Fuites des cerveaux et échec des «stratégies» de retour » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Fuites des cerveaux et échec des «stratégies» de retour

25/10/2010

fuite des cerveauxFuites des cerveaux et échec des «stratégies» de retour
Les velléités de l’Etat à vouloir tout contrôler

L’évocation de la question de la migration renvoie nécessairement à «la fuite des cerveaux» ou à «la mobilité des compétences». Si beaucoup de pays, tels que la Chine, l’Inde et la Corée du Nord, ont su capter avec succès leurs compétences établies à l’étranger, la question reste problématique pour l’Algérie. Car «la migration des compétences n’a commencé à mobiliser l’attention des décideurs et chercheurs que bien tardivement, à partir du moment où elle a commencé à prendre des proportions importantes».

Le symposium international sur «La migration et le développement en Afrique», organisé par le Cread, a consacré un long débat sur «La mobilité des compétences et les logiques de retour».
Pour le chercheur Abdelkader Djeflat de l’université de Lille (France), la question de la diaspora est «l’une des plus ambivalentes et des plus controversées pour un certain nombre de pays. L’Afrique et l’Algérie en particulier, face à des défis analogues, restent figées dans des positions ambiguës, des a priori, des clichés et une crise généralisée de confiance entre les gouvernements et leurs diasporas et ce, malgré les déclarations de bonnes intentions et les mesures prises ici et là qui relèvent plus de la gesticulation».

Le chercheur a souligné, dans son intervention lors du colloque du Cread, qu’il est notoirement connu que la question des migrations en Algérie «n’a jamais été au sommet des préoccupations des autorités publiques et ce, bien avant la situation actuelle de l’exode des compétences». L’absence de politique et de stratégie sérieuse au niveau des instances de l’Etat a donné lieu à «des actions ponctuelles ne s’inscrivant parfois dans aucune logique. L’attitude de léthargie constatée au niveau des politiques publiques, jusqu’à une date récente, sont essentiellement des raisons qui expliqueraient l’abandon par l’Etat des compétences algériennes basées à l’étranger», a estimé M. Djeflat.  Au regard du rôle central que peuvent jouer les élites intellectuelles basées à l’étranger dans le développement économique et social, voire politique du pays, l’Algérie tout comme l’Afrique «ne sauraient continuer à temporiser pour mobiliser au maximum ce formidable potentiel et pouvoir faire face au nouveau contexte mondial de la révolution simultanée des TIC, de l’immatériel, du redéploiement du capital international et des nouveaux équilibres géostratégiques», a indiqué le chercheur.
Il est d’autant plus impérieux d’agir, sachant qu’une partie de ces compétences arrive massivement dans le dernier quart du «cycle de vie» des compétences, c’est-à-dire la phase de maturité et de déclin où des projets de retour s’estompent.

Mme Marisa Fois, de l’université de Cagliari (Italie), a abondé dans le même sens en parlant du nécessaire «changement d’attitude» dans la perspective de faire participer la diaspora au développement du pays.
Après avoir passé au crible les timides tentatives des pouvoirs publics couronnées d’échecs, elle a estimé que «la contribution des cerveaux qui ne soit pas seulement économique, mais plutôt sociale et politique, qui pourrait conduire à un retour au pays d’origine, dépendra fondamentalement de la place que le gouvernement décide de lui donner». De son côté, le sociologue Aïssa Kadri, de l’institut Maghreb-Europe (Paris), a évoqué la méfiance entre les compétences algériennes à l’étranger et le l’Etat, due essentiellement au «discours ambivalent de l’Etat vis-à-vis de cette diaspora, mais également de la logique de contrôle qui caractérise l’Etat dans son rapport à l’intelligentsia algérienne basée à l’étranger».

M. Kadri a précisé que les migrants «expriment dans le fait de partir un désir d’échapper au contrôle de l’Etat». Pour appuyer ce point de vue, M. Ghllamallah, sociologue à l’université d’Alger, parle des causes structurelles de la fuite des cerveaux : «Un pays qui fonctionne sur la rente n’a pas besoin de l’économie de la connaissance. Les autorités ne prennent pas en considération les compétences nationales, alors comment veut-on qu’elles s’intéressent à celles basées à l’étranger ?» Telle est la problématique fondamentale à résoudre si toutefois il existe une réelle volonté politique au sommet de l’Etat.

24-10-2010

Source : http://elwatan.com/actualite/les-velleites-de-l-etat-a-voulo ir-tout-controler-24-10-2010-95987_109.php

 

Nadège Chouapi Kouam. Démographe à l’Institut de formation et de recherche démographiques (IFORD), Yaoundé (Cameroun)
«L’absence de bonne gouvernance est la cause de la fuite des cerveaux»

Le phénomène de la fuite des cerveaux n’épargne pas le Cameroun. Le manque de transparence dans la gestion des affaires publiques et la dégradation de la situation sociale sont autant de causes de l’abandon du pays par son élite intellectuelle, nous explique Mme Chouapi Kouam de l’Institut de formation et de recherche démographiques (IFORD). Les efforts des pouvoirs publics afin de faire revenir les compétences établies à l’étranger demeurent minimes, estime la démographe.

- Le phénomène de la migration irrégulière touche-t-il le Cameroun dans une proportion importante ? Est-ce un phénomène massif ?


Le Cameroun enregistre un nombre important d’immigrants en situation irrégulière venant, notamment, des pays souvent en situation de conflit (Tchad, Congo, Rwanda ou Centrafrique), mais aussi des migrants économiques (Mali, Sénégal…). En ce qui concerne les départs, ils sont en augmentation et concernent de plus en plus les personnes qualifiées. Dans un sens comme dans l’autre, les estimations sont assez difficiles à faire, faute de données ainsi que de l’état de régularité des Camerounais de l’extérieur. Cependant, on peut dire que le phénomène du départ des compétences est réel au Cameroun et se fait souvent sous la forme de migration régulière.

- Quelles sont les causes essentielles de la migration des compétences ?

Les raisons à la base de l’émigration des travailleurs qualifiés camerounais sont généralement économiques, particulièrement le chômage et le sous-emploi. Cependant, les préoccupations politiques et sociales ne sont pas en reste, notamment les manquements à la bonne gouvernance et à la transparence dans la gestion de la chose publique et le système de sécurité sociale inexistant.

- Que fait le gouvernement camerounais pour apporter des solutions aux causes de cette fuite du pays ?

La mobilité des compétences au sens propre ne causerait pas de problème. C’est l’impression de perte sèche de ces compétences qui mobilise les scientifiques et les autorités. C’est pour cela que je continue d’utiliser le concept peu politiquement correct de «fuite des cerveaux» pour intégrer ce dernier aspect. Cette fuite a donc vu quelques actions récentes du gouvernement camerounais, notamment des démarches spécifiques pour canaliser les travailleurs camerounais ou l’élite intellectuelle au Cameroun et à l’extérieur et désirant revenir de manière temporaire ou définitive. On pourrait noter donc, entre autres actions, la création de structures gouvernementales de réflexion sur les migrations internationales en vue de l’élaboration de la politique nationale migratoire du pays ; l’appui et l’adhésion des Camerounais de l’extérieur pour l’inventaire et la mise en œuvre de certains projets de développement au Cameroun ; le soutien aux ONG qui luttent contre la migration clandestine, surtout dans le milieu des jeunes. Des mesures plus concrètes, mais non exhaustives, peuvent être citées ici : les mesures incitatives à l’investissement ou la facilitation de l’accès au crédit pour attirer l’investissement de la diaspora. Cependant, ces mesures sont trop récentes pour qu’on en évalue l’effet. Je crois pour ma part que l’amélioration du climat économique et surtout de l’emploi des jeunes serait un grand pas. Par contre, une politique trop discriminatoire en faveur de la diaspora risquerait d’accroître la propension à partir des Camerounais.


- La migration camerounaise établie à l’étranger participe-t-elle au développement du pays ? Comment ?

Les Camerounais de l’étranger participent de plus en plus au développement du pays. Ils commencent à s’organiser autour de projets fédérateurs à partir de regroupements. Cependant, ces regroupements sont assez récents et cherchent encore à mettre en place leur mécanisme de fonctionnement à long terme, notamment les aspects financiers. De plus en plus, on assiste aussi à une volonté d’investissement, à des transferts de fonds envoyés de l’extérieur. Par ailleurs, nous notons, dans le domaine de l’enseignement supérieur, des sursauts d’éminents enseignants d’université qui s’emploient à appuyer les enseignements et la recherche dans les universités du pays, tout en restant dans leur pays d’accueil. 

24-10-2010
elwatan

Source : http://elwatan.com/actualite/l-absence-de-bonne-gouvernance- est-la-cause-de-la-fuite-des-cerveaux-24-10-2010-95988_109.php

 

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