d'un technopôle. « Les élèves sont totalement immergés et en contact permanent avec le monde de l'entreprise, explique Patxi Elissalde. Ils sont tous confrontés à la vie de l'entreprise et aux problématiques de l'entrepreneur. Tout au long de l'année, ils sont face à l'innovation. »

Autre clef de l'innovation : l'école inclut à la fois un dispositif de transfert de technologies, et un incubateur, une pépinière d'entreprises. « Toutes les démarches pour innover et créer son entreprise sont facilitées. Un étudiant qui finit son cursus et qui souhaiterait se lancer bénéficie ici d'un accompagnement dans la recherche, de financements, etc. Il y a également toutes les ressources humaines (élèves et enseignants) et matérielles (les infrastructures) nécessaires sur place », note Patxi Elissalde. « On constate vite les bienfaits de cette relation école-entreprise, à travers les nombreuses embauches, les projets en commun, les financements qu'on a pu lever grâce à cette collaboration », poursuit-il.

En cassant la frontière qui sépare trop souvent l'école du monde du travail, l’ESTIA a réussi à favoriser l'innovation. En maximisant les opportunités et en limitant les risques, l'école accompagne toutes les initiatives. Chaque année sur le technopôle, ce sont environ dix projets qui sont à l'étude en incubateur, et vingt entreprises qui sont accompagnées.

« L'innovation, ce n'est pas que des thèses »

L'exemple de l’ESTIA semble être celui à suivre pour améliorer l'innovation à la française. Celle-ci souffre en effet souvent du manque de connaissance des chercheurs en ce qui concerne le monde de l'entreprise. N'étant pas ou peu formés à la création et à la gestion d'entreprises, les chercheurs français ne sont en général pas vraiment tentés de se lancer dans l'aventure de l'entreprenariat. Et mettre ainsi leurs innovations en avant sur les marchés. « Mais la situation évolue dans le bon sens petit à petit, souligne Patxi Elissalde. Depuis quelques années, il y a des cours de sensibilisation à l'entreprenariat dans les cursus, pour favoriser le statut d'ingénieur-entrepreneur. »

Pour que les innovations françaises se positionnent, les chercheurs doivent se familiariser avec le management. Certains préconisent ainsi des stages obligatoires de gestion ou marketing dans les cursus d'ingénieurs, la mise en place de modules d'initiation à la création d'entreprises dans les universités, ou encore le recrutement de professeurs qui ont une expérience non-négligeable de la vie en entreprise.

Nombreux sont ceux qui aimeraient que les établissements d'enseignement supérieur et de recherche se penchent sérieusement sur la traduction de leurs activités dans le monde de l'entreprise. « L'innovation, ce n'est pas que des thèses ! Il faut aussi faciliter le transfert des idées vers le monde du travail », conclut Patxi Elissalde.

Le facteur humain dans l’innovation

La créativité et l’aptitude à communiquer de l’individu sont au cœur du processus d’innovation. Comment le placer dans les meilleures conditions ? Le point de vue du coach Philippe Vinot, Centrale-Insead, ex-conseil en stratégie Arthur D. Little, membre associé de la Société Française de Coaching.

Comment favoriser l’innovation ?

Le déploiement innovant n’est pas seulement lié aux possibilités techniques qui sont données à l’individu par l’entreprise ou l’institution. Force est de constater que le facteur humain intervient bien au-delà de ce que les bonnes intentions et les bonnes planifications imaginent ! La réussite dépend de la capacité collective à comprendre les enjeux, à modifier véritablement les habitudes et les manières de voir, et à surmonter les résistances que l’individu et la structure collective opposent toujours au changement. C’est là que réside une part importante des potentiels et des efforts à porter pour favoriser l’innovation effective.

Comment l’individu peut-il se retrouver dans une dynamique innovante ?

L’inventivité et la capacité à communiquer de façon productive sont liées au profil individuel de chacun. Ce profil mérite d’être mis à jour, d’être stimulé et aussi d’être réglé sur les bons canaux de communication avec les autres membres de l’équipe - qui ont aussi leurs particularités. La question pour nos sociétés est de laisser suffisamment de place à cette part dans l’organisation du travail. Dans un environnement fortement axé sur les résultats à court terme, la tentation est grande de faire la part belle aux profils organisés, fiables et aussi… castrateurs !

Le système éducatif est-il adapté aux profils innovants  ?

Le système éducatif influe sur l’inventivité des individus par sa plus ou moins grande tolérance au « lâcher prise », au respect des règles, et à l’affirmation de l’individu par opposition à la maîtrise, l’ordre et la conformité. Notre enseignement pourrait sans doute améliorer sa capacité à détecter et à accompagner la singularité, la persévérance, l’attitude dite « rebelle », l’ouverture à l’« heureux hasard » de la sérendipité… L’exclusion, souvent précoce, de certains profils conduit à des frustrations individuelles et à une destruction de valeur pour le collectif.

Quels conseils pour ceux qui managent l’innovation ?

Il faut être réaliste et calmer les esprits pour éviter de créer une « bulle spéculative » au sein de l’entreprise : l’innovation de fond s’installe avec le temps et c’est elle qu’il faut promouvoir. Cependant, plus le rythme d’innovation est important et plus les gens en interne se sentent dans leur ensemble perdus. Surtout lorsque s’y ajoute une inquiétude face aux incertitudes de l’avenir et de l’emploi. L’important dans ce cas est de dédramatiser et d’apprendre à tenir un discours de vérité. Cela dans la perspective d’apporter des réponses opérationnelles aux deux challenges actuels : l’open innovation et l’aptitude de l’entreprise à accueillir la fameuse génération Y.

Source : http://publi.lemonde.fr/intel-innovation/besoin-d-echanges.html

 

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