TIZI OUZOU : L’huile de Kabylie aura son label » maladies des plantes , agriculture et écologie

 TIZI OUZOU : L’huile de Kabylie aura son label

1/10/2010

huile oliveTIZI OUZOU : L’huile de Kabylie aura son label
30 Septembre 2010

Il y a nécessité de se conformer aux standards internationaux.

Dans quelques jours, ce sera la saison de la cueillette des olives. Aucune famille ne sera épargnée par cette rituelle randonnée champêtre. Toutefois, si l’emballement des populations est largement perceptible par l’ambiance particulière de cette activité ancestrale, il n’est pas à ignorer les initiatives émanant des services concernés pour développer le créneau. Mais, si les uns y tiennent et les autres y mettent du leur, pourquoi alors l’huile d’olive de la région demeure difficilement commercialisable? En effet, cette activité est incluse dans la démarche initiée par les pouvoirs publics liant les agriculteurs à l’Etat par des contrats de performance.
L’objectif étant d’atteindre un niveau de production convenable. Cependant, certains agriculteurs considèrent que la performance ne devrait pas constituer une finalité. Atteindre un seuil de productivité de qualité n’est en soi qu’un moyen pour l’émergence d’une industrie agroalimentaire capable d’en faire un produit commercialisable. Jusqu’à présent, la commercialisation de l’huile d’olive de Kabylie rencontre de sérieux obstacles. Aujourd’hui, le standard international fixe le taux d’acidité à moins de 1,6% pour que le produit soit accepté sur les marchés internationaux. Or, l’huile produite à travers les communes de la wilaya de Tizi Ouzou dépasse cette norme. On en est encore loin avec plus de 6% du taux d’acidité.
En effet, ce problème rend caduque toute démarche visant à augmenter la production si la qualité ne suit pas. Ce constat montre également qu’en l’absence de la norme, les efforts et les budgets des pouvoirs publics ne seraient qu’un coup d’épée dans l’eau. Les initiatives visant à atteindre les quantités fixées par les contrats de performance sont nombreuses. Les actions d’entretien du verger existant ont démarré depuis des années. Et c’est ainsi qu’une extension de 2000 hectares a été réalisée sur le verger qui n’était que de 6000 ha. D’autre part, les propriétaires d’oliveraies ont bénéficié d’aides financières afin de réaliser des cuvettes aux arbres permettant leur irrigation. La collecte au filet a, elle aussi, été dotée de soutien. L’Etat a, durant plusieurs années, gratifié les populations de filets afin d’apporter des améliorations à leur production. Enfin, pour terminer le cycle de la collecte, des huileries modernes ont été acquises par des citoyens avec l’aide de l’Etat. Cependant, toutes ces opérations n’ont, hélas, pour le moment, aucun effet positif sur la commercialisation de l’huile d’olive. Le produit continue à être étalé dans les marchés informels, voire traditionnels, avec un label ancestral «d’huile de Kabylie» mais, absent sur les marchés internationaux. Les causes sont nombreuses selon les spécialistes. Toutes les phases de récolte allant jusqu’aux huileries sont encore pratiquées de façon traditionnelle. Les propriétaires demeurent rétifs à tous les conseils des techniciens se fiant exclusivement aux conseils de jadis. Aussi, il conviendrait de situer l’origine de ces circonspections.
Les familles n’ont, en effet, entendu parler de la gratuité des filets qu’une fois la saison passée. Les antennes des services agricoles n’ont guère effectué un travail d’information afin d’atteindre leurs objectifs. Suit alors, en deuxième phase, la mauvaise conservation de la récolte avant l’épineux problème des huileries. Alors que les moulins ancestraux fonctionnant au cheval n’ont aucune option de filtrage, les huileries modernes, elles, se sont avérées amputées de l’essentiel. Conçues initialement avec des raffineries, ces dernières acquises à coups de centaines de millions, n’interviennent pas sur le taux d’acidité. Sans raffineries, elles n’apportent rien de plus que les moulins traditionnels.
Enfin, une bonne nouvelle, tout de même, pour les agriculteurs: la récolte sera abondante cette saison. Avec un travail d’information au niveau des antennes locales des directions de l’agriculture, les populations auront plus accès aux aides de l’Etat. L’amélioration de la récolte pourra ainsi influer positivement sur la qualité de l’huile produite pour qu’elle puisse pénétrer enfin les marchés internationaux. La baisse du taux d’acidité est un objectif essentiel à prendre en considération dans les contrats de performance. Et, d’ici 2013, gare aux incendies qui endommagent sérieusement l’oliveraie chaque été!

Source : http://lexpressiondz.com

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