Le SOJA, une culture de choix dans vos assolements. Le soja s’intègre bien dans les exploitations céréalières. » maladies des plantes , agriculture et écologie

 Le SOJA, une culture de choix dans vos assolements. Le soja s’intègre bien dans les exploitations céréalières.

15/10/2010

sojaLe SOJA, une culture de choix dans vos assolements. Le soja s’intègre bien dans les exploitations céréalières.

La structure du sol améliorée

L’effet positif du soja sur la structure du sol arrive en tête des avantages cités par les agriculteurs interrogés sur l’intérêt agronomique de la culture. La qualité de son système racinaire ainsi que sa récolte précoce sur un sol généralement sec, donc moins sensible aux tassements, expliquent cet effet améliorant du soja, particulièrement appréciable en terres fragiles comme les limons battants.

Il explique probablement en partie les gains de rendement pouvant être observés par les agriculteurs sur un maïs précédé d’un soja par rapport à une monoculture de maïs.

Des rotations plus diversifiées

L’introduction du soja dans la rotation permet d’allonger le délai de retour des autres cultures (blé, maïs, tournesol) et de limiter ainsi les maladies et les parasites qui se conservent ou qui se développent dans le sol. Elle facilite en outre l’accès aux aides à la diversification des assolements dans les régions concernées. Enfin, sur certains secteurs, le soja permet d’isoler des parcelles de maïs semences.

Plus de sécurité dans le revenu

En conditions irriguées, le rendement du soja est assez stable d’une année sur l’autre (*). Le soja bénéficie, dans certaines régions, de l’aide à l’irrigation. Par ailleurs, le prix des graines de soja est fortement influencé par le marché des protéines végétales. Pour cette raison, on peut s’attendre à une évolution différente des cours du soja par rapport à ceux des autres oléagineux (tournesol et colza).

(*)Des rendements stables depuis 6 ans, autour de 29 q/ha, en Midi-Pyrénées

Les temps de travaux répartis sur l’exploitation

La récolte du soja se situe le plus souvent entre celle du tournesol et celle du maïs. Dans de nombreuses situations, le soja permet ainsi d’étaler les pointes de travail sur les exploitations. Enfin, le soja présente l’avantage de libérer les terres relativement tôt par rapport au maïs en laissant un état structural du sol favorable. On se donne ainsi toutes les chances pour ensemencer un blé dans de bonnes conditions au cours de l’automne.

UNE CULTURE PEU GOURMANDE EN INTRANTS.

Pas d’engrais azoté à apporter

L’inoculation du soja par la bactérieRhizobium japonicum permet à la culture de couvrir les trois quarts de ses besoins en azote grâce à la symbiose, soit environ 300 kg/ha d’azote. Le reste (environ 100 kg/ha) provient des fournitures du sol. La symbiose entre le soja et la bactérie a lieu au sein d’excroissances racinaires appelées nodules. A l’intérieur de ces nodules, les bactéries fixent l’azote de l’air, le rendant ainsi disponible pour le soja qui fournit le carbone nécessaire à la croissance des bactéries. Ces bactéries étant naturellement absentes des sols européens, il faut les apporter sous forme d’inoculums. Notons que la culture du soja est à éviter sur les sols trop calcaires qui contiennent plus de 10 % de calcaire actif, car la nodulation devient difficile. Grâce à l’inoculation, c’est en sol pauvre en azote au semis que le soja se comporte le mieux.

30 à 50 unités d’azote économisées sur le maïs qui suit.

Une culture de soja mobilise environ 300 kg d’azote par hectare dont environ 40 % est restitué au sol à la récolte. Une partie de cet azote est alors disponible pour la culture suivante. D’après les études menées depuis plusieurs années par le CETIOM et l’AGPM sur différents sites, la dose optimale d’azote à apporter sur un maïs derrière un soja est inférieure de 30 à 50 unités par rapport à une monoculture de maïs.

Gérer l’interculture entre le soja et le maïs, c’est possible !

La gestion de la longue interculture entre le soja et le maïs constitue un enjeu important, en particulier dans les zones où la teneur en nitrates des eaux est élevée. La récolte précoce du soja offre la possibilité d’implanter tôt, 15-20 jours avant sa récolte, une culture intermédiaire (type crucifère) qui peut se développer à l’automne et jouer pleinement son rôle de piège à nitrates.

L’implantation d’un colza est une technique simple et efficace. Le semis du colza est réalisé à la volée, au sein même du soja lorsque celui-ci a perdu environ la moitié de son feuillage. Pendant l’interculture, le colza peut mobiliser jusqu’à 80 unités d’azote.

 

Des exigences en eau plus modérées que celles du maïs :

D’après des enquêtes réalisées dans le Sud-Ouest entre 1994 et 1999, les agriculteurs apportent en moyenne 35 à 50 mm d’eau en moins à un soja qu’à un maïs, ce qui correspond à un à deux tours d’eau. L’irrigation du soja débute moins tôt que celle du maïs. Par ailleurs, le soja fait preuve d’une souplesse qui permet de diminuer les apports à certaines époques, notamment en début d’été, sans trop pénaliser le rendement.

Un moyen pour limiter le salissement des parcelles :

Le soja permet de rompre le cycle de certaines mauvaises herbes dans la rotation. Son désherbage, point clé de sa réussite, se raisonne dans la culture mais aussi pendant l’interculture et sur l’ensemble de la rotation. Il permet de bien contrôler les adventices qui sont difficiles à détruire dans d’autres cultures, comme les graminées vivaces dans le maïs, les crucifères dans le colza ou le panic faux millet dans le sorgho.

Un nombre réduit de traitements phytosanitaires :

La culture du soja est l’une des moins exigeantes en nombre de traitements phytosanitaires. Pour lutter contre le sclérotinia, maladie numéro un du soja, une variété adaptée, une irrigation raisonnée et un peuplement limité permettent un contrôle efficace dans la plupart des situations.

Les acariens sont généralement bien contrôlés sans intervention chimique si les plantes sont correctement irriguées. Enfin, contre les punaises, ravageur principal ces dernières années, une méthode de lutte basée sur l’observation de différents points de la parcelle permet d’éviter tout traitement inutile. Seul le désherbage nécessite un soin particulier en raison de la sensibilité du soja à la concurrence des mauvaises herbes qui occasionnent perte de rendement et baisse de la qualité des lots récoltés.

UNE FILIERE STRUCTUREE ET DYNAMIQUE

La graine sèche de soja est composée de protéines, pour au moins 40 %, et pour moitié de matières grasses.

Le soja tracé non OGM

Pour assurer la traçabilité du soja non OGM, l’ensemble de la filière s’est structuré, du producteur de semences à l’utilisateur de soja non OGM, en passant par l’agriculteur, l’organisme de collecte et le transformateur.

Les utilisations du soja tracé non OGM français sont extrêmement variées. La partie protéique de la graine est la plusvalorisée, avec deux principaux débouchés :

- l’alimentation animale, en particulier de volailles labélisées mais aussi de ruminants et de monogastriques (porcs);

- l’alimentation humaine, filière particulièrement exigeante quant à la qualité des lots fournis, notamment sur la teneur en protéines et sur l’absence de taches sur les graines. De nouveaux critères qualitatifs, comme la teneur en isoflavones ou en fer, pourraient prendre plus d’importance à l’avenir.A

Une culture adaptée à la production biologique

Depuis quelques années, les surfaces en soja biologique augmentent en France face à une demande croissante de l’aval. En 2001, elles ont dépassé 5 % des surfaces totales en soja. Le soja s’adapte bien au mode de production biologique, même si la maîtrise du désherbage reste un point clé qui nécessite quelques adaptations : gestion des mauvaises herbes dans la rotation, pratique du faux-semis et utilisation de méthodes de désherbage mécaniques en culture (bineuse, herse-étrille).

Une recherche variétale performante

La demande en graines de soja à haute teneur en protéines, notamment pour l’alimentation humaine, a bénéficié de variétés répondant à ce critère et possédant en outre des caractéristiques agronomiques adéquates (potentiel de rendement, comportement à la verse, précocité). Sur ce marché particulier, le choix variétal ne suffit pas : il importe aussi d’adapter l’irrigation. Des apports d’eau non limitants en fin de cycle sont en effet nécessaires pour obtenir des teneurs en protéines élevées.

Vincent BLAGNY, agriculteur-éleveur dans le Gers

“Le soja tracé non OGM répond à une demande des consommateurs”

Que représente le soja dans votre exploitation ?

V. B. - Nous sommes à la fois producteurs et utilisateurs de soja tracé non OGM. Avec plus de 15 ha produits en 2001, le soja est notre première culture irriguée. Nous le plaçons dans les terres profondes des vallées. Nos rendements moyens se situent, selon les années, entre 30 et 35 q/ha. Bon précédent, le soja revient un an sur quatre en rotation avec du blé (tendre ou dur), du tournesol ou du sorgho. Nous produisons du soja tracé non OGM. Nous utilisons par ailleurs du soja tracé non OGM, sous forme de tourteaux, dans l’alimentation de poulets labélisés dans le cadre d’une filière départementale. Dans la ration de ces volailles, les tourteaux viennent en complément des céréales, des minéraux et des vitamines.

Est-ce que produire du soja tracé non OGM vous semble contraignant ?

V. B. - Non. La tenue d’un cahier d’enregistrement des interventions en culture est devenu obligatoire, mais je le faisais déjà auparavant. Par ailleurs, j’ai choisi d’utiliser uniquement des semences certifiées.

Quels sont, selon vous, les intérêts du soja ?

V. B. - Ce sont d’abord ses atouts agronomiques de bon précédent au blé récolté tôt et économiques qui m’importent. En plus, à l’échelle de mon exploitation, je perçois mieux la place du soja tracé non OGM dans la filière car je l’utilise pour alimenter mes volailles dont la qualité répond à une demande des consommateurs.L’existence de cette filière est un atout pour mon exploitation.

Propos recueillis par Vincent LECOMTE

Edition CETIOM - Centre de Grignon - BP 4 - 78850 Thiverval-Grignon - Tél. : 01 30 79 95 00 - Fax : 01 30 79 95 90

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Tags : Soja cereales
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