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 Catastrophes naturelles en série : Est-ce la faute au réchauffement climatique ?

20/9/2010

Pakistan inondationsCatastrophes naturelles en série : Est-ce la faute au réchauffement climatique ?

12-09-2010

Les événements climatiques extrêmes comme la canicule russe, une mousson indienne dévastatrice au Pakistan et en Inde et des gigantesques inondations à travers la Chine, démontrant une nouvelle fois, et de manière dramatique, la vulnérabilité des sociétés humaines devant les colères de la nature. Comme à chaque fois, nombreux sont ceux qui relient ces événements au réchauffement planétaire.Les signes de la poursuite du réchauffement engagé depuis un demi-siècle sont nombreux. La température moyenne de la planète montre, selon les relevés et analyses de l’équipe de James Hansen au Goddard Institute for Space Studies (NASA), que les six premiers mois de l’année 2010 détiennent le record de chaleur depuis cent trente ans. La hausse du niveau marin global, mesuré par satellite depuis 1992 avec une précision diabolique, se poursuit inexorablement. En cause ? La dilatation des eaux de surface du fait de leur réchauffement et la fonte des glaciers continentaux (montagnes et calottes polaires). La banquise arctique va, pour la quatrième année consécutive, passer sous la barre des 5 millions de km² d’ici quelques jours. Alors qu’elle n’était jamais descendue sous cette limite entre 1978 et 2006, la période où nous disposons d’observations quotidiennes par satellites.

La faute au réchauffement planétaire ?

Pour la plupart des climatologues, il est encore très difficile d’attribuer tel ou tel événement, surtout extrême, au changement en cours. D’ici quinze ou vingt ans, cela deviendra peut-être évident, mais à ce jour rien n’est encore sûr. En effet, seule la répétition accélérée des événements extrêmes signalera qu’ils trouvent l’origine de leur fréquence accrue dans le changement climatique. En revanche, les projections à plusieurs décennies montrent que les épisodes caniculaires seront plus fréquents, par exemple en Europe ou en Russie, au fur et à mesure que la température moyenne va croître. Ainsi, la canicule russe de 2010 préfigure donc des événements similaires plus fréquents d’ici quelques décennies.Pour la mousson asiatique, les désaccords entre modélisations ne permettent pas encore d’arriver à une conclusion. Si certaines simulent des moussons asiatiques plus fortes dans l’avenir, avec des épisodes très intenses plus fréquents, d’autres ne parviennent pas aux mêmes résultats. Les progrès des modèles à représenter les phénomènes de convection atmosphérique et la puissance accrue des ordinateurs devraient permettre de savoir, d’ici quelques années, quelles seront les évolutions des moussons futures.

La canicule russe et l’intense mousson asiatique sont-elles liées ?


Cette apparente multiplication des événements au cours de ces derniers mois ne doit pas faire oublier qu’ils ont, en fait, la même origine. En effet, le blocage anticyclonique sur la Russie, la phase de la niña dans le Pacifique tropical et les températures élevées dans l’océan Indien se conjuguent pour provoquer cette mousson intense et les fortes pluies sur la Chine en contraignant la circulation atmosphérique. Pourtant, tout n’est pas compris dans cette année 2010, très «atypique». Ainsi, les températures de surface très élevées de l’Atlantique tropical, au large de l’Afrique de l’Ouest, auraient dû provoquer une saison cyclonique exceptionnelle et une mousson africaine elle aussi très forte. Pour cette dernière, cela n’a pas été encore observé et il faudra attendre début novembre pour faire le bilan de la saison cyclonique Atlantique.

Quelles leçons politiques tirer de ces épisodes climatiques ?

La principale semble être que la vulnérabilité des sociétés aux aléas climatiques reste très élevée, voire s’accroît. La canicule russe et ses conséquences diverses -incendies, pollution urbaine, chute de la production de céréales, mortalité en hausse dans les villes touchées- sont, certes, des conséquences directes de la sécheresse et des températures élevées, mais qui proviennent surtout d’une combinaison de ces facteurs naturels avec l’incapacité des sociétés à les prévenir et à y faire face. Les incendies des tourbières autour de Moscou sont également la conséquence de leur exploitation, comme les incendies de forêt sont à lier à leur mauvaise gestion.
Au Pakistan, l’explosion démographique s’est traduite par une urbanisation anarchique dans les zones inondables et, donc, par le désastre de millions de sinistrés. Mais, l’exemple de la gestion du cyclone Katrina à La Nouvelle-Orléans a montré que les Etats-Unis n’étaient pas capables de gérer l’évacuation de 500 000 personnes de manière correcte. Il sera difficile de diminuer la vulnérabilité aux aléas climatiques créée par des évolutions démographiques et économiques non maîtrisées. Même un pays riche comme la France n’arrive pas à s’interdire la construction en zones dangereuses et inondables. L’aide internationale d’urgence s’organise au Pakistan, mais les gouvernements sont encore incapables de développer une politique de prévention réelle. Les catastrophes risquent donc de se succéder.Les épisodes de sécheresse en 2003 en Europe de l’Ouest, puis en 2007 en Australie ont joué un rôle important dans l’envolée des prix du blé et la crise alimentaire qu’elle a déclenchée. La question agricole met en lumière les connexions entre climat et géopolitique : la hausse brutale du prix du blé sur les marchés internationaux à la suite de la décision du Kremlin d’interdire l’exportation montre que ce sont des populations parmi les plus pauvres et pas directement touchées par l’événement climatique qui risquent d’en payer le prix le plus élevé. Cette exportation du choc climatique à longue distance montre à quel point la dépendance au marché international dans laquelle les politiques actuelles plongent certains pays pauvres peut se révéler dangereuse pour eux-mêmes et pour la stabilité des relations internationales. Surtout, insiste l’économiste, il faut se garder d’une vision abstraite du marché des denrées agricoles. La plupart des pays pauvres ne peuvent réagir à une hausse brutale des prix en réduisant leur consommation -obéissant ainsi à la théorie libérale en vigueur- sauf à mettre en péril la santé ou la survie des populations.

«Les conséquences du changement climatique ne feront qu’empirer»

En 2009, les catastrophes hydrologiques, parmi lesquelles les inondations, ont représenté 53% du nombre total de catastrophes naturelles. Le nombre de cas déclarés catastrophes climatiques (températures extrêmes, sécheresses et incendies de forêt), était plus élevé en 2009 que l’année précédente, mais inférieur à la moyenne annuelle pour la période 2000-2008. Le nombre de personnes touchées par les catastrophes météorologiques telles que les typhons a augmenté de 220% par rapport à 2008. L’Asie a concentré en 2009 un peu plus de 40% de ces phénomènes. Les zones côtières sont également très touchées. Une étude réalisée par la Banque mondiale et Columbia University a identifié 86 pays à très fort potentiel de catastrophes qui pourraient subir des pertes économiques et humaines élevées en raison de cyclones, tremblements de terre, inondations, sécheresses, éruptions volcaniques ou encore glissements de terrain.Selon le rapport d’évaluation sur la réduction des risques de catastrophes au niveau mondial (Global Assessment Report on Disaster Risk Reduction), les risques de catastrophes augmentent le plus rapidement dans les pays à revenu moyen et faible dont les économies sont en forte croissance. Les pays en développement, les Etats fragiles et les petits Etats insulaires seraient les moins résistants à l’impact de ces catastrophes.Pour la Banque mondiale, «les catastrophes naturelles devraient augmenter en termes de fréquence et de gravité en raison du changement climatique, de la croissance démographique, de l’urbanisation rapide et de la dégradation de l’environnement». Un rapport conjoint du PNUD, de l’Unicef, du FNUAP et du PAM, publié en janvier 2008, dresse le même constat : «La portée des catastrophes naturelles et l’augmentation de leurs fréquence et gravité indiquent que les conséquences du changement climatique ne feront qu’empirer, notamment en raison de l’urbanisation rapide actuellement en cours.»

In Catastrophes naturelles.net publié par notre-planete.info

 

 

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